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Compétitions

Sur l'autoroute de l'or ?

Le président de la FFR Bernard Laporte a officiellement lancé jeudi la candidature de la France à l’organisation de la Coupe du monde 2023. Si le défi est immense, les enjeux financiers le sont encore plus. Mais c’est justement sur ce terrain-là que la France peut faire la différence…

La barge plantée sur les bords de Seine n’a pas coulé sous le poids des sélections. Pour promouvoir sa candidature à l’organisation du Mondial 2023, la FFR, version Bernard Laporte, avait pourtant réuni un XV des anciens internationaux, sélectionnés par Pascal Papé et Fabrice Estbanez, désormais tous les deux vice-présidents de la FFR. En vrac : Chabal, Michalak, Mesnel, Merle, Joinel, Milloud, Bonnaire, Szarzewski et tant d’autres. Tous ont porté haut les couleurs de France 2023. Mais de sport, il n’en a pas franchement été question. L’organisation d’une Coupe du monde, c’est d’abord une histoire de gros sous. Et pour cause. La philanthropie n’est pas la doctrine première de World Rugby, quand bien même l’institution claironne que sur les 94 % de ses recettes qui proviennent des Coupes du monde, elle en reverse ensuite 85 % pendant quatre ans à toutes les fédérations nationales. « Le coût d’une Coupe du monde, c’est 300 millions d’euros, explique Claude Atcher, le directeur de la candidature française. Il y a 135 millions d’euros de redevance à verser à World Rugby et environ 150 millions d’euros de frais d’organisation. » Rien que ça.

 

Atouts économiques

Mais pour le coup, quand bien même Bernard Laporte, Serge Simon ou Claude Atcher ne cessent d’affirmer que le retard est grand sur la candidature irlandaise comme pour mieux souligner l’inertie de l’équipe fédérale précédente, la candidature française possède tous les atouts économiques pour décrocher le pompon. « On a lancé une étude billetterie pour un minimum de 300 millions d’euros de recettes, explique Claude Atcher. Avec des prix élevés pour les 18 affiches de prestige - qui représentent 72 % des recettes de la compétition - et des prix attrayants pour les matchs moins attractifs. On va aussi racheter le programme hospitalités, soit un chiffre d’affaires d’au minimum 150 millions d’euros, et le programme marketing, soit environ 30 millions d’euros. Nous sommes donc potentiellement à 500 millions d’euros de recettes. Donc, au minimum, 200 millions d’euros de bénéfices alors que World Rugby n’en réclame que 130. »

À World Rugby, on garde aussi le souvenir ému d’un Mondial 2007 très rémunérateur. Alors quand la candidature française avance trois millions de billets en vente contre deux pour la candidature celte grâce aux stades de l’Euro 2016 et des bénéfices estimés à 200 millions d’euros, les arguments pèsent. Mais le défi économique le plus urgent va glisser dans les prochaines semaines sur le terrain politique. La RWC réclame une garantie étatique de 145 millions d’euros. La candidature irlandaise l’a déjà reçue. « Nous avons rendez-vous au Ministère de l’économie et du budget le 28 février, annonce Claude Atcher. Je ne vois pas pour quelle raison l’État pourrait nous refuser cette garantie alors qu’il vient de l’accorder pour Paris 2024 sur une somme bien supérieure. » On parle d’un milliard d’euros. Le Président de la République François Hollande, qui déjeunera à Marcoussis le 7 mars avec Bernard Laporte et le XV de France, aura peut-être son mot à dire. 

Arnaud Beurdeley
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