Toulon : Chiocci cultive sa différence

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    Toulon : Chiocci cultive sa différence
Publié le , mis à jour

A 26 ans Xavier Chiocci retrouve peu à peu le niveau qui a fait de lui un joueur international. Rappelé en équipe de France pour les matchs contre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le Toulonnais demeure un personnage atypique.

Alors qu'à Toulon on affirme inlassablement qu'« ici tout est différent », Xavier Chiocci ne peut que trouver sa place sur la rade. A l'heure où le poste de pilier gauche est en pleine révolution et que ses homologues fondent à vue d’œil, au point de flirter avec les cent kilos, le Toulonnais assume son profil de gaucher solide en mêlée, même s'il reconnaît qu'il doit progresser dans le déplacement et le cardio. « Un domaine dans lequel je dois m'améliorer ? Le foncier peut-être. ». A-t-il été sanctionné en début de saison pour son surpoids ? « Mon cas a été évoqué, mais non. Enfin... On m'avait surtout demandé de ne pas prendre de poids. J'ai donc fait les efforts nécessaires et c'est mieux aujourd'hui. ». L'objectif ? Devenir plus explosif. Car s'il s’épanouit en mêlée, les nouvelles exigences du poste obligent les piliers gauches à devenir complet... Mais pas de quoi effrayer celui que ses coéquipiers surnomment affectueusement Kéké. « S'il faut travailler, je travaillerais, ce n'est pas un problème. »

 

Retour au premier plan

Bousculé en début de saison par Florian Fresia et Laurent Delboulbès, Xavier Chiocci aura mis un petit mois pour finalement rentrer dans sa saison. Depuis ? Rien ne semble pouvoir l'arrêter. S'il ne veut pas placer ce tournant sur une date précise, le match de Sale s'impose naturellement. Car depuis sa démonstration face aux Anglais, le gaucher toulonnais enchaîne. Deux essais de pénalité contre Grenoble, une ovation du public, la réception du Stade français, des Scarlets, … la saison de Kéké était lancée. L'apogée de ce retour en forme ? Ses deux sélections avec les Bleus. D'abord laissé sur le bord de la route après la blessure d'Eddy Ben Arous, au profit du jeune Cyril Baille, le Toulonnais a finalement reçu sa convocation après la blessure de Jefferson Poirot. Solide lors de sa rentrée face aux Wallabies, le « minot de la Rade » comme il aime se décrire, a finalement retrouvé sa place dans le quinze de départ. Heureux ? Euphorique ? Que nenni. Xavier Chiocci est plutôt du genre terre à terre. « C'est dommage qu'on n'ait pas su faire basculer ces deux matchs ». Et rêve-t-il de disputer le Tournoi des six Nations 2017 ? « Je préfère penser uniquement à Toulon. Le reste c'est au sélectionneur de voir ». Simple, clair et précis.

 

Un Ovni médiatique

Mais finalement, au-delà de ses indéniables qualités de rugbyman, c'est hors du terrain que Xavier Chiocci se démarque. Son histoire c'est celle d'un joueur qui - alors que le sport se professionnalise jour après jour et que les médias se sont fondus dans le paysage rugbystique - préfère faire profil bas. Paisiblement installé sur le banc du centre d'entraînement de Berg le joueur ne tient pas en place. « Ça va durer longtemps ? » lance-t-il après deux questions, avant de pointer du doigt une liste de mots inscrits sur le carnet : « Y'en a jusque là ? Et on n'en est que là ? ». Une minute trente que l'on a commencé, pas une de plus... Un mec foncièrement gentil mais peu à l'aise face aux journalistes. S'il accepte de répondre, son sourire, ses grimaces et sa barbe rousse bien taillée ne cachent pas sa gêne. Aussi à l'aise en mêlée fermée, qu'inquiet face à la presse, ce gaucher fait figure d'ovni dans ce rugby moderne.

 

Par Pierrick Ilic-Ruffinatti

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