Clermont s'est fait peur

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    Clermont s'est fait peur
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Partis pour infliger une correction à Bayonne (29-0 à la pause), les Auvergnats ont offert à leurs adversaires les ballons pour revenir dans le match après la pause, au point de les priver du bonus jusqu'à la dernière action du match, et l'essai de Lapandry. 

LE MATCH

Étonnamment, ce match dont on pensait qu'il allait tourner au cavalier seul entre la lanterne rouge et l'équipe à qui la première place semblait promise (au vu de la victoire non bonifiée de La Rochelle) n'a pas tenu ses promesses. La faute en revient essentiellement aux Auvergnats un peu trop mis en confiance par le bonus offensif obtenu dès la 27e minute, par le biais d'une jolie inspiration d'Arthur Iturria ouvrant la voie de l'essai à Charlie Cassang. Ainsi, alors que le score était de 29-0 à la pause et que rien ne laissait présager une révolte bayonnaise, l'ASMCA a remis toute seule son adversaire dans le match. Une première perte de balle de Cancoriet conduisit ainsi Adrien Planté à offrir un essai de pénalité et une supériorité numérique aux Bayonnais, avant qu'un nouveau ballon intercepté d'Abendanon permette à Huete de marquer. Saisis par le doute, privés de leurs éléments d'expérience, les Jaunards virent non seulement les Basques les priver de bonus offensif, mais surtout les regarder dans le blanc des yeux. Le choix de Lapandry de tenter la pénalité à 29-20 était à ce titre suffisamment éloquent... Regagné le temps d'une minute après l'essai de Cancoriet, le bonus fut illico reperdu sur celui de Labouyrie. Et c'est alors qu'on s'imaginait que les Auvergnats allaient laisser un point en route que ces derniers, en bonne équipe, surent appuyer sur l'accélérateur dans les arrêts de jeu, Grosso envoyant pour son baptême son capitaine Lapandry dans l'en-but.

 

LE TOURNANT

On a longtemps imaginé qu'il n'y en aurait jamais, étant donné la tournure à sens unique de la première période. N'empêche qu'à 29-0, la suffisance des Clermontois faillit leur jouer un vilain tour ! Il fallut ainsi un ultime sursaut d'orgueil, et une pénalité piteusement tentée à la 70e par Stephen Brett sous les (timides) sifflets de Marcel-Michelin pour assurer une victoire qui était en train d'échapper aux Jaunards.

 

L'ACTION

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour y assister. Deux minutes à peine, le temps pour Damian Penaud de prendre un intervalle en première main entre Jané et le Bourhis, derrière une touche pourtant miraculeusement gagnée par Jarvis après un lancer trop haut d'Ulugia. Le jeune centre se permettait même de crocheter l'arrière bayonnais Martin Bustos Moyano et, plutôt que de se lancer à corps perdu dans un plongeon victorieux, choisissait d'offrir à son aîné Aurélien Rougerie l'honneur d'inscrire le premier essai du match. Un geste d'autant plus apprécié par le public de Michelin que particulièrement symbolique...

 

LE JOUEUR

Déjà plutôt inspiré et décisif à Bordeaux, Stephen Brett a prouvé à Marcel-Michelin qu'il n'avait pas le calibre d'une simple doublure... Dans un match certes rendu (trop) facile en première période par l'outrecuidante supériorité clermontois, le joker médical de Patricio Fernandez a rendu une prestation sobre et efficace. Naturellement à l'aise dans le système de jeu clermontois à l'influence néo-zélandaise non démentie, fort d'une vision du jeu au-dessus de la moyenne, Brett a distribué le jeu avec efficacité en première période (à l'image de son intervention décisive sur le premier essai de Cassang, ou sa précise passe au pied sur celui de Penaud). Également à l'aise face aux poteaux (un seul échec), l'ex-joueur des Crusaders a permis aux siens de ne laisser aucun point en route. Essentiel, au vu de leur deuxième mi-temps...

Nicolas Zanardi
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