Wenceslas Lauret : « Je ne lui ferai jamais la gueule »

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    Wenceslas Lauret : « Je ne lui ferai jamais la gueule »
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Auteur d’un match époustouflant contre Castres, le flanker international évoque l’escapade toulonnaise, la déception tricolore et Johan Goosen, qu’il considère encore comme un ami.

Vous aviez du feu dans les jambes contre Castres, la semaine dernière (23-10). Cet essai marqué après une percée de trente mètres est-il le plus beau de votre carrière ?

Je n’en ai pas marqué beaucoup, franchement. Est-ce le plus beau ? Je pense, oui.

 

Racontez-le nous…

Au moment où je récupère le ballon, j’ai aussitôt voulu décaler Teddy (Thomas, N.D.L.R.) sur l’extérieur. Mais il avait un défenseur sur lui. Alors j’ai gardé la balle et j’ai foncé, tout droit…

 

Vous êtes, selon les dires du staff du Racing, dans une forme internationale. Dès lors, comment avez-vous vécu le fait d’être si peu utilisé lors de la tournée d’automne ?

Ce fut une énorme frustration, je ne vous le cache pas. Faire partie du groupe France et ne pas compter la moindre feuille de match, c’est dur… Très dur…

 

Pourquoi ?

Pendant trois semaines, je n’ai fait que des entraînements. C’est déjà bien, vous me direz… D’autres auraient aimé être à ma place… Quoi qu’il en soit, j’ai compris les explications qui m’ont été données.

 

C’est-à-dire ?

Quand on te donne une chance, tu dois la prendre. Je n’ai pas été bon lors du Tournoi des 6 Nations 2016. Je n’ai pas été assez précis, je me suis trop éparpillé… Si la roue tourne cet hiver, j’espère donc pouvoir montrer mon vrai visage au staff des Bleus.

 

Le XV de France, qui a aligné trois numéros 8 pendant la tournée automnale, recherche-t-il encore des profils de grateur-récupérateur tel que le vôtre ?

L’option des trois numéros 8 leur a plutôt bien réussi. On verra s’ils la conservent pendant le Tournoi ou, si ce n’est pas le cas, on me redonne une chance.

 

Vous vous déplacerez à Toulon, ce week-end. Quelle opinion avez-vous du RCT ?

C’est une énorme équipe, très bien placée dans le haut du tableau. Toulon est aussi l’un de nos plus grands rivaux en vue d’une place dans les six… Ce déplacement est crucial.

 

Quelles sont les forces de cette équipe ?

Je commence par quoi ? La mêlée, la touche, les duels ou le jeu au sol ? Non, sérieusement. Toulon est l’une des meilleures formations du continent. Si on les regarde jouer, le premier jour de l’année risque d’être particulièrement long…

 

Les Toulonnais sont-ils toujours aussi forts dans le jeu au sol, maintenant que Steffon Armitage a quitté la Rade ?

À Toulon, quand l’un part, d’autres arrivent. Il y a toujours Mathieu Bastareaud, Guilhem Guirado et le troisième ligne australien, Liam Gill, un super joueur… Ces mecs-là excellent tous dans le combat au sol.

La dernière finale entre Toulon et le Racing semble appartenir à une autre époque, tant il s’est passé des choses au Racing depuis le titre. Partagez-vous ce sentiment ?

Un peu, oui. Les ambitions affichées en début de saison étaient immenses. Moi aussi, je rêvais de la petite étoile… Ce titre européen, je lui cours après depuis des années. Il m’était tombé des mains avec Biarritz (défaite 21-19 en 2010, face à Toulouse). Il m’a échappé l’an passé contre les Sarries (21-9)… Bon… Voilà, quoi… J’espère pouvoir l’accrocher un jour à mon maillot, cette petite étoile.

 

Que vous reste-t-il à faire, aujourd’hui ?

Nous devons nous recentrer sur le Top 14, comme nous avons été capables de le faire l’an passé, au terme de la défaite en finale de Champions Cup (21 à 9). Rien n’est fini.

 

Jacky Lorenzetti disait, la semaine dernière, que l’affaire Goosen avait un peu plombé le groupe. Qu’éprouvez-vous pour votre coéquipier sud-africain ?

Je lui dis bonjour tous les matins, quand j’arrive au Plessis-Robinson. Tout ça, c’est vraiment dommage. Johan Goosen est un immense joueur et un super mec. Et tout ce que l’on a construit ensemble restera à jamais dans un coin de ma tête. Je ne lui ferai jamais la gueule.

 

Imaginons qu’il fasse son mea culpa. Pourriez-vous envisager de rejouer à ses côtés ?

Bien sûr. On a tous le droit à l’erreur et, surtout, tous droit à une deuxième chance. Si la situation s’arrange entre lui et le club, nous en serons les premiers contents.

Marc Duzan
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