[RUGBY ECO] On est tous Section

  • [RUGBY ECO] On est tous Section
    [RUGBY ECO] On est tous Section
Publié le , mis à jour

Suite de nos articles sur les grands projets de financement participatif. Après l’avenue des Légendes toulonnaise, la campagne du PUC ainsi que celle du CSBJ, place à la Section Paloise.

Depuis près de dix ans, les notions de « crowdfunding » ou de « financement participatif » sont dans toutes les bouches lorsque l’on évoque des solutions de sponsoring. Elles consistent à faire appel à la participation financière du plus grand nombre de personnes possible dans le but de contribuer à la réalisation d’un projet à fort potentiel. Cet investissement de particuliers et d’entreprises engage des contreparties de la part du porteur de projet lorsque celui-ci aboutit. Le financement participatif est en plein essor, notamment grâce à l’avènement d’internet. Industrie, immobilier, PME innovantes… Le crowdfunding ne cesse d’explorer de nouveaux domaines. Le dernier en date ? Le rugby professionnel. Et la campagne de la Section paloise, en 2015, a été menée de main de maître.

Retour en arrière

Historiquement, la Section paloise a toujours fait partie des meilleurs clubs du pays. Un club formateur, qui a donné naissance à un nombre impressionnant d’internationaux tricolores. Si leur dernier titre date de 1964, c’était l’époque des François Moncla, Nano Capdouze ou Jean Piquet, le club de ville de François Bayrou a toujours bénéficié d’un incroyable soutien populaire. Et ce dernier, grand fana de rugby en fait partie : « La dernière fois que la Section a été championne de France, c’était le jour de mes 13 ans. J’allais entrer en troisième et nous avons passé un mois, mes copains et moi, habillés en vert et blanc… ». Des hauts et des bas ont suivi ce titre. Une finale du Manoir en 1996, pour les souvenirs les plus récents. Qu’importe, sur cette chaîne des Pyrénées qu’était le rugby d’autrefois, le club soutenu par Total fait figure de dernier grand bastion. Et revenu en Top 14 la saison dernière, il semble s’être parfaitement structuré et adapté au rugby moderne. Les premiers recrutements néo-zélandais, emmenés par Simon Mannix, l’entraîneur en chef, et les bons résultats qui en découlent ont emmené le club dans une nouvelle ère. Une place que le club compte garder coûte que coûte.

« On est tous Section »

Revenue donc l’année dernière dans l’élite du rugby français, la Section paloise s’était engagée en mai 2015 dans une opération de financement participatif à grande échelle, avec l’ambition de lever jusqu’à 700 000 euros. L’objectif de cette opération : accroître les fonds propres du club afin, une nouvelle fois, de le pérenniser au plus haut niveau. En ligne de mire encore, l’agrandissement de son stade du Hameau dont les travaux ont commencé l’été dernier… La Section paloise encourageait donc ses supporters à entrer dans son capital, via une structure intermédiaire, la SAS « On est tous Section », et à travers la plateforme de financement participatif « WiSEED », en se portant acquéreurs d’actions à 50 euros l’unité. Avec pour objectif final, la levée de 7 000 à 14 000 actions. En échange, pas de contreparties classiques - comme cela se fait habituellement lors des différentes campagnes de financement participatif - mais la possibilité de devenir actionnaire du club en versant « au moins » 50 euros. Chaque nouvel actionnaire donnait ainsi son nom « à vie » à une parcelle du stade du Hameau (100 euros pour un m2) et voyait par ailleurs son patronyme inscrit sur un panneau à l’entrée de l’enceinte sportive.

À travers de multiples vidéos de promotion, le club présentait sa campagne « On est tous Section » avec la phrase d’accroche : « Devenez actionnaire et votre nom sera à tout jamais associé à la Section ». Son président, Bernard Pontneau, appelait à la mobilisation : « Le Top 14, une opportunité historique. Pour y perdurer, nous devons doter le club des moyens qu’il faut. Et pour ce faire, nous sommes en train de constituer des fonds propres. Nous sommes quelques actionnaires majoritaires, mais nous avons toujours assumé que le club ne nous appartenait pas exclusivement. C’est dans ce sens-là que je le gère depuis neuf ans. Nous allons nous montrer solidaires et tous entrer dans l’histoire de ce grand club ». Les résultats ne se sont pas fait attendre.

Plus de 500 000 euros levés !

Soutien populaire… L’opération, bouclée le mercredi 9 septembre 2015, aura permis au club de vendre environ 10 000 actions et ainsi lever 500 000 euros. 200 particuliers ont apporté 100 000 euros, le reste des fonds (soit 400 000 euros) a été apporté par trente gros investisseurs locaux, désireux de s’investir dans le club de manière durable. Quand on sait qu’il n’y avait pas de plus-value à la clé ni de dividendes envisagés, ces investissements sont particulièrement représentatifs de l’amour que portent ces nouveaux investisseurs à leur club, qui pouvait donc sereinement conclure les dernières démarches de son projet d’agrandissement du Hameau, son enceinte historique. Un projet communautaire visant à doter l’agglomération d’un grand stade de rugby à sa mesure et par là même accompagner la Section paloise-Béarn-Pyrénées dans sa progression sportive.

La démarche a consisté à réinterpréter l’existant et à développer un projet original, beau et également novateur. De 13 912 places aujourd’hui, il passera à 18 426 d’ici septembre 2017. « Une ambition et un rêve ». C’est en ces termes que François Bayrou, le maire de Pau et président de la communauté d’agglomération paloise, qualifiait ce projet de nouveau stade. Un nouvel équipement qui devrait coûter aux alentours de 15 millions d’euros et sera destiné à offrir une vitrine à la terre de rugby qu’est le Béarn. « Ce stade est un projet à proposer à un territoire, qui a besoin de visibilité, renchérissait Bernard Pontneau. Maintenant, la responsabilité est aussi sur nous. Quand on voit cela, on ne peut pas rester petits bras. Il faut aussi être conquérants sur le terrain ». Ou quand une simple démarche de financement participatif entraîne un club historique dans de nouveaux desseins…

Par Guillaume Verdier

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?