Joël Dumé : « World Rugby va clarifier cette règle »

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    Joël Dumé : « World Rugby va clarifier cette règle »
Publié le , mis à jour

Joël Dumé est le directeur technique de l’arbitrage. il revient sur les nouvelles mesures prises par World Rugby.

Depuis le 3 janvier, World Rugby a introduit une nouvelle règle différenciant les plaquages accidentels des plaquages imprudents. Pouvez-vous apporter un éclairage ?

Des précisions ont en effet été apportées en ce début d’année même s’il n’y a aucun changement fondamental par rapport à ce qui était demandé avant. Les termes utilisés doivent donc être précis. Il y a une volonté forte, de la part de World Rugby, de protéger l’intégrité du joueur et d’être très sévères sur tout ce qui concerne les contacts à hauteur du cou et de la tête. La notion de plaquage accidentel et de plaquage imprudent est apparue. Qu’est ce que cela signifie ? Un joueur ne doit pas toucher ni la tête ni le cou. Et lorsqu’il le fait, il prend le risque d’être sanctionné sévèrement d’un carton. En fait, un plaquage imprudent se fait au-dessus de la ligne des épaules, y compris si le plaquage a commencé en dessous et se termine au niveau du cou, par exemple les plaquages par enroulement lorsque le plaqueur est derrière le porteur du ballon. Le joueur doit donc savoir qu’il risque un carton jaune ou un carton rouge.

Mais qu’est ce qui détermine finalement la sévérité de la sanction ?

C’est la force du plaquage. Si par exemple le bras est tendu de façon très directe avec force et vitesse, c’est un carton rouge automatique. Si l’arbitre estime qu’il y a une circonstance atténuante, à savoir qu’il n’y a ni force, ni vitesse, c’est un carton jaune. Voilà les deux niveaux de sanction donnés par World Rugby.

Quid du plaquage accidentel ?

Cela reste un plaquage illicite qui a lieu aussi au dessus de la ligne des épaules et, dans la volonté du législateur, il doit également être sanctionné. L’arbitre estimera que ce n’est pas un acte délibéré, par exemple que le porteur du ballon a glissé, entraînant une perte d’appui et le placement du haut de son corps plus bas que prévu. Dans ce cas, le geste du plaqueur peut se retrouver au niveau du cou ou de la tête, de façon accidentelle. Dans son jugement, l’arbitre va alors juger que le geste n’est pas volontaire. Néanmoins, ça reste un plaquage illicite. Dans ce cas, la sanction est une pénalité.

En augmentant encore un peu plus la notion d’interprétation pour les arbitres, ne rend-on pas leur rôle plus difficile ?

Je ne crois pas qu’il y ait plus d’interprétations laissée aux arbitres. C’est comme pour les plaquages dits par retournement ou pour d’autres phases de jeu. L’arbitre doit être en mesure de l’analyser. Est-ce que le joueur a été lifté, retourné et planté dans le sol ? Ou est-ce simplement un plaquage offensif ? Ce n’est pas de l’interprétation, c’est de l’analyse.

Ne craigniez-vous que cette nouvelle règle apporte encore plus de confusion ?

Évidemment, ce n’est pas toujours blanc et noir, ce qui rend la tâche de l’arbitre difficile. Il peut y avoir des circonstances atténuantes ou aggravantes. World Rugby va clarifier très vite cette règle. Les responsables de l’arbitrage mondial ont décidé de réunir tous les arbitres de leur panel jeudi prochain pour apporter un éclairage avec des images et des exemples. L’idée est de clarifier ce qui peut être aujourd’hui considéré comme un peu confus.

Communiquerez-vous en suivant ces images aux clubs professionnels ?

Oui, bien sûr. C’est ce qui se fait habituellement, notamment sur les compétitions européennes. Des clips vidéo sont sélectionnés par les managers des arbitres et sont envoyés en direction des clubs. On peut aussi imaginer que nos arbitres se rendent dans les clubs pour apporter un éclairage. Cela se pratique régulièrement, au moins deux fois par an. Et j’y suis entièrement favorable. Pour éviter la confusion, rien de mieux qu’une communication précise entre les arbitres et les clubs.

Arnaud Beurdeley
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