Arras : Les joueurs sauvent le staff

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Le club d’Arras doit vite redresser sa barre pour ne pas descendre de Fédérale 2. Les joueurs ont décidé de poursuivre avec leurs entraîneurs.

Un peu plus d’un an après avoir perdu son fer de lance régional, feu le Lille Métropole Rugby, enfoui sous les cendres de son dépôt de bilan tragique, le comité des Flandres pourrait encore rétrograder dans la hiérarchie nationale, en déplorant la descente d’Arras en Fédérale 3. Cette équipe arrageoise a terminé la phase aller en position de lanterne rouge à 4 points de la zone de maintien. Elle reprendra la compétition dimanche par un voyage à Suresnes, chez l’un des coleader de son groupe. Après l’opposition suivante - réception de Beauvais - elle jouera contre Orsay, Saint-Denis et Clamart, les autres équipes qui font le quatuor de tête. Cette reprise difficile pourrait encore fragiliser sa situation. Si l’équipe ne réagit pas, si elle n’inverse pas immédiatement la tendance - elle n’avait inscrit qu’un seul point à l’issue de ces cinq premières rencontres lors de la phase aller et elle ne compte qu’un seul succès jusqu’à présent — elle accusera un retard sans doute trop considérable pour être comblé d’ici un mois, une fois passé cette salve des cinq premiers matchs consécutifs. La situation a provoqué des questionnements lors de la trêve.

À la fin du mois de décembre, le comité directeur du club a lancé une consultation sur l’opportunité de changer le staff formé par Raphaël Bonicel et Cyril Fouda, pour favoriser une réaction. « Un questionnement légitime, a expliqué le président Aain Gilman, qui s’est déroulé de façon ouverte et constructive. Nous avons sondé un peu tout le monde, comme notre ancien entraîneur Gérald Bastide (le responsable de la défense du XV de France, N.D.L.R.) et les joueurs. Ces derniers ont exprimé leur souhait de poursuivre avec le duo en place. Nous l’avons donc confirmé. » « Cette consultation était logique, a commenté Raphaël Bonicel. Nous sommes clairement en dessous de nos objectifs. Nous avons sans doute commis une erreur en début de saison, en disant que nous ne pourrions pas lutter contre les « gros ». Nous nous sommes réunis avec les joueurs pour communiquer et modifier un peu notre façon de fonctionner. Nous irons Suresnes pour tenter de l’emporter, comme partout ailleurs maintenant. Je suis persuadé que nous pouvons redresser notre classement. »

Des retours salvateurs ?

Quelques éléments plaident pour un redressement de la situation arrageoise. Alors qu’elle déplorait une équipe complète à l’infirmerie au mois de décembre, elle reprendra la compétition avec seulement trois blessés. L’adhésion des joueurs au projet de sauvetage est forte. Ils se sont entraînés jusqu’au 23 décembre sans discontinuer et ont repris le chemin de l’entraînement le 3 janvier. Arras recevra aussi sur son terrain Domont et Épernay, ses deux équipes voisines du fond du classement, qu’elle espère mettre derrière elle pour se maintenir. Et la saison dernière, les Arrageois avaient fait preuve d’un certain caractère, en se sauvant au Creusot lors de la dernière journée. « On y croit et on espère, soupire Jean-Louis Lamy, le président du comité des Flandres. Voir descendre Arras en fédérale 3 après avoir perdu Lille, forcément, ce ne serait pas bon pour notre comité. Les Flandres se portent bien par ailleurs. Nous n’avons jamais eu autant de clubs capables de se maintenir en Fédérale 3, et Marcq-en-Barœul pourrait bien monter en Fédérale 2. Mais Arras représente quelque chose dans le Nord. C’est là où le rugby de haut niveau a éclos. Après la catastrophe de Lille, il ne faut pas voir ce deuxième bastion tomber. »

Par Guillaume Cyprien

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