À l'heure de Boughanmi !

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    À l'heure de Boughanmi !
Publié le , mis à jour

Arrivé sur la pointe des pieds (et ce malgré ses quelques 125 kilos), Mohamed Boughanmi découvre jour après jour le XV de France. Et s'il a été absent des deux premières feuilles de match (contre l'Angleterre et l’Écosse), le droitier rochelais sait que son heure viendra...

Il ne fait pas partie de la liste Élite, d'ailleurs il reste l'un des joueurs les plus méconnus du Top14. Pourtant, après avoir arpenté les stades de Fédérale 1 (avec Bobigny), de ProD2 (avec Béziers) et découvert le Top14 (avec le RCT puis le Stade rochelais) seulement la saison passée, Mohamed Boughanmi est la sensation du début de saison. A 25 ans, ce pilier droit, solide en mêlée et qui ne donne pas sa part au chien quand il s'agit d'aller au combat a donc fait ses premiers pas en équipe de France. Son ressenti ? « Il y a un très bon groupe et les entraînements se passent très bien ! J'essaye de m'intégrer et de bien regarder les stratégies mises en place par le coach. ». Pourtant, il y a moins d'un an, les louanges et l'équipe de France étaient bien loin de l'esprit du Rochelais. Dans une impasse, à la suite d'un passage infructueux du côté de Toulon (seulement six matchs, pour une seule titularisation), Mohamed Boughanmi avait comme priorité de poursuivre le rugby professionnel. « Honnêtement je n'aurais jamais cru être un jour appelé en équipe de France. Je pensais déjà à trouver un club, par chance ça a été La Rochelle, mais dans ma tête je ne m'étais jamais dit qu'en si peu de temps je serais avec le XV de France. Pour moi c'est fort. A Toulon je ne jouais pas suffisamment, mais maintenant c'est du passé ! Cette saison j'ai un coach (N.D.L.R. Patrice Collazo) qui me fait entièrement confiance, j'enchaîne les matchs donc pour moi ce n'est que du positif. » A-t-il cru que le rêve toulonnais se transformerait en cauchemar et pourrait mettre un terme à sa jeune carrière ? Jamais ! Le droitier maritime se veut épicurien et préfère voir le verre à moitié plein. « Il ne fallait juste pas que je perde espoir. Je suis encore jeune et ce n'était pas le moment de lâcher. J'ai pu avoir du temps de jeu en rejoignant La Rochelle et montrer que j'étais capable d'enchaîner les bons matchs. […] Je me suis posé des questions de temps en temps, mais j'ai surtout compté sur mes proches. Ils m'ont remonté le moral, m'ont dit que ce n'était pas grave, que je devais me donner les moyens, ne rien lâcher et que ça payerait. Je les ai écouté et aujourd'hui je suis en équipe de France et c'est le début d'une aventure. »

« Je regarde, j'apprends et quand ce sera mon tour, feu ! »

Pourtant si tout semble aller pour le mieux, l'idylle ne sera parfait qu'au moment où il défendra pour la première fois le maillot frappé du coq. « Je m'entraîne correctement, maintenant je pense qu'il faut être patient. Il y a de bons joueurs et j'attendrai mon tour, comme tout le monde. En attendant j'écoute les consignes des entraîneurs. Mais je suis prêt et le jour où on fera appel à moi, où je serai sur la feuille de match, je donnerai tout. » Dans une hiérarchie établie où Rabah Slimani et Uini Atonio se partagent les rôles principaux, Mohamed Boughanmi observe et préfère relativiser, persuadé que son heure viendra. « Je me dis qu'il faut que je sois prêt pour le jour où je serais appelé ou convoqué. Pour l'instant tout se passe bien, les entraînements se déroulent bien. J'essaye d'apprendre les systèmes de jeu, car ils sont nombreux. Je regarde, j'apprends et quand ce sera mon tour, feu ! » En attendant sa première sélection, le joueur passé par les équipes de jeunes du Stade français tente de se frayer un chemin dans la vie de groupe du collectif tricolore. « Je suis assez réservé, mais quand il faut rigoler je suis le premier ! Nous avons un bon groupe, je pense qu'on a appris à se connaître et c'est vraiment sympa. » Rabelais disait « tout vient à point à qui sait attendre », Mohamed Boughanmi attendra donc l'heure où Guy Novès fera appel à ses services pour prouver aux yeux du public qu'en travaillant, on arrive toujours à rêver plus grand.

 

Par Pierrick Ilic-Ruffinatti, à Nice

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