Angleterre: une affaire d'espionnage

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    Angleterre: une affaire d'espionnage
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Un joueur de Sale est soupçonné d’avoir donné le plan de jeu à un adversaire avant un match de championnat.

C'est une affaire singulière qui a agité le rugby anglais. Pour la première fois à notre connaissance, une équipe a sanctionné un de ses joueurs pour avoir communiqué le plan de jeu à l’adversaire avant une rencontre. Le joueur concerné s’appelle Tom Arscott, il a trente ans et joue trois-quarts aile pour Sale. Le match litigieux serait le Sale - Bristol du 1er janvier. Bristol, alors dernier du classement, est venu s’imposer à Sale 24-23, une victoire cruciale dans la course au maintien. Les visiteurs avaient en plus réussi à revenir au score après avoir été menés 15-0. Six jours avant, le club de l’Ouest de l’Angleterre avait gagné son premier match de la saison contre Worcester. Du coup, Bristol a recollé au peloton avec 13points, un de moins que Worcester et sept de moins que Sale.

A-t-il averti son frère ?

C’est la presse anglaise qui a donné le nom du joueur. Steve Diamond, le manageur de Sale, a confirmé qu’Arscott était bien suspendu depuis le 4 janvier et s’est fendu d’une déclaration prudente, mais assez précise. « Des joueurs sont effectivement venus me voir pour me dire que des informations avaient été transmises. Nous avons tout de suite réuni un conseil de discipline et nous avons informé la RFU.Nous avons demandé au joueur concerné pourquoi il avait fait ça et nous avons écouté sa réponse. Nous avons ensuite averti la RFU. Tout doit se passer dans un cadre selon les procédures prévues. J’avoue que je n’avais jamais vu une histoire comme ça auparavant. »

Dans cette affaire très délicate, il est difficile de ne pas remarquer qu’à Bristol, joue Luke Arscott, le frère aîné de Tom Arscott. Les deux étaient sur la feuille de match le jour de la rencontre fatidique, mais ni l’un ni l’autre ne sont entrés en jeu. Le club de Bristol n’a pas tardé à réagir via son manager général Ian Tainton : « Bristol n’a rien fait de mal. Nous n’avons tenté aucune action qui soit contraire aux valeurs du rugby. » Mais il a bien reconnu que les deux frères s’étaient rencontrés la veille du match. « Oui, Tom et Luke se sont vus à notre hôtel le jour du match, c’est quand même normal pour deux membres d’une même famille qui ne vivent pas au même endroit. Mais je peux vous dire qu’aucune information sportive n’a été échangée et qu’en aucun cas, cette conversation n’a changé notre approche du match. » Steve Diamond s’est bien gardé de porter la moindre accusation envers le club de Bristol ou l’un de ses joueurs. « Mais il est évident que les joueurs doivent protéger les détails de notre stratégie, c’est la moindre des choses que l’on doit exiger d’eux. Je pense qu’il y a des clauses qui parlent de ça dans les contrats qu’ils signent.Ces informations sont sacro-saintes.» En France, aucun cas similaire, n’a jamais été signalé. La seule affaire qui pourrait ressembler un peu à ça remonte à mars 2015 quand une ou plusieurs joueuses de l’équipe de France féminines avaient été soupçonnées d’avoir fait passer aux joueurs de l’Usap, des photos des combinaisons en touche de l’US Montauban, photos prises dans les vestiaires du stade Sapiac. Les Françaises affrontaient les Galloises dans ce stade. Elles étaient arrivées plus tôt que prévu dans les locaux. Le manageur de l’Usap, Alain Hyardet avait averti son homologue Xavier Péméja des images qu’il avait en sa possession. Les Montalbanais n’avaient pas voulu trop faire mousser l’affaire, l’affaire s’était enlisée. Personne n’avait été sanctionné.

Jérôme Prévot
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