Bourgoin : Le coup de grâce ?

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    Bourgoin : Le coup de grâce ?
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Lanternes rouges, les Isérois ont écopé d’un retrait de huit points par la DNACG, pour lequel ils ont fait appel. Reste que la mission pour le maintien semble plus que jamais impossible...

Neuf défaites consécutives. De mémoire de supporter berjallien, le CSBJ n’avait jamais connu spirale négative aussi longue, qui avait entraîné les Ciel et Grenat dans les tréfonds du championnat. Alors forcément, lorsque ses favoris sont sortis vainqueurs de leur duel face à Aurillac, finaliste de la dernière édition, Pierre-Rajon a fait la fête. Avec ses 2 500 âmes plus bruyantes que bien des publics de Pro D2, le vieux stade a vibré comme à ses plus belles heures, avec en point d’orgue un tour d’honneur des guerriers victorieux. Présomptueux, si l’on veut bien rappeler que les Nord-Isérois demeurent scotchés, pour quelque temps encore, à l’infamante place de lanterne rouge ? Vous n’y êtes pas du tout. « Ce tour d’honneur, c’était si bon, savourait le centre Fabien Perrin. Malgré nos derniers mauvais matchs, on a vu qu’il y avait encore du monde à Rajon, et surtout que ce public était encore derrière nous. C’était bien de partager ce moment avec eux avant les vacances car, en cas de défaite contre Aurillac, celles-ci auraient été bien pourries. Bon, on n’est pas euphorique non plus : on sait lire un classement, et on voit bien qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais ce qui nous encourage, c’est qu’on sent une progression depuis quelques semaines. Il nous manquait juste de la matérialiser par une victoire, et celle contre Aurillac a été bonne pour la confiance. »

Incohérences et sursis

Le problème ? C’est que cette belle fête a laissé place à une douche froide, nommée - comme les supporters berjalliens en ont pris la sinistre habitude - DNACG. Laquelle a prononcé lundi, via son Conseil Supérieur, un retrait de huit points pour le club isérois. Plutôt raide comme nouvelle, entre Noël et le Jour de l’An, n’est-il pas ? On ne vous apprendra rien : 9+8 égalent 17, soit le nombre potentiel de points à rattraper sur Albi, premier non relégable. Autant dire que pour les Isérois, cette décision pourrait s’apparenter à un arrêt de mort… Laquelle se décompose en trois parties : 5 points de retrait pour « non-respect des engagements pris à l’égard de la DNACG au titre de son budget 2016-2017, 1 point pour incohérence entre le budget actualisé de la saison 2015-2016 […] et les comptes définitifs », et 2 points par révocation de sursis pour une précédente sanction portant sur la saison 2014-2015. Irrémédiable ? D’aucuns en jugeraient ainsi. Sauf qu’à l’image de leurs joueurs, les dirigeants ne souhaitent pas céder sans se battre. « Cet arrêt de la DNCAG n’est nullement ferme et définitif. Le club va effectuer, dès la notification officielle de celui-ci, un appel extrêmement consistant de ce jugement brutal », a affirmé le club via un communiqué. Lequel s’est monté d’autant plus rassurant qu’il affirme avoir « avancé considérablement sur les aspects financiers, les partenaires et la venue de probables nouveaux investisseurs, et ce dans les prochains mois si ce n’est les semaines à venir ». Suffisant pour rassurer des supporters plus qu’échaudés ? Le CSBJ en a en tout cas pris le pari, ainsi que celui de jouer la transparence. « Certes, il est question ici dans l’expression de cette décision, d’un manque criant de suivi administratif que nous allons, dans un futur très proche, solutionner au plus vite, convenait le club. Les problèmes sont hélas là pour donner vie à des solutions, et parfois cela permet ainsi de les susciter plus vite et de manière également plus radicale. Ce qui parfois n’est pas plus mal. »

On veut bien en accepter l’augure, après tout. Sauf qu’entre ses retards sportifs et administratifs et les multiples dossiers qui doivent encore se régler aux prud’hommes, le CSBJ fait plus que jamais figure de condamné dans ce Pro D2. Au point que l’on peut légitimement se demander comment les joueurs vont bien pouvoir réagir à ce énième coup du sort. « Tant que le résultat de l’appel ne sera pas scellé, nous nous battrons jusqu’au bout », nous confiait un membre éminent du vestiaire. Pas sûr, cependant, que cela suffise une fois de plus…

Nicolas Zanardi
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