Wesley Fofana, le joyau de la couronne

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    Wesley Fofana, le joyau de la couronne
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Impressionnant en Coupe d’Europe et en Bleu,le clermontois Wesley Fofana n’est que très rarement utilisé en Top 14, préservé pour les grands matchs. Comme celui de dimanche.

En ce week-end de Clermont-Toulon, une comparaison apparaît éloquente. Celle entre les trajectoires de Mathieu Bastereaud et Wesley Fofana. Le phénomène, aujourd’hui, c’est bien Fofana. « Peut-être le seul joueur indiscutable en équipe de France, qu’importe sa place sur le terrain », disait Novès, il y a un an, au lendemain de sa prise de fonctions à la tête des Bleus. Fofana est la tête d’affiche du rugby français, le premier nom qui vient à l’esprit lorsque Bernard Laporte, nouvellement élu à la tête de la fédération, affirme qu’il veut « fabriquer des stars médiatiques ». Il y a dix ans, la hiérarchie ne tenait pourtant pas de l’évidence, entre deux joueurs nés en 1988 et aux parcours parallèles dans les catégories de jeunes. « Mathieu, c’était la coqueluche de notre génération, se souvient Belie, qui officiait alors à l’ouverture à leurs côtés. Chez les jeunes, on ne voyait que lui. Il faisait des différences incroyables. Wesley était plutôt dans le rang. » À tel point que les trajectoires prises par les deux joueurs étonnent jusqu’à leurs coéquipiers de l’époque. « Personne n’aurait pu prédire que Wesley compterait aujourd’hui plus de sélections que Mathieu, poursuit Belie. Sa grande réussite, c’est d’avoir accepté de quitter Paris pour rejoindre Clermont. D’intégrer un centre de formation hyperstructuré et de tomber sur Vern Cotter, qui a cru en lui et l’a fait travailler en conséquence. »

 

Cinq matchs de Top 14 cette saison

Fofana, c’est aujourd’hui le joyau de la couronne. Un joueur de stature et de statut, en équipe de France mais aussi à Clermont. Celui qu’on préserve, que l’on choie. Le Top 14 ? Fofana n’y avait plus goûté depuis le 8 octobre et la réception de Toulouse à Marcel-Michelin. Mieux : il n’a jusque-là disputé que cinq rencontres de championnat, les « grands matchs », face aux équipes du haut de tableau (La Rochelle, Montpellier, Racing 92, Toulon et donc Toulouse). C’est dire si Fofana fut protégé pour ses objectifs prioritaires de l’automne : la Coupe d’Europe et l’équipe de France. « Le but, c’est que les joueurs internationaux arrivent dans les meilleures conditions en équipe de France. Qu’ils ne soient pas grillés. Parce que le joueur est alors meilleur, plus épanoui et que le club en profite aussi », justifiait novembre dernier le préparateur physique Sébastien Bourdin, alors à propos de l’équipe de France. « Un international, je vais le protéger sur certains week-ends pour qu’il se régénère, poursuivait Azéma. Il ne faut pas que mon équipe en pâtisse mais je me dis qu’en facilitant la vie d’un international, il va trouver un équilibre entre sa famille, le club et l’équipe de France. Et qu’il me le rendra sur le terrain. » Ce qui lui donne, aussi, une obligation d’excellence avec son club. Que Fofana remplit jusqu’à présent (voir statistiques ci-contre).

 

Le débat de l’aile (à nouveau) réglé

Pour tout dire, Wesley Fofana n’a même jamais semblé aussi fort. Même en 2012, lorsqu’il explosait définitivement aux yeux du grand public et qu’il traversait le terrain, chaque week-end ou presque, y compris sur la pelouse de Twickenham. Le Clermontois a retrouvé son punch d’alors et y a ajouté une qualité nouvelle dans la régulation du jeu de ligne. À 28 ans, il donne la pleine mesure de son potentiel. Ce qui lui a permis de régler, pour la troisième fois, la question de son repositionnement à l’aile lorsqu’il joue en équipe de France. À Clermont, la question ne se pose pas : qui dit grand match, dit Fofana-Lamerat. Sans qu’il n’y ait réellement de débat.

Léo Faure
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