Cazenave : « Etre considéré comme un joueur lambda »

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    Cazenave : « Etre considéré comme un joueur lambda »
Publié le , mis à jour

Brive a officialisé, ce mardi après-midi, la signature pour un an de Florian Cazenave. Le demi de mêlée de 27 ans, expatrié de force en Italie depuis deux ans et demi, sera le premier joueur monophtalme à évoluer dans l'élite française. Il nous confie ses impressions à chaud, quelques heures après cette annonce tant attendue.

Depuis ce mardi, vous êtes officiellement une recrue du CA Brive-Corrèze pour la saison prochaine. Quelles sont vos premières impressions ?

C'est dur à exprimer. Je suis tiraillé car j'ai une telle envie de porter le maillot de Brive alors qu'il me reste une moitié de saison à disputer avec Reggio. Je ne compte pas la galvauder. Je me dois de terminer de la meilleure des manières possibles avec ce club car il m'a permis de me relancer. Je ne vais pas commencer à être dilettante sinon je trahirais mes coéquipiers avec qui j'ai vécu une telle aventure. Je dois donner encore plus.

 

Vous déclariez, dans nos colonnes, en juillet dernier, après avoir été champion de deuxième division italienne et accédé à l'élite : « La victoire ne sera totale que lorsque je rejouerai en France ? »Quel goût à cette victoire ?

C'est un moment à part. Mais maintenant que c'est signé, je ne veux pas m'en contenter. Ce n'est qu'un début. Je suis encore plus déterminé et motivé. J'ai envie de donner le meilleur de moi-même à Brive. Ce n'est pas seulement une victoire pour moi, c'est aussi pour ma famille. Ma compagne a tout particulièrement été exemplaire. Elle a beaucoup sacrifié pour moi et va pouvoir retrouver un travail.

 

Tout a finalement été très vite pour vous, depuis la décision de la FFR de vous autoriser à rejouer en France...

Les contacts avaient été pris avec Nicolas Godignon, il y a un an, alors que j'étais dans l'impasse. Il avait déjà essayé de m'aider à l'époque et m'avait dit qu'il serait là si je pouvais reprendre une licence en France. Dans un rugby professionnel, ça fait du bien de constater que la parole a encore une valeur.

 

Quel a été le discours des dirigeants et entraîneurs brivistes ?

C'était très porté sur l'humain. Nicolas Godignon était intéressé par le défi de me relancer. Cet aspect est entré en ligne de compte dans sa décision. Mais j'espère que mes caractéristiques de rugbyman lui ont aussi plu (rires). Car c'est sûr, il y a une prise de risque dans le choix de Brive de m'engager.

 

Aviez-vous eu d'autres contacts ?

Oui mais rien de très concret. La seule véritable discussion a été avec Brive. Moi qui fonctionne énormément à l'affectif, je ne pouvais de toute manière pas laisser ce club de côté car il a toujours pensé à moi. Le CABCL serait dans tous les cas parti avec une longueur d'avance.

 

Quels objectifs vous fixez-vous ?

Je ne suis plus dans la démarche de prouver. Je réintègre juste ma place en Top 14 après une longue parenthèse et je repars avec le même objectif qu'avant : être le numéro 1 dans mon club. Je ne veux pas me retourner toutes les dix secondes sur mon passé. Je reprends ma carrière et je regarde vers l'avenir. Mon handicap m'a peut-être été utile aujourd'hui. Peut-être risque-t-il de me desservir plus tard. Je sais que cette étiquette va me coller à la peau mais je veux être considéré comme un joueur lambda. Mon handicap ne doit plus être perçu comme tel.

 

Où en êtes-vous de votre saison italienne ?

Même si nous ne sommes pas dans les quatre premiers, nous ne sommes pas loin des places de demi-finalistes. C'est l'objectif du club. S'il n'y a pas de qualification en phases finales, la saison se finira la dernière semaine de mai. Après, je partirai pour Brive.

Vincent Bissonnet
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