Clermont : le bilan du président

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    Clermont : le bilan du président
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Eric de Cromières est le Président de Clermont à mi-saison. Son équipe a déjà assuré sa présence en quarts de finale de la Champions Cup, le président auvergnat dresse un premier bilan. Forcément positif. Reste à confirmer.

Le parcours européen : « Nous n’avons pas encore atteint notre objectif »

Qualifiés pour les quarts de finale de la Champions Cup avant même la dernière journée des phases de poule, les Clermontois ont rectifié le tir, dans une poule quasi similaire à la saison précédente et de laquelle ils n’avaient pas su s’extirper. Surtout, ils portent actuellement le rugby français à l’échelle continentale. « À ce stade, nous sommes satisfaits. Mais ce qui était important pour nous, c’était le quart de finale à domicile. On ne l’a pas encore, l’objectif n’est donc pas encore atteint, tranche le président De Cromières. De ce point de vue, le match de samedi face à Exeter sera important. Si par malheur il ne se passait pas bien, la campagne ne serait pas loupée. Elle serait déjà mieux que l’an dernier. Mais le quart de finale seul, ce n’est pas ce qu’on souhaite ».

Méfiance, donc. D’autant qu’Exeter pourra encore se raccrocher à un infime espoir de qualification, ce samedi lorsqu’il fera le déplacement jusqu’à Marcel-Michelin. Et si tout se passe bien ? Éric De Cromières coupe court à l’idée d’une délocalisation du quart de finale. « Non, nous ne délocaliserons pas. Michelin, c’est notre stade et notre public. Nous nous y sentons bien. C’est aussi une manière de rendre tribu à nos abonnés, à ceux qui nous soutiennent toute l’année. » Définitif ? « Nous n’avons même pas regardé si le Stade de Saint-Étienne serait libre début avril. A priori, nous ne les solliciterons pas. »

 

La campagne européenne des clubs français : « Toulouse va réussir »

Si Clermont s’en sort bien, difficile d’en dire autant de ses compatriotes. « Que Clermont soit en bonne position, j’ai envie de croire qu’il n’y a rien d’étonnant. D’autant que nous avions une revanche à prendre, par rapport à ces mêmes phases de poule qui avaient été très décevantes l’an dernier. Qu’il y ait si peu de Français en bonne position pour se qualifier, c’est plus surprenant, acquiesce le président De Cromières. La grande déception, c’est le Racing qui a complètement raté sa campagne. Pour Toulouse et Toulon, rien n’est joué. Les Toulonnais n’étaient pas en pleine forme quand ils ont reçu les Saracens, au premier match. Démarrer cette compétition par une défaite à domicile, c’est tout de suite très handicapant. Le reste de leur campagne est très correct. La preuve, ils sont toujours en vie. Pour Toulouse, même chose. Ils ont commencé par une défaite au Connacht, dommage. Mais ils reviennent très fort, leur performance aux Wasps en atteste. Et je pense qu’ils réussiront à se qualifier ce week-end. »

Dans ce paysage dégagé et qui s’équilibre, entre les trois nations actuellement fortes dans le rugby européen, c’est l’Irlande qui impressionne le plus le président clermontois. « La grande surprise, c’est la performance des provinces irlandaises. Positivement. Ils ont deux clubs qualifiés, peut-être trois. Le quatrième, c’est l’Ulster que nous avons affronté et qui nous avait fait une très forte impression. L’Irlande a su rebondir et elle revient en force. »

 

L’envie d’Europe : « On ne fait plus la fine bouche »

La Coupe d’Europe est la seule compétition que le club auvergnat n’a jamais gagnée. Une envie pressante ? « Oui, c’est un parfum particulier. Mais franchement, nous ne sommes pas gavés de championnats non plus. Depuis dix ans, nous sommes très compétitifs mais sur les vingt titres distribués durant cette période, Clermont n’en a accroché qu’un seul. Donc le parfum particulier, c’est un titre. On ne fera pas la fine bouche avec le choix de la compétition. »

Et revoilà le spectre des phases finales… « Nous sommes encore compétitifs cette saison mais, malheureusement, notre championnat n’en est pas un puisqu’il se termine par une phase de coupe. Sur ce point, le modèle du football est meilleur que le nôtre. »

 

LES INFRASTRUCTURES

Évolutions du stade Michelin : « On est presque au maximum »

Clermont a effectué plusieurs travaux, l’été dernier, pour agrandir son enceinte. Au maximum ? « Il y a toujours des améliorations à apporter. Sur les loges, par exemple. Mais des gros projets comme ceux que nous venons de porter, à savoir le centre d’entraînement, l’ASM Expérience, l’agrandissement d’une tribune ou l’allée des supporters, non, il n’y en a plus de prévu. On pourra toujours bricoler pour augmenter la capacité du stade et arriver aux 20 000 places. Mais ce n’est pas une obsession. On est presque au maximum. »

Les nouvelles infrastructures : « Il faudrait que les autres suivent »

Parmi les nouveautés des dernières saisons, Clermont s’est doté d’un nouveau centre d’entraînement ultra moderne, d’une nouvelle pelouse hybride ainsi que d’un « musée », l’ASM Expérience. Pour quel bilan ? « Je laisse parler les autres. De ce que j’en entends, nous disposons d’outils assez formidables. Quand la télévision vient, elle ne cache pas son bonheur en voyant à quel point cette pelouse permet un rugby chatoyant et offensif. Quand on voit la pelouse sur laquelle nous avons joué à Bordeaux, la semaine dernière, ça fait peur… Il faudrait d’ailleurs que tout le monde suive sur ce point. Pour le spectacle mais aussi pour la prévention des blessures. Ensuite, les retours critiques sur l’ASM Expérience sont extrêmement positifs. Sur la billetterie nous sommes aussi satisfaits avec de gros temps forts, pendant les vacances de Toussaint et de Noël. Tout va bien. »

 

LE RECRUTEMENT

« Un indice pour Aurélien Rougerie »

L’ASMCA s’est déjà attaché les services, à compter de la saison prochaine, de Loni Uhila, Rémi Grosso, Rabah Slimani et Greig Laidlaw. Du lourd. Pour les trois derniers, les signatures ont été arrachées après plusieurs mois de tractations. « À cette heure-ci, le recrutement est clos pour la saison prochaine. Nous connaissons le profil de l’équipe qui sera la nôtre. » Parce que les Clermontois sont déjà actifs sur les plus gros dossiers à l’horizon 2018. Celui du pilier gauche, par exemple, où les Auvergnats ont récemment sondé Cyril Baille, avant qu’il ne prolonge à Toulouse. Mais un autre dossier, majeur, reste en suspens. « Désormais, comme prévu à la fin du recrutement, nous nous penchons sur l’avenir d’Aurélien Rougerie, sur lequel nous allons travailler très vite. On verra avec lui quelle est sa décision. Ça se fera entre quatre yeux. Mais il se sent bien. » Déjà un indice, pour un joueur qui avait placé son appétit et sa condition physique comme critères décisionnels. « J’ai donné un indice, effectivement. Je n’en donnerai pas deux (il sourit). » Un, c’est déjà bien.

Léo Faure
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