[DOSSIER XV DE FRANCE] La France est-elle riche ?

Le rugby français est-il riche en joueurs à fort potentiel ? Si certains postes sont abondamment représentés, d’autres laissent filtrer toute la fragilité de notre rugby.

Les cadres de l’équipe de France, ceux qui comptent le plus grand nombre de sélections et sur lesquels Guy Novès s’appuie se nomment aujourd’hui Guilhem Guirado, Louis Picamoles, Yoann Maestri ou Wesley Fofana. Combien seraient titulaires chez les All Blacks ? Dans une moindre mesure, qui nous envient les Anglais ? Voire les Irlandais ? Sur cette relativité, on juge réellement de la grandeur d’un collectif et de la richesse d’une génération à l’échelle mondiale. Et celle qui conduit aujourd’hui le XV de France pose questions tant elle semble pouvoir, au mieux, rivaliser. Élu (logiquement) homme du match en Angleterre, la semaine dernière, après une performance physique hors-norme, Picamoles compte à son poste, dans l’hémisphère Sud, des clients du calibre de Kieran Read, Duane Vermeulen ou Facunda Isa, meilleur pumas en activité. Ces trois nations (Nouvelle-Zélande, Afrique du sud et Argentine) nous envient-elles Picamoles ? Pas sûr. À l’échelle continentale, ses concurrents se nomment Billy Vunipola (Angleterre), Jamie Heaslip (Irlande) ou Toby Faletau (Galles). De quoi mieux juger de la suprématie de « King Louis », aussi irréprochable soit-il en ce moment.

L’exception Fofana

Question générationnelle ou problème structurel ? À voir. Une évidence, déjà : la France ne semble plus comporter de joueurs majeurs sur la planète rugby. Plus aucun de ses joyaux nationaux ne supporte ce statut à l’international en dehors d’une exception, peut-être : Wesley Fofana. Le Clermontois a la dimension physique pour prétendre à dominer son poste au-delà de nos frontières. « Le meilleur centre de France, et certainement plus », dit de lui son entraîneur à Clermont, Franck Azéma. « Un des joueurs les plus durs à plaquer que j’ai croisé », relance Conrad Smith, parmi les références ultimes du poste. « Venant de lui, je prends le compliment avec plaisir. Conrad, c’est un modèle », avait alors réagi le Clermontois. Sans trouver (encore) la justesse de son aîné All black, Fofana s’est rapproché de ce qui se fait de mieux au monde à son poste, en même temps qu’il a gagné en qualité technique et stratégique. Mais s’il fallait établir, demain, un XV mondial, le Clermontois serait isolé.

C’était mieux avant…

Le constat est d’autant plus inquiétant qu’il n’a pas toujours été valable. De tout temps, la France a comporté dans ses rangs quelques joueurs d’exception, que la planète nous enviait. Olivier Magne était la cible systématique de tous les adversaires, pour son rayonnement hors-norme sur le terrain. Les 118 sélections de Fabien Pelous en ont fait, en son temps, l’égal de John Eales puis Martin Johnson. Avant eux, les Dintrans et Dubroca se partageaient, en équipe de France, une place qu’ils auraient pu occuper dans toutes les équipes de monde. Serge Blanco reste une icône à l’international. Alors, c’était mieux avant ? Peut-être, oui. Surtout, la France a raté le virage du professionnalisme. Depuis le début des années 2000, son rugby et sa formation sont en réaction sur ce qui se fait ailleurs, jamais en anticipation. Si bien que l’on regarde le modèle anglais avec tout le respect qu’on lui refusait voici vingt ans. En attendant, Guy Novès fait au mieux avec les hommes à disposition. Sans toujours bénéficier d’un réservoir digne d’une grande nation du rugby. Y compris sur les postes clés de la colonne vertébrale.

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Commentaires

OUI.Quand nous payons des joueurs de 7 et pas bons Franchement nous jetons l'argent par les fenêtres depuis le début du 6 nations,je paye ni le 7,ni le 15 Ont se fait CH..Novés ni pire,ni mieux que PSA C'est Pareil..Rugbyrama nous coûte cher