Bru : « Jean-Baptiste Poux va nous apporter une plus-value »

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    Bru : « Jean-Baptiste Poux va nous apporter une plus-value »
Publié le , mis à jour

Interrogé dans le cadre de ce premier stage de préparation dans la perspective du Tournoi des 6 Nations, Yannick Bru confirme l’arrivée de Jean-Baptiste Poux en tant que consultant pour le poste spécifique de pilier et explique les raisons d’un tel choix.

En raison des nombreux forfaits et des conditions climatiques, avez-vous pu travailler comme vous le souhaitiez durant cette semaine ?

Oui, la première partie de la semaine a été largement consacrée à la récupération. À cette période de la saison, les joueurs donnent beaucoup pour leur club en raison d’échéances importantes. Le besoin de récupération était important. Nous avons tout de même passé beaucoup de temps devant les écrans pour faire de la vidéo. Après, la météo nous a aussi contraints à quelques ajustements, mais on s’en est accommodé. Enfin, pour ce qui est des blessures, nous savons très bien que nous sommes à un moment charnière de la saison.

 

La fraîcheur des joueurs est-elle très différente de celle du mois de novembre ?

C’est un fait que l’on ne peut pas nier, ni contester. Heureusement, nos joueurs seront épargnés de cette journée de Top 14 à venir. C’est tout de même un sérieux atout.

 

Avez-vous pu déjà travailler spécifiquement dans la perspective de ce premier match face à l’Angleterre ?

Tout ce qu’on a fait depuis dimanche soir s’est orienté d’abord en fonction des leçons tirées de la tournée de novembre. Pour avancer, le groupe a besoin d’identifier les axes de progression. Mais basculer très rapidement sur les problématiques que va nous proposer l’Angleterre, c’est une volonté du staff.

 

Le sélectionneur de l’Angleterre Eddie Jones disait dernièrement que la conquête de son équipe avait encore beaucoup de lacunes. Est-ce l’un de vos axes de travail majeurs ?

Quand une nation reste sur treize succès consécutifs (quatorze en réalité, si l’on ajoute leur victoire face à l’Uruguay en fin de Mondial 2015, N.D.L.R.), c’est que sa conquête est quand même bien en place. Maintenant, si Eddie Jones le dit… De toute façon, la conquête est un des secteurs sur lequel nous portons beaucoup d’attention. Mais pas plus qu’un autre.

 

En novembre face à l’Australie, la domination de la mêlée française avait été nette, sans pour autant conduire à un succès…

(Il coupe) C’est vrai. Dressons d’abord un constat : il y a de moins en moins de mêlées dans le rugby international. Ensuite, puisqu’il y a de moins en moins de mêlées, on peut imaginer que celles qui restent à jouer sont importantes. Et elles requièrent de la précision, du détail. Sur nos dernières rencontres, défaites ou victoires, les écarts au score sont minces. La mêlée est donc un des secteurs qui peut permettre de basculer dans la victoire comme dans la défaite. C’est pourquoi, dans notre contexte, on y attache de l’importance.

 

Selon nos informations, Jean-Baptiste Poux, ancien pilier international, devrait intervenir justement auprès des piliers de l’équipe de France. Vous confirmez ?

Oui, c’est une volonté du staff d’aller un peu plus loin dans la performance. C’est un poste qui requiert un suivi spécifique tout au long de leur saison. Je veux que Jean-Baptiste nous apporte ce suivi. Ça ne se limitera pas à la préparation d’un match. Pour nous, ce sera une ressource importante. Il interviendra une journée par semaine, celle où nous travaillons le plus la mêlée. Il travaillera également beaucoup sur les vis-à-vis et la performance passées de nos piliers.

 

Mais quelles seront ses prérogatives exactes ?

Son intervention se portera exclusivement sur le travail des piliers. Quand bien même ma passion pour les phases statiques est grande, je n’ai jamais joué pilier. Pour être pertinent sur ce poste très spécifique, il faut avoir vécu certaines choses. Il y a des émotions, des sentiments, des appuis que seul un pilier peut traduire et expliquer. Déjà, à mes débuts au Stade toulousain, j’avais demandé à Omar Hasan de venir travailler sur ce poste. Jean-Baptiste va donc intervenir de façon très spécifique. Il accompagnera nos piliers sur une somme de détails comme la posture en mêlée fermée, les appuis, ce qui peut coûter ou rapporter une pénalité, la morphologie. Mais aussi le travail spécifique en musculation par exemple.

 

Comment est née cette idée ?

Depuis le début de ma mission avec l’équipe de France, j’ai le souhait qu’un pilier comme Jean-Baptiste Poux travaille auprès de nos jeunes piliers. Jean-Baptiste est un mec qui a joué trois Coupes du monde aussi bien à gauche qu’à droite. C’est un passionné de ce poste de pilier. Aujourd’hui, notre mêlée est bonne, mais je veux qu’on talonne davantage les ballons pour ne pas toujours être dans l’épreuve de force, pour essayer d’avoir des ballons toujours plus rapides. Je veux que nos adversaires sachent que nous sommes capables de faire une double poussée ou de talonner très vite et de vite sortir le ballon pour nos trois-quarts. Actuellement, ils savent qu’on peut gagner des ballons sur la poussée. Mais je veux que l’on crée de l’incertitude chez nos adversaires.

 

En avez-vous discuté avec Raphaël Ibanez, le manager de l’UBB ?

Tout a été fait en toute transparence. Jean-Baptiste est encore en activité mais commence à endosser ce rôle-là à l’UBB. Nous en avions donc discuté avec Raphaël Ibanez et Jacques Brunel il y a déjà quelque temps. Il y a eu une vraie concertation.

 

L’absence de Poirot et Ben Arous, deux piliers très dynamiques, très efficaces sur les zones de « contest », peut-elle vous amener à revoir l’architecture de votre paquet d’avants ?

Non, mais il y a une certaine complémentarité à prendre en compte au sein d’un paquet d’avants. Dans ce combat dynamique qui est imposé aux piliers au niveau international, à savoir les attitudes sur les zones de plaquages, sur la reconquête du ballon, la perte de Jefferson Poirot et Eddy Ben Arous est lourde. On tient avec eux deux jeunes piliers qui répondent aux exigences du pilier contemporain. Mais, on fera face. Cyril Baille montre semaine après semaine qu’il est taillé pour le rugby international. Évidemment, il a encore beaucoup d’efforts à faire pour se hisser au niveau des meilleurs, il le sait. Ensuite, je crois beaucoup au potentiel de Xavier Chiocci, l’avenir me dira si j’ai raison ou si j’ai tort.

Arnaud Beurdeley
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