[ Dossier Eddie Jones ] La méthode Eddie Jones

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Publié le , mis à jour

C’est un personnage bien singulier qui dirige le destin du XV de la Rose à quelques jours de l’ouverture du Tournoi des Six Nations. Dossier.

Eddie Jones, c’est le roi Midas du rugby mondial. Après avoir mené les Wallabies en finale de Coupe du monde (2003), il fut sacré champion du monde avec les Springboks (2007) avant d’offrir aux Japonais le scalp des Springboks à Brighton. En nommant ce fantasque Australien à la tête du XV de la Rose, la Fédération anglaise a certes froissé l’ego des meilleurs techniciens de son territoire mais a frappé juste. Depuis que « Monsieur Eddie » (57 ans ce mardi) a pris en mains la destinée de la sélection anglaise, cette équipe est devenue irrésistible. Treize matchs, treize victoires, un grand chelem, la tête des Pumas, des Boks et surtout de l’Australie, battue quatre fois en autant d’oppositions : ça se fête, non ? Très à cheval sur la technique individuelle de ses joueurs, Jones s’est entouré d’un staff d’experts afin de mener les Anglais au titre suprême, en 2019, au Japon. Fin psychologue, l’Australien sait aussi « jouer avec les médias britanniques comme on envoûte avec une flûte traversière » (Paul Ackford), multiplie les punch-lines pour détourner l’attention que les adversaires du XV de la Rose portent à ses joueurs et commence sérieusement à faire trembler les invincibles All Blacks.

« On pourrait mourir pour lui »

Au sujet du nouveau patron du rugby anglais, le flanker des Wasps James Haskell raconte dans les colonnes du Times : « J’ai connu quatre sélectionneurs depuis le début de ma carrière (Andy Robinson, Martin Johnson, Stuart Lancaster avant Jones, N.D.L.R.) et je n’ai jamais été aussi heureux que depuis qu’Eddie est parmi nous. La politique du « tous égaux » ne marche pas, au rugby. Eddie l’a compris et traite les individus au cas par cas. J’ai l’impression qu’il nous connaît tous par cœur. C’est la raison pour laquelle il tire le meilleur de nous-mêmes. On pourrait mourir pour lui. » Alors, l’étoile de cet ancien professeur d’école s’éteindra-t-elle un jour, outre Manche ? Et la méthode Eddie Jones, souvent harassante pour les individus les plus fragiles, peut-elle fonctionner sur le long terme ? Verdict imminent.

Ses punch-lines

« Que ferai-je après ma carrière d’entraîneur ? Je me poserai sur mon canapé et je dirai du mal des autres, comme Clive Woodward. »

« L’Irlande joue comme Stoke City (une équipe de football anglaise, N.D.L.R.). Ils tapent la balle 60 % des fois où ils en ont la possession. »

« En travaillant, Dan Cole est redevenu le meilleur pilier droit du monde. Et quand ses coéquipiers boivent des bières, Billy Vunipola ne lâche pas son shaker de protéines. Je veux que les internationaux anglais soient différents. Si un extraterrestre débarque un jour sur Terre, je veux qu’il puisse se dire : « Eux sont des êtres humains et eux sont des internationaux anglais. »

« J’ai rencontré des coachs qui ne juraient que par les chiffres. Ils te disaient par exemple que si Richie McCaw touchait le ballon moins de 24 fois par match, tu avais 58,5 % de chances de gagner. Hey ! C’est du rugby ou du bingo ? Moi, je crois en deux statistiques. La première est celle-ci : combien de temps un joueur au sol met-il pour se replacer en défense ? La seconde est celle-là : combien de temps un joueur au sol met-il pour se replacer en attaque ? »

« Si vous voulez des enfants costauds, assurez-vous qu’ils soient élevés dans une ferme laitière, qu’ils aient les journaux tous les matins et qu’ils boivent dix bières tous les soirs. »

Marc Duzan
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