Eddie Jones: « Tout le monde est sous pression ! »

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Le patron anglais, après avoir salué la performance des Français, s’est immédiatement projeté sur le déplacement des siens à Cardiff.

Comment analysez-vous cette victoire ?

Nous avons été très moches, mous en attaque et peu tranchants sur nos plaquages… Mais en tribunes, je n’ai jamais cessé de penser que nous gagnerions cette rencontre. C’est ce que j’aime, chez mes garçons. Ils ne s’avouent jamais morts.

 

 

 

Où la différence s’est-elle faite ?

Le rugby moderne est un jeu de vingt-trois bonhommes. J’avais sur le banc de touche des joueurs de classe mondiale. Ça aide…

 

 

 

Qu’avez-vous modifié en fin de match ?

Les Français coupaient systématiquement les extérieurs. J’avais donc besoin, en fin de rencontre, d’un passeur et d’un perce-muraille. Sur une action anodine, Owen Farrell a ouvert la brèche à Ben Teo. Essai !

 

 

 

Globalement, que retiendrez-vous de ce Crunch ?

Nous avons battu la France. Et la France est l’équipe qui aurait dû battre la Nouvelle-Zélande à l’automne. C’est donc positif.

 

 

 

James Haskell, Ben Teo et les autres remplaçants ayant fait basculer la rencontre débuteront-ils à Cardiff, samedi ?

Bonne question… Moi, je cherche toujours à améliorer mon équipe, qui plus est après une performance aussi moyenne. Il y a des choix importants à faire. C’est difficile. Vous pouvez m’aider, vous ?

 

 

 

À quoi vous attendez-vous à Cardiff, dans un stade réputé hostile ?

Le toit fermé ? Je m’en fous. Leur feu d’artifice ? Je m’en fous. Si l’Angleterre a, par le passé, perdu des matchs au Millennium, nous devons analyser pourquoi et changer notre stratégie. Vous savez quoi ? La folie, c’est faire toujours la même chose en espérant un résultat différent.

 

 

Votre stratégie fonctionnera-t-elle ?

Aucune idée ! La plus belle chose à propos du rugby est qu’il est un sport d’êtres humains. Vous mettez quinze garçons sur un terrain sans connaître la façon dont ils réagiront, au jour J. Mais si l’équipe d’Angleterre a peur de jouer à Cardiff, dans l’une des atmosphères les plus belles du rugby mondial et face à une nation où ce sport est numéro 1, alors je ne comprends plus rien aux êtres humains !

 

 

Lesquels de vos joueurs sont-ils sous pression en vue de ce déplacement au pays de Galles ?

Tout le monde est sous pression ! Les joueurs, l’analyste vidéo, le kiné et moi-même ! Après le Crunch, Ian Ritchie (le directeur exécutif de la Fédération anglaise, N.D.L.R.) ne m’a pas tapé sur l’épaule pour me dire bravo et cette semaine, je serai donc le premier à me demander quelles furent mes erreurs. La dernière fois que je me suis rendu à Cardiff, c’était à la tête de l’équipe d’Australie, en 2005 et ce jour-là, nous avions perdu (24-22, N.D.L.R.). Pour l’instant, les Gallois n’ont que de très bons souvenirs de moi…

 

 

Comment avez-vous jugé la première journée du Tournoi des 6 Nations ?

Cette compétition est extraordinaire. Au fil du temps, les différences entre les équipes sont devenues infimes. Regardez ce qu’ont réalisé les Écossais face à l’Irlande ! Et reprenez le fil du Crunch : si Elliott Daly marque à l’heure de jeu, on gagne de quinze points. Au lieu de ça, les Français se dégagent et nous mettent à nouveau en danger. Et le match change de physionomie. C’était fou…

 

 

Quels joueurs ont-ils marqué des points ?

Owen Farrell a réalisé une très belle performance. Même s’il avait été convaincant durant les tests d’automne, ce fut mêmes son meilleur match depuis mon arrivée en Angleterre. Les autres ? Elliott (Daly, N.D.L.R.) a été bon. Maro (Itoje, N.D.L.R.) a été bon. Nathan (Hughes, N.D.L.R.) a été bon. Et notre première ligne a été très bonne. Sur chaque mêlée, le combat était dantesque. J’avais l’impression d’être au Parlement britannique et d’assister à une lutte entre les travaillistes et les conservateurs.

Marc Duzan
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