Paul Goze : « Bernard Laporte fait de la provocation »

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    Paul Goze : « Bernard Laporte fait de la provocation »
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Silencieux depuis un mois et l’élection de Bernard Laporte à la tête de la Fédération, l’homme fort des clubs professionnels français sort du bois. L’occasion d’évoquer les dossiers chauds et la guerre froide qui s’installe avec la FFR. Morceaux choisis.

Bernard Laporte se proclame comme « le seul patron du rugby français ». Qu’est-ce que cela inspire au président de la Ligue que vous êtes ?

Ce que peuvent m’inspirer toutes les situations comme celle-ci. Que penser de quelqu’un qui répète trop souvent la même chose ? Qu’il essaie de se convaincre d’un état de fait, et qu’il fait de la provocation. C’est pour cela que, de mon côté, je n’ai pas parlé pendant le mois suivant les élections à la Fédération. C’était volontaire, afin de ne pas entrer dans ce type de provocations. Vous savez, parler pour parler ce n’est pas très intéressant. Il vaut mieux le faire quand on a quelque chose à dire.

 

Votre première confrontation s’est faite sur l’horaire du match du dimanche. Comment se sont déroulées les négociations ?

Dans une ambiance apaisée et conviviale, malgré un débat assez âpre, dur. Chacun a d’abord maintenu ses positions. De notre côté, l’horaire du match avait été décidé à 16 h 45. De son côté, Bernard Laporte avait d’abord clamé haut et fort qu’il n’y aurait pas de match le dimanche après-midi. Vous noterez ici que, de trop parler, peut parfois être contre-productif… Car ensuite, il a fait marche arrière, disant qu’il fallait sacraliser, même sanctuariser la plage horaire 14 h 30-17 h 30. In fine, nous jouerons à 17 heures De notre côté, et grâce à l’intervention de Vincent Bolloré, nous avons obtenu de faire bouger les grilles de Canal + de telle façon que nous pouvons ajouter ce quart d’heure supplémentaire. La situation s’est débloquée ainsi.

 

Ce dossier, finalement anecdotique, a déjà donné lieu à de sérieuses tensions. D’autres dossiers plus profonds se profilent. À commencer par la renégociation de la convention…

Mais cette convention est signée jusqu’en 2020 ! Elle a été discutée, négociée et signée. Approuvée par les assemblées générales de la Ligue, de la Fédération et entérinée par le ministère des Sports. Point. Elle est en cours jusqu’en 2020. Les clubs ont fait des efforts sportifs, avec une mise à disposition des joueurs internationaux. Des efforts financiers, aussi, puisque c’est désormais la Ligue qui dédommage les clubs qui comptent des internationaux.

 

Autre dossier qui fait parler : celui du projet de créer six provinces françaises, transcendant le championnat.

(il coupe) Ça, c’est le summum ! Dois-je vous préciser que nous sommes absolument contre et que cela n’arrivera pas ? C’est évident. Le rugby est le seul sport français dont le championnat domestique est une référence mondiale. Et on s’ingénierait à tout faire pour le détruire ? C’est tout de même paradoxal. On singerait des pays qui n’ont pas les mêmes réalités économiques et sportives que les nôtres. Le rugby de club est l’essence même du rugby français. Donc cette idée de six provinces, je la balaie d’un revers de la main. Je ne devrais même pas en parler.

 

Avant ces négociations qui s’annoncent âpres, Bernard Laporte rappelle que la Ligue n’est qu’une délégation de la Fédération et que celle-ci peut lui être retirée. Info ou intox ?

C’est vrai. La gestion du secteur professionnel d’un sport peut être déléguée par une Fédération à sa Ligue. C’est ce qui a été fait, cela peut donc être défait. Mais ça, c’est la théorie et c’est très peu réalisable. Ce sont des procédures qui dureraient des années pour casser les contrats, faire passer tous les recours… Surtout, ça ne peut pas être décidé par deux personnes dans un bureau ! Il faut passer par des procédures très complexes. Heureusement, nous n’en sommes pas là. Ce discours, c’est de la communication. Une manière de montrer les muscles. C’est comme la bombe atomique. C’est une menace. On l’a, donc on peut s’en servir. Mais fort heureusement, on ne s’en sert pas.

 

L’intégralité de l’interview de Paul Goze est à retrouver p.28-29 dans votre journal actuellement en kiosques.

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