L’Isle-Jourdain, modeste et fort à la fois

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    L’Isle-Jourdain, modeste et fort à la fois
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L’USL va avoir 110 ans et elle affiche une excellente santé. Les Gersois sont un exemple de gestion lucide mais sur le terrain, une ambition s’exprime.

Faut-il hurler avec les loups ? Emboîter le pas des tenants d’une ligne dure qui n’accordent d’avenir rugbystique qu’aux cités armées économiquement et démographiquement. Demandez donc aux acteurs lislois ce qu’ils en pensent. L’Isle-Jourdain, 8 500 habitants, deuxième commune du Gers, 120 associations, un club de près de 500 licenciés en Fédérale 2 et un budget de 350 000 €, constitue un sacré contre-exemple. Les choix politiques qui ont été faits, orientés vers la jeunesse, ne sont pas hasardeux. Et Pierre Lahille, qui préside l’USL depuis quatre ans après avoir passé une décennie au fonctionnement de l’école de rugby, classée première dans le Gers, n’est pas étranger à cette situation enviable. On n’affiche pas le meilleur total de licenciés du comité Armagnac-Bigorre, devant Auch et Tarbes, sans un investissement total de l’ensemble du club sang et or. « Pour exister, nous réalisons un travail de fourmi mais on fait des économies, stipule Pierre Lahille. On compte nos sous et on se qualifie depuis trois ans. À L’Isle-Jourdain, nous avons les pieds sur terre, nous savons qu’accéder à la Fédérale 1 serait problématique. Je préfère jouer en Fédérale 2 même si c’est loin d’être facile. »

Cette dynamique porteuse, les Lislois compte bien en faire étalage le 2 avril 2017 pour la célébration des 110 ans de l’USL à l’occasion de la réception du voisin fleurantin. Une belle fête en perspective que les joueurs se doivent de ne pas gâcher en ne s’éloignant pas de leur rythme de performance actuel. Ces deux dernières saisons, ils ont fini meilleure attaque de la poule. Aujourd’hui leur total est de 22 essais. Laurent Jalabert, entraîneur en chef au côté de Yannick Idrac, dépeint le tableau en sang et or : « Culturellement l’USL est ancrée dans un jeu d’avants, nous essayons de conserver ces vertus mais en y ajoutant autre chose. Je prône le mouvement. Depuis quatre ans, chaque année, nous franchissons des paliers. Nous arrivons à avoir une régularité sur le projet de jeu et l’évolution est constante. Les résultats sont positifs mais nous avons laissé filer quelques points. Il nous manque un petit quelque. chose en termes d’efficacité et de lucidité dans les moments clés. »

Anti star-system

Il y a eu en 2007 le retour de l’enfant du club, Patrick Tabacco qui intervient mensuellement pour prodiguer ses conseils. Aujourd’hui, en provenance de Tarbes, et de son poste de demi d’ouverture, l’ex-pro Yannick Lafforgue doit faire partie de ces éléments en charge de gommer ces lacunes. Depuis un an, il a dû remettre en question ses habitudes et effacer le logiciel pro pour s’adapter. Le pari est gagné, et c’est Laurent Jalabert qui le dit : « Cette année Yannick donne sa pleine mesure. » Le star-system n’est pas le genre de la maison et au sein du collectif des capitaines Paul Aygobère et Nicolas Ufferte, on ne fait pas mystère de l’objectif de qualification. Mais le coach est devenu exigeant : « Après, j’aimerais vraiment que nous franchissions le cap des huitièmes de finale. L’aboutissement, c’est de passer quelques tours. Que les garçons se rendent compte que le championnat est long mais que la cerise elle peut être là. » Il y a dix ans, L’Isle-Jourdain a fréquenté la Fédérale 1. Laurent Jalabert se dit convaincu que si, dans le Gers, un club peut se frotter à une élite qui serait véritablement amateur, c’est l’USL. Mais ça, c’est une autre histoire…

Par Gérard Piffeteau

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