Auch, l’appel de détresse

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    Auch, l’appel de détresse
Publié le , mis à jour

La défection d’un partenaire majeur du club gersois pour les trois prochaines saisons plonge le club dans une nouvelle crise financière.

La nouvelle est tombée comme un couperet. En début de semaine, le principal sponsor du FC Auch-Gers a décidé d’annoncer ce que d’aucuns pressentaient déjà depuis longtemps : la société Cofega, engagée pour cinq saisons à hauteur de 270 000 € par exercice, se retire de l’actionnariat du club et les conséquences directes pour le FCAG sont dramatiques. Cofega a honoré son engagement en 2013-2014, versant comme convenu les 270 000 €. En 2014-2015, la société n’a versé que 70 000 €. Depuis, rien. Par le biais de Patrick Bonnefoy, commissaire aux comptes, une procédure de sauvegarde du FCAG sera demandée au tribunal de commerce. Dans l’immédiat, l’heure n’est pas au dépôt de bilan (l’assemblée générale du club, réunie exceptionnellement vendredi dernier, a voté à l’unanimité des présents contre le dépôt de bilan) mais à la recherche de leviers palliatifs au désistement de Cofega. Dans l’entourage proche du club, on évoque un trou budgétaire compris entre 300 et 400 000 €. Les joueurs, dont les salaires n’ont pas été payés depuis le mois d’octobre, sont inquiets quant à leur avenir.

Samedi après-midi, ils ont essayé de sauver les apparences. Ils se sont entraînés normalement. Dans la foulée, une table ronde a été organisée avec des représentants de Provale pour que la grosse trentaine de salariés du club (dont 20 contrats joueurs) puisse avoir un peu de visibilité sur leur avenir proche. L’agence de défense des joueurs professionnels a tenté de rassurer, de présenter les différentes portes de sortie qui s’offriront aux joueurs si aucune solution n’est trouvée rapidement.

Le FCAG est un club fort qui a traversé de nombreuses crises dans son histoire. La plus récente, en 2009-2010, aurait déjà pu précipiter le club dans les profondeurs du rugby amateur. À l’époque, un financement participatif avait été organisé. Il avait connu un joli succès mais s’était avéré insuffisant pour remettre le club à flot. Un généreux mécène, dans l’ombre, était alors intervenu. Il s’appelait Serge Kampf.

Trouver rapidement 100 000 €

Cette année, l’opération de financement participatif sera reconduite. Le club lance un appel à la mobilisation générale. « Le plus urgent serait de lever le plus rapidement possible environ 100 000 € pour éviter au club de se retrouver en situation de cessation de paiement », explique Roland Pujo, historique du club et entraîneur de l’équipe première : « La bonne question à se poser est de savoir si l’on veut vraiment d’un club professionnel dans le Gers. Si la réponse est oui, alors il faut se mettre autour d’une table et trouver des solutions rapidement. Je suis persuadé qu’il existe des solutions. Il faut que tous, élus, partenaires, institutions, travaillent de concert dans une volonté commune. Il faut sauver le soldat FCAG, club centenaire, champion de France et vainqueur du bouclier européen. »

Les problèmes auscitains mettent une nouvelle fois en lumière les difficultés terribles auxquelles sont confrontés les clubs des villes moyennes pour exister dans le rugby actuel. Le FCAG n’en finit plus de descendre dans la hiérarchie du rugby français. Dans la foulée de Lille, Chalon-sur-Saône et Saint-Nazaire, sera-t-il le prochain club emblématique à mourir sur l’autel du rugby des puissants ? Réponse sous peu.

Par David Bourniquel

Pour aider le club, contacter le 05.62.05.06.96 ou envoyer un mail : contact@fcag-rugby.com

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