[DOSSIER TECHNIQUE] « Vols » à l'arraché, la recrudescence

  • [DOSSIER TECHNIQUE] « Vols » à l'arraché, la recrudescence
    [DOSSIER TECHNIQUE] « Vols » à l'arraché, la recrudescence
Publié le

C’est une tendance de plus en plus perceptible : la volonté des défenseurs de ne pas se contenter de bloquer le porteur « au ballon », mais bien de lui arracher directement. Voici comment…

Comment récupérer le ballon ? Voilà bien la question que se posent, depuis la nuit des temps, les entraîneurs de rugby. Et aujourd’hui plus que jamais, la possession du ballon constituant plus que jamais le nerf de la guerre. Jusqu’à encore récemment, les défenses n’avaient (hors phases de conquête directe) que quatre manière de reprendre le ballon à l’adverse. L’une « stratégique » (bien défendre, pour forcer l’adversaire à rendre le ballon au pied), l’une « collective » (le contre-rucking), et deux « individuelles », en grattant le ballon ou en l’interceptant. Mais depuis quelques mois, une nouvelle manière de défendre se retrouve de plus en plus souvent, qui consiste à arracher directement le ballon des mains du porteur de balle. « En 2012, nous avons assisté à une clarification de la règle, explique David Ellis, l’ancien entraîneur de la défense de l’équipe de France. Si un ballon tombe alors qu’un joueur cherche à l’arracher, il n’y a pas d’en-avant. Depuis, les entraîneurs de la défense se sont dits qu’il y avait moyen d’exploiter cette faille, ainsi que cela se fait au rugby à XIII. »

Plaquage à deux

Pour ce faire ? Les défenseurs se servent indirectement d’une tendance du rugby moderne, à savoir la recherche des offloads. « Comme les attaquants recherchent de plus en plus la passe après contact, ceux-ci ont parfois tendance à mal protéger leur ballon au moment de la collision, en le portant d’une main ou en le plaçant sous le mauvais bras, justement parce qu’ils veulent chercher à le passer dans le dos du défenseur, précise Ellis. Et comme les attaquants sont plus concentrés sur la manière dont ils voudront se sortir de la collision que sur la collision en elle-même, ils en oublient parfois de simplement le conserver. » De quoi s’offrir aux défenseurs, notamment dans le cas d’une défense à deux ! Car si auparavant les défenseurs chargés de plaquer « au ballon » se contentaient d’empêcher la passe après contact, ces derniers cherchent aujourd’hui carrément à le faire exploser des mains du porteur de balle, afin de s’offrir un turnover à moindre frais.

Du bas vers le haut

L’amusant, dans l’histoire ? C’est qu’on aperçoit souvent des trois-quarts voler des munitions au « gros bras » de devant venus explorer leur zones. « Peut-être que les avants sont moins méfiants lorsqu’ils viennent charger sur les trois-quarts. Mais je crois surtout que les techniques d’arrachage sont de plus en plus au point. Avant, on conseillait aux joueurs un mouvement du haut vers le bas. Mais aujourd’hui, on arrache plutôt du bas vers le haut, notamment, du fait de cette règle qui veut qu’il n’y a pas d’en-avant sur les arrachages. » De quoi faire « gicler » les ballons et les récupérer d’autant plus facilement au rebond.

Nicolas Zanardi
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?