[Dossier Coupe du Monde 2023 ] : S’appuyer sur l’Euro 2016

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Publié le , mis à jour

La candidature française devrait s’appuyer sur les réussites de 2007 et les infrastructures récemment rénovées.

Certes, il n’y a encore rien d’inscrit dans le marbre, mais Claude Atcher, le monsieur Coupe du monde, a cinq mois pour rendre une copie quasi parfaite. Pour cela, l’équipe qu’il va mettre en place dans les prochains jours, va s’appuyer sur l’expérience du Mondial 2007, qui détient le record de recettes d’hospitalités et reste l’édition la plus rentable de l’histoire, mais aussi des structures laissées par l’Euro 2016. « Une compétition dont j’avais lancé la candidature en tant que Secrétaire d’Etat », rappelait samedi Bernard Laporte, avant de poursuivre : « Elle nous a laissé dix formidables outils. » D’ailleurs, sur les dix villes hôtes du championnat d’Europe, au moins huit se sont d’ores et déjà portées candidates pour accueillir le ballon ovale en 2023, « dont Nice » selon le vice-président de la FFR, Serge Simon. En région parisienne, le Stade de France, le Parc des Princes ou l’Arena 92 pourraient accueillir des matchs avec, en province, Lille ou Lens, Lyon, Marseille, Nantes ou Rennes, Bordeaux et Toulouse. Sans oublier Milan (stade San Siro) si un accord est trouvé. « Nous devons choisir les villes d’ici à la fin mars », note Atcher.

Peu ou pas d’infrastructures à construire, un savoir-faire pour amortir les coûts de la compétition (213 millions d’euros de recettes globales pour la Rugby World Cup pour France 2007), la future candidature de la France ne manque pas d’atouts. Côté politique, partie décisive car l’État devra se porter caution à hauteur de 143 millions d’euros, le duo Laporte-Simon va se charger de sonder les principaux candidats à la présidence de la République, afin de lever une barrière importante. Bernard Laporte fera jouer sa proximité avec François Fillon, Serge Simon a lui obtenu l’aval de Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche.

Laporte, Atcher et Simon discuteront de tout ça demain, mardi, avec Bill Beamont (président de World Rugby) et Agustin Pichot (vice-président) au cours d’un déjeuner sur Paris. L’instance suprême du rugby mondial a accueilli avec bienveillance la candidature française : en matière de droits télévisuels, l’Angleterre et la France pèsent 70 % des recettes du Mondial. Et comme la compétition est la principale source de revenus pour World Rugby, le choix du pays hôte pour 2023 est essentiel. La France a de solides atouts et Laporte l’a bien compris : il fait de cette Coupe du monde un dossier prioritaire.

Rugby - JO, main dans la main ?

Souvenez-vous le 27 mars 2016. Ce jour-là, Pierre Camou met au vote, devant le comité directeur de la FFR, la candidature de la France à l’organisation de la Coupe du monde 2023. Une proposition validée à l’unanimité. Depuis, Camou a cédé le fauteuil de président à Bernard Laporte. Et c’est l’ancien manager de Toulon qui, désormais, porte la candidature française. Ce dossier, qui devra être rendu à World Rugby le 1er juin 2017, a été jugé prioritaire par la nouvelle gouvernance. « On a pris un retard énorme sur l’Irlande, expliquait Laporte mercredi dernier.

La FFR doit relever un double défi : la France est en effet déjà candidate à l’organisation des Jeux Olympique 2024 à Paris. « Ce n’est pas un problème, juge Claude Atcher. Au contraire, même. Des synergies peuvent être trouvées dans de nombreux domaines. » Et de rappeler à juste titre que Tokyo accueillera en 2020 les JO, un an tout juste après avoir organisé le Mondial de rugby (2019), avec des liens forts entre JO et rugby et donc une forme de logique… Il y a peu, le Brésil accueillait la Coupe du monde de football (2014) et dans la foulée les Jeux Olympiques (2016). Jamais deux sans trois ? La France y croit. Elle a dans sa manche un atout de poids : Bernard Lapasset, ancien président de la FFR et de World Rugby, est aujourd’hui à la tête de Paris 2024. Joint au téléphone samedi, celui qui est à l’origine de l’entrée du rugby à 7 dans le monde de l’olympisme n’a pas souhaité commenter le projet de la FFR. « Trop tôt », pour s’exprimer, a-t-il jugé. « Avant, je dois discuter avec Bernard (Laporte) pour savoir ce qu’il veut faire exactement ».

Cette double candidature mettra en avant le savoir-faire français en matière d’organisation de grands événements, et valorisera les infrastructures. Surtout, jouer sur les deux tableaux offrira une opportunité supplémentaire pour le monde politique français de se mobiliser, et multipliera les chances de gagner. Plutôt, de ne pas perdre. Paris 2024 est en concurrence avec la ville de Los Angeles, aujourd’hui favorite. Dans cette perspective défaitiste, décrocher l’organisation du Mondial de rugby 2023 permettrait de sauver les apparences. à l’inverse, dans un monde idéal, le Mondial serait une rampe de lancement parfaite pour les JO. Reste à convaincre World Rugby et le CIO.

Par Pierre-Laurent Gou et Arnaud Beurdeley

Pierre-Laurent Gou
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