E.S Montignac: Gardien de la bonne étoile

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    E.S Montignac: Gardien de la bonne étoile
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Président, joueur et capitaine, Pierre Dugay vit dans son club une aventure intense et noble qui relie les hommes. L’histoire est admirable.

Sans une dénonciation qui nous a réjouit, comment aurions nous pu savoir qu’en Dordogne, à Montignac, village de 2000 âmes niché entre Sarlat et Brive, le rugby vivait discrètement une belle histoire. Là où la grotte de Lascaux donne à réfléchir sur l’origine de l’homme, il ne pouvait s’agir que d’une aventure humaine. Elle est à peine croyable. Il y a plus de vingt ans que Pierre Dugay appartient à l’Étoile Sportive, elle est sa deuxième famille. Mais il y a dix ans, l’astre allait s’éteindre dans le ciel bas de la Quatrième Série. Sur la terrasse de sa demeure, en sirotant une bière entre amis, Pierre et ses copains se sont lancé le défi de rallumer la flamme. Il fallait un président, il enfila le costume partagé avec un autre joueur, Stéphane Noble. La suite est savoureuse. Président et joueur, Pierre Dugay a soulevé quatre boucliers territoriaux, ceux de Quatrième, Troisième, Deuxième et Première Série. « Au bout de cinq saisons, en faisant toujours revenir des copains partis sous d’autres cieux, nous avons atteint l’Honneur que le club n’avait jamais connue. En 2015, nous avons perdu à la dernière minute contre Boulogne-Billancourt, 200 000 habitants, pour l’accession à la Fédérale 3. Le village a été secoué, ce sont des souvenirs qui resteront gravés. » Cela fait quatre ans que Pierre Dugay est seul à la présidence, toujours joueur à 42 ans en deuxième ligne… et capitaine de l’ESM. Son niveau d’engagement se mesure aux sacrifices qu’il consent en parcourant deux fois par semaines les 300 km aller-retour qui le séparent d’Angoulême où il occupe la fonction de responsable de site industriel. « Je veux vivre à fond cette fin de saison auprès de mes amis, se justifie-t-il. Il faut maintenant penser à raccrocher. Se confronter à des jeunes gaillards et bien préparés ça use. »

Père et fils associés

Et sur le thème de la gestion des responsabilités de président et de la relation conjointe avec ses coéquipiers, Pierre Dugay s’enflamme : « Président c’était une demande, mais cela devient vite une vocation. On ne peut pas assumer cette fonction à contrecœur. Je crois qu’il faut rester simple et humble. Au club ils m’ont toujours vu coiffé de cette double casquette, c’est une relation de confiance. Mais c’est surtout l’affectif qui prédomine, les joueurs savent que je les aime. Le président n’est rien sans les dirigeants et les bénévoles qui me suivent corps et âmes. On peut avoir les meilleurs joueurs du monde, sans eux le club ne serait plus là. » Son budget de 110 000 € ne permet pas de folie à l’ESM qui vise le maintien afin d’offrir aux jeunes qui pointent leur nez un débouché intéressant. Donner sa chance à chacun est une philosophie partagée par les entraîneurs Olivier Goni et Christophe Carmesa (Cartouche). « Deux supers bons types qui ont pris leur travail à cœur », juge le président. Et sur le terrain, des éléments comme le centre Renaud Caillou ou le deuxième ligne Arnaud Passerieux apportent beaucoup au collectif. Il n’empêche que Pierre Dugay, fataliste, assiste au « dépérissement du rugby des villages ». Cependant, la belle histoire dont nous vous parlions aura un épilogue réjouissant. Il avait promis à son fils Thibault, 18 ans deuxième ligne comme papa, de poursuivre sa carrière pour jouer une saison à ses côtés. Promesse tenue : « je vis aujourd’hui ce rêve, c’est un régal. » Le rugby de Montignac veut garder la tête dans les étoiles.

 

Par Gérard Piffeteau 

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