Califano : « Ce sont deux chiens-loups mais s’ils chassent en meute... »

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    Califano : « Ce sont deux chiens-loups mais s’ils chassent en meute... »
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L’ancien pilier international Christian Califano a connu Guy Novès à Toulouse pendant de nombreuses années avant de terminer sa carrière internationale avec Laporte...

Vous avez connu Guy Novès comme entraîneur à Toulouse et Bernard Laporte en tant que sélectionneur. Qu’est-ce qui fait la force de l’un et de l’autre ?

Guy possède un sens du management incroyable. Il sait tirer toute la force d’un joueur, connaît tout de ses qualités et faiblesses, de son caractère aussi ; il individualise ses préparations et ne s’en remet pas au collectif comme c’est un peu la mode aujourd’hui. Bernard sait aussi aller chercher le meilleur de ses joueurs. En fait, tous les deux parviennent à transmettre leur goût de la compétition. Ce sont des battants.

Quelles sont leurs similitudes ?

Ce sont des passionnés, deux caractères très forts, qui vivent pour le rugby et sont animés par la culture de la victoire. Ils sont faits pour ce rugby d’élite et se ressemblent même par leur capacité à faire se surpasser les hommes à l’approche des grands rendez-vous, parfois bien avant les matchs comme je l’ai vécu avec Guy à Toulouse. Pendant plusieurs jours, tu es conditionné à la victoire. Il ne te lâche pas… Guy et Bernard partagent une haute exigence des hommes, de l’autorité et de l’excellence. Ils ont une grande expérience et un charisme incroyable. Ce sont comme deux chiens-loups qui s’observent mais s’ils parviennent à chasser en meute, cela peut faire le bonheur du rugby français…

Avez-vous ressenti des inimitiés ?

Il y a toujours eu une rivalité sportive et des cultures de jeu différentes mais Guy n’a jamais fait allusion à une quelconque rivalité personnelle avec Bernard dans les grandes années des oppositions Paris - Toulouse. Il fallait gagner, c’est tout. Mais, entre nous, il y avait beaucoup de respect.

Peuvent-ils fonctionner ensemble ?

Je le crois sincèrement. Ils savent parfaitement que le XV de France est la vitrine du rugby français, et ont ici des intérêts communs. Pour tous, ce serait une énorme plus-value alors que l’on sent poindre un vrai renouveau autour des Bleus et que la future génération, chez les jeunes, est porteuse d’espoirs.

Qu’est-ce qui pourrait conduire à l’échec ? L’orgueil ? Les ego ? La jalousie ?

Peut-être, mais je ne pense pas… Je le répète, ils sont trop intelligents pour ne pas trouver un terrain d’entente. Ils vont finir par se parler. Avec Serge Simon pour prendre en charge la partie sportive, je pense que ça peut marcher. Laporte aura tellement de choses à régler par ailleurs qu’il peut rester en dehors du terrain. Il s’est d’ailleurs déclaré favorable au maintien de Guy à la tête de la sélection. Je crois qu’il peut le laisser travailler et qu’ils parviennent à un terrain d’entente. Mais, pour cela, ne soyons pas dupes, il faut que l’équipe de France gagne.

Sauf que le Tournoi des 6 Nations commence par un déplacement en Angleterre…

On devait prendre 80 points contre les Blacks, ne l’oubliez pas… Moi, je crois franchement au potentiel de cette équipe, pour peu qu’on lui laisse le temps de grandir et de maîtriser ce rugby si prometteur que le staff veut mettre en place. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas et cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un tel enthousiasme autour des Bleus. Pourquoi tout remettre en cause ? Le risque est grand de tout casser et de ne pas retrouver mieux que Novès.

Revenons à l’Angleterre…

Mais l’objectif ne se limite pas aux Anglais, il faut voir plus loin et viser les premières places du Tournoi. Soyons ambitieux. Pour autant, ne nous trompons pas d’objectif et sachons être patients ; l’avenir de Novès ne doit pas dépendre d’un résultat contre l’Angleterre.

Emmanuel Massicard
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