Italie: en quête de respect

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    Italie: en quête de respect
Publié le , mis à jour

Traditionnellement connue pour être la nation la plus faible, l’italie, sous les ordres de conor O’Shea, veut prouver qu’elle mérite mieux.

Soyons clairs : dire que l’Italie est la nation la plus faible du Tournoi tient du doux euphémisme. Jugez plutôt : en seize participations, les Italiens ont reçu à onze reprises la triste cuillère de bois, et n’ont remporté que douze matchs. Chaque année, la légitimité des Transalpins dans le 6 Nations est remise en question par d’autres nations : hier la Roumanie, aujourd’hui la Géorgie. Les Italiens en ont assez de cette situation. À commencer par son sélectionneur Conor O’Shea qui, fort de sa brillante carrière en club avec les Harlequins, n’a pas l’habitude de revêtir le costume du loser : « Quand on matraque à quelqu’un qu’il est nul, il finit par le croire », nous confiait l’Irlandais à Londres la semaine dernière, « nous voulons briser cette spirale négative, ce marasme ambiant. Nous avons les joueurs pour. Il faut arrêter de dire qu’ils sont nuls. » O’Shea possède une certaine force de persuasion. En 1978, il fut de ces Munstermen qui terrassèrent les All Blacks. En novembre dernier, il sut inspirer ses nouvelles troupes pour qu’elles remportent une victoire historique sur l’Afrique du Sud (20-18). À ce moment, on cru que l’Irlandais avait réussi son pari. Manqué. Une semaine plus tard, les Transalpins retombaient dans leurs travers et perdaient face aux Tonga, 17-19. La magie avait cessé d’opérer. Interrogé à ce sujet la semaine dernière, le capitaine Sergio Parisse ne cachait pas son amertume : « Nous avons été catastrophiques. Vaincre les Boks et perdre contre les Tonga la semaine d’après, ce n’est pas croyable. Nous avons progressé mais nous devons être constants maintenant. » Pendant ce temps-là, les Géorgiens se tordaient de rire. « Si des questions de promotion et de relégation venaient à être posées, qui sait quelle équipe serait au bord du précipice ? Si nous nous concentrons sur notre système de jeu et progressons, nous n’aurons pas à avoir ces discussions. Cette année, nous voulons gagner le respect des autres nations », martelait Conor O’Shea.

Le pari d’O’shea

N’en déplaise aux Tonguiens qui ont refroidi les Italiens, l’ex boss des Quins veut encore se servir de cette victoire historique remportée face à l’Afrique du Sud : « Pour moi, cette victoire c’est quelque chose d’immense », insistait-il cette semaine. Et pour mieux surfer sur celle-ci, Conor O’Shea a décidé de reconduire la grande majorité des joueurs qui étaient de cet exploit. Quitte à tenter un véritable pari, et à placer plusieurs cadres sur le banc tels que le talonneur Leonardo Ghiraldini (82 sélections), le deuxième ligne Josh Furno (36), le flanker Francesco Minto (31), l’ouvreur Tommaso Allan (27), et même le centre Michele Campagnaro (25) qui brille pourtant de mille feux avec Chiefs d’Exeter en Angleterre. Les amateurs de rugby italien auront également noté les absences du flanker de Glasgow Simone Favaro, absent du groupe. O’Shea a donc tenu à maintenir sa confiance au groupe qui a vaincu les Boks, et aligne par conséquent un XV de départ presque léger en termes d’expérience de rugby international, comme le talonneur Ornel Gega (8 capes), les flankers Abraham Steyn (6) et Maxime Mbanda (3) et l’arrière Edoardo Padovani (6). Ce dernier endossera donc le maillot floqué du 15 dans le dos, tandis que l’habituel arrière Luke McLean évoluera, comme il l’a fait face à l’Afrique du sud, au poste de premier centre. On se demande quand même si Conor O’Shea ne prend pas un risque en se passant des services de Michele Campagnaro… L’histoire nous dira rapidement si le pari d’O’Shea s’avérera payant ou non.

Simon Valzer
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