Béziers : Une semaine en enfer

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    Béziers : Une semaine en enfer
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Relègables, les Bitterois se déplacent aujourd'hui à Dax pour disputer un match de la mort, sans leurs entraîneurs Manny Edmonds et Romain Carmignani, licenciés mercredi.

La vérité d’un jour, n’est jamais celle du lendemain à Béziers. Lundi matin, 9 h 30, les Rouge et Bleu débarquent à la Méditerranée pour une réunion de crise. Seuls les joueurs et les entraîneurs sont conviés. Ils n’en sortiront que deux heures plus tard. D’entrée, Manny Edmonds crève pour la première fois l’abcès, après la dizième défaite de la saison (la troisième à domicile) survenue la veille contre Biarritz. « Est-ce que mon discours ne passe plus », lâche-t-il. Une question légitime, car, pour la première fois face aux Biarrots, ses hommes ont donné l’impression de le lâcher. Ses mots ne trouvent pas d’échos immédiats. Et puis quelques voix s’élèvent, libérées par cette initiative. Aucun n’évoque une cassure avec leurs coachs et tous assurent qu’ils sont toujours derrière eux. Mais beaucoup apportent leur point de vue sur la situation. Les échanges deviennent alors constructifs. Plusieurs changements sont demandés : plus de liberté dans le jeu pour sortir d’un système trop codifié qui est devenu limitant, moins de statistiques au quotidien… La prise de conscience semble enfin avoir eu lieu. Le maintien n’est plus abordé à demi-mot mais considéré comme la seule réalité. Les joueurs font eux aussi leur autocritique et l’union sacrée est décrétée, pour effacer les comportements individuels de certains sur le pré, qui veulent sauver la patrie sans respecter le plan de jeu. Et tuent ainsi le collectif héraultais. L’ASBH veut retrouver son unité passée perdue depuis des mois.

Un groupe en autogestion avant Dax

Statu quo mardi (jour off), en apparence du moins. En coulisses, les présidents Pierre-Olivier Valaize et Cédric Bistué s’affairent. Et dans la soirée, ils prennent une décision radicale, logique à la vue des résultats. Ils convoquent Manny Edmonds et Romain Carmignani pour leur annoncer leur licenciement immédiat (voir page cris), sans demander l’avis des joueurs. Coup de tonnerre ! Réunis dans l’urgence, les Biterrois arrivent à 8 h 30 mercredi matin. Eux, qui s’attendaient à démarrer le nouveau cycle entériné deux jours auparavant, apprennent la nouvelle sans ménagement. Selon leurs dirigeants, ils sont les premiers responsables de ces changements. « Même si ce n’est pas du tout la décision des joueurs, car nous étions toujours derrière nos coachs », note Phœnix Battye. Après le choc, l’heure de la réorganisation arrive vite. Et les joueurs votent pour que le capitaine (Phœnix Battye) et le vice-capitaine, François Ramoneda, prennent la semaine en mains. Plutôt que Diego Minarro, nommé manager il y a un mois et seul rescapé du staff (Michel Konieck, responsable de la mêlée, est aussi parti), qui gère en réalité l’intendance. Les deux leaders s’occupent donc de l’entraînement du mercredi après-midi, aidés de cinq partenaires cadres. Ils réuniront ensuite tous les joueurs pour fixer les nouveaux objectifs et se ressérer. Dans la foulée, les deux avants choisissent de deux trois-quarts (Valentine et Peyras-Loustalet), pour constituer une équipe, proposée et validée de façon collégiale par l’ensemble du groupe… Quelle semaine ! Jeudi : départ en bus pour Dax. Où Béziers, relégué aux portes de la Fédérale 1, qu’il a quitté il y a plus de cinq ans, jouera le lendemain sa vie. Face à une équipe qui reste sur six défaites consécutives (trois points d’avance au classement). 

Le jour J est arrivé et les quatre compères s’occupent de la mise en place du match. Mais une question reste entière : quel visage les Héraultais vont-ils afficher ce soir ? Le timing très surprenant choisi par leurs « boss » (licencier les coachs à un match de la trêve hivernale plutôt que pendant), contre l’avis du groupe, aura-t-il poussé le collectif à assumer ses responsabilités et se rebeller, ou à l’inverse, l’aura-t-il « tué » ? De cette réponse, dépend l’avenir de l’ASBH.

Par Julien Louis

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