Fabrice Landreau : «Au petit bonheur la chance»

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    Fabrice Landreau : «Au petit bonheur la chance»
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L'actuel consultant de Béziers, Fabrice Landreau, s'exprime au sujet des jokers médicaux et les mesures qu'il aimerait préconiser. Pour lui, la solution en interne n'est pas toujours possible.

Que faut-il mieux faire ? Donner sa chance à un espoir où à un joker médical venu de l’étranger ?

Quand j’étais à Grenoble, j’ai essayé de faire venir des jeunes joueurs prometteurs qui évoluaient dans des clubs de premier plan. J’avais par exemple pensé à Iturria ou à Tuisova. Le problème, c’est que les jeunes Français sont tous sous une convention de formation. Alors ce n’est pas si évident que ça de les faire changer de ville pour des raisons administratives et surtout scolaires et universitaires. Comment vont-ils étudier ? Et puis, ce n’est pas évident de recruter pour trois mois des joueurs issus d’un club qui est dans le même championnat que vous. Imaginez que vous les battiez avec ces jokers… 

 

 

Mais vous parlez de jeunes joueurs qui seraient dans un autre club. Pourquoi ne pas penser à faire jouer vos propres espoirs ?

Cela a toujours été notre première idée. Mais on ne peut pas toujours avoir une solution en interne. Pour certains postes comme demi de mêlée ou demi d’ouverture, il faut des gars qui ont un minimum d’expérience. Pour les postes de pilier, c’est aussi très difficile de lancer un novice. En revanche, chez les trois-quarts, c’est toujours plus facile en jouant sur la polyvalence.

 

 

Quand vous avez été contraints de prendre des jokers médicaux, quelle expérience en avez-vous tiré ?

On sait bien qu’on aura pas les meilleurs. On récupère des joueurs qui ont fini le NPC ou la Currie Cup ou qui ne sont pas repris en Super Rugby. Disons qu’ils sont aguerris, ils ont le profil de bons joueurs de championnat. Mais honnêtement, ce genre de recrutement, c’est au petit bonheur la chance. Nous avons eu une bonne pioche avec Martino Nemani qui est venu alors qu’il n’avait même plus de contrat en NPC, il s’apprêtait à jouer dans une compétition de club, dans l’anonymat total. Mais pour beaucoup de joueurs sudistes, on trouve des gars qui ne sont pas dans leur pic de forme, ils sont en fin de championnat. Si on tient compte du temps d’adaptation, il faut parfois un mois et demi pour qu’ils soient vraiment prêts. En fait, l’idéal c’est de prendre un gars qui ne joue plus trop en Ligue Celte ou en Angleterre, sa saison est calquée sur la nôtre.

 

Si vous deviez préconiser une mesure…

Quand j’ai fait partie de la cellule qui réfléchissait sur la compétitivité de l’équipe de France, j’avais parlé de l’idée de faire jouer nos espoirs en Pro D2, avec des passerelles avec le Top 14, s’il y a des blessés. En Pro D2, la pression n’est pas la même que dans l’Élite, nos jeunes pourraient s’y aguerrir. On constate que beaucoup de jeunes Français qui ont passé deux ou trois ans en Pro D2, trouvent ensuite leur place en Top 14

Jérôme Prévot
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