L’effet James

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    L’effet James
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Déjà homme décisif lors de la victoire rochelaise à Toulon, Brock James a su réitérer sa performance de haut vol ce samedi, face au Stade Français. Magicien au pied, impérial dans l’animation, il a fait franchir un cap au Stade rochelais.

Lors du déplacement à Jean-Bouin, le 2 octobre dernier, l’ouvreur australien de 35 ans n’avait vraiment pas convaincu. Il avait perdu le fil de son jeu assez tôt dans la rencontre, n’arrivant jamais à trouver le tempo idéal. En clair, il avait déçu. Et ce match reflétait ses débuts avec le Stade rochelais qui n’avaient pas été si roses. Mais d’une incroyable modestie, ce joueur hors-norme qui a depuis recouvré l’étendue de son immense talent, n’en disconvenait pas samedi soir : « Il y a eu des moments frustrants que ce soit à l’entraînement ou pendant les matchs, quand je n’arrivais à rien passer au pied notamment. Je manquais de repères. Mais j’ai travaillé dur avec Xavier (Garbajosa, N.D.L.R.) pendant plusieurs heures et je crois que maintenant la roue a tourné. J’espère juste pouvoir continuer sur cette voie. » Qu’il se rassure, samedi, face à Paris, l’Australien, qui joue en France depuis maintenant presque douze ans, a revêtu son meilleur costume. Celui d’ouvreur d’exception. Tout ne date pas de samedi ? C’est vrai. Qui n’a en tête, cette pénalité à Mayol qu’il passe dans les dernières minutes de jeu et offre la victoire aux Rochelais ? Qui n’a en tête la fluidité de ses passes dans un Mayol réduit au silence, la justesse de ses choix ? Samedi, face à Paris, il a grandement confirmé, animant le jeu comme personne, alternant savamment le pied et la main, l’esquive et la passe, confirmant si besoin était l’étendue d’un bagage technique exceptionnel qui pousse aujourd’hui La Rochelle vers l’avant. « Bah, Zack n’était pas là, j’étais obligé d’être à 100 % …» ironisait l’ancien Clermontois au sortir de la rencontre, faisant référence à Zack Holmes, son alter ego à l’ouverture, qui, souvent, vient le seconder en fin de rencontre, quand le poids des ans se fait sentir. Mais Brock sait se ménager : il affirmait samedi à Cédric Heymans ne reprendre l’entraînement que le mercredi, histoire justement de convenablement récupérer. Et de fait, il fut à 100 % et pas uniquement dans le jeu au pied.

Un jeu au pied mais pas seulement

Son premier acte, qui situe assez l’influence de Brock sur le jeu de son équipe, a été de grande qualité. Un 100 % au pied, une vision de jeu admirable au service du collectif. C’est ce Brock James que le Stade Marcel Deflandre aime voir. Samedi, en plus du soleil qui rayonnait en Charente-Maritime, des applaudissements venaient saluer chaque touche que trouvait l’Australien. Des applaudissements qui en disaient long sur l’admiration que lui voue le public charentais. « Quand tu te relèves d’une mêlée et que tu vois une touche trouvée dans les 22 adverses, tu te dis… wouah », reconnaît impressionné le troisième ligne, Romain Sazy, à propos de la prestation de son ouvreur, avant de rajouter : « Tant que ça avance, nous on respire. » Et grâce à leur numéro 10, les Jaune et Noir ont en effet pu respirer. Roi dans le jeu au pied (22 points au total sur cette rencontre), on ne saurait pour autant limiter la qualité de ses performances à cette seule donnée, tellement ses services, sa vivacité gestuelle, sa capacité à « rentrer dans la balle », à fixer ses rivaux, à mettre les siens sur orbite, est admirable. Omniprésent samedi, c’est lui qui servit, à titre anecdotique, d’une passe millimétrée, Levanie Botia pour son essai à dix minutes de la fin. Il avait même réitéré cette performance quelques minutes plus tard avec Vincent Rattez, qui se voyait refuser un essai pour un hors-jeu de Victor Vito avant la transmission. Et si l’on ne saurait expliquer les progrès constants du Stade rochelais à son seul talent - ce serait faire injure à ses coéquipiers et au travail du staff - il n’en demeure pas moins vrai que Brock James, par son expérience et sa science du jeu, parvient à élever la qualité technique d’un groupe de joueurs surprenant de vivacité et de détermination. Un rouage dans la machine ? C’est ce qu’il prétend être. Mais quel rouage et quelle machine ! Partis comme ils sont les Rochelais n’ont pas fini d’inquiéter leurs rivaux. Avec un ouvreur qui a retrouvé la jeunesse de ses premières années clermontoises…

Par Jessica Fiscal

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