[DOSSIER XV DE FRANCE] Chez les avants...

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La France est-elle bien representée au poste d'avants, notamment parmi les talonneurs et les troisième ligne ? Décryptage.

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L'avenir appartient au « club des cinq »

Ils s’appellent Fourcade (19 ans, Grenoble) et Dufour (19 ans, Agen), les tauliers des moins de 20 ans tricolores. Ils se nomment Jammes (22 ans, Grenoble), Marchand (21 ans, Toulouse) ou Lespiaucq-Brette (21 ans, Pau), déjà engagés dans les joutes du Top 14. Avec les internationaux, Christopher Tolofua (23 ans) et Camille Chat (21 ans), tous portent l’avenir tricolore au poste de talonneur. En attendant les Bleuets, ce « club des cinq » est une menace, à plus ou moins long terme, pour le capitaine Guilhem Guirado. La preuve d’un réservoir riche et profond, avec des éléments ambitieux, évoluant régulièrement en Top 14. Ils s’aguerrissent et, pour certains, devraient très vite devenir des postulants crédibles, concurrents directs des Maynadier (Bordeaux) et Bonfils (Stade français), convoqués ces derniers temps. Tolofua et Chat (blessé) ont déjà goûté au XV de France, et devraient être opposés dans un rôle de doublure de luxe du Toulonnais. Les plus jeunes attendront, portant des profils différents : Marchand paraît le plus complet, Jammes le plus véloce et Lespiaucq le plus précis au lancer. Des trésors pour l’avenir des Bleus. 2019 paraît trop près pour eux si l’on considère la maturation au poste : Guirado a gagné ses galons de titulaires sur le tard, après avoir été la doublure de Servat et de Szarzewski. Mais l’histoire prouve que le capitaine de fin de mandat des trois derniers sélectionneurs n’était pas celui de leurs débuts (Galthié en 2003 et Ibanez en 2007 pour Laporte ; Dusautoir en 2011 pour Lièvremont et en 2015 pour Saint-André). Ce ne sont donc pas ses galons de capitaine qui sauveront Guirado…

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Derrière Picamoles, c’est le désert

S’il y a un poste que notre formation a toujours bien pourvu, c’est en troisième ligne. Mais si la France ne manque pas de qualités et de postulants sur les ailes du paquet d’avants avec de vrais flankers (Lauret, Ouedraogo, Cros) ou des numéros 8 reconvertis (Gourdon, Goujon, Ollivon l’un des plus doués de sa génération), elle est moins riche au « couloir » ; derrière Picamoles ? Le néant. Le joueur de Northampton a fait le vide derrière lui. Aujourd’hui, le troisième ligne centre n’est plus seulement une « gare de triage », tel Cigagna, sa mission première est de faire avancer son équipe dans le trafic, autour de la mêlée et des zones d’affrontements. En France des gaillards comme Picamoles se comptent sur les doigts d’une main. Un constat qu’avait d’ailleurs déploré Philippe Saint-André qui avait tenté de faire naturaliser et rendre sélectionnable, le Néo-Zélandais d’origine samoane évoluant à Castres, Alex Tulou. Sans succès. Dans sa première partie de carrière internationale, « King Louis » a fait face à une forte concurrence (Harinordoquy, Bonnaire, Lakafia, Claassen ou Chouly), il est aujourd’hui le seul dans son registre.Il faudra attendre les Tauleigne (Bordeaux) ou Ollivon (Toulon) pour venir le chatouiller à l’avenir… En attendant, le staff des Bleus profite de sa maturité et, surtout, il croise les doigts pour qu’il ne se blesse pas.

Pierre-Laurent Gou
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