[Technique] : Jeremy Davidson : «les avants déferlent en vagues»

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    [Technique] : Jeremy Davidson : «les avants déferlent en vagues»
Publié le , mis à jour

Le co-entraîneur d'Aurillac décortique l'animation à l'irlandaise.

Quel regard portez-vous sur cet essai de Earls ?

Il illustre parfaitement l’animation offensive irlandaise et, surtout, leur volonté perpétuelle d’attaquer. Ça, c’est dans leur ADN. Cela signifie qu’il y a toujours des options autour de Murray, le demi de mêlée, et de Jackson, l’ouvreur. Il illustre aussi bien cette faim de ballons qu’ont les avants irlandais. Ces derniers passent beaucoup de temps en attaque, et se montrent un maximum disponibles dans le jeu courant pour défier et nettoyer rapidement afin de conserver la dynamique. L’Irlande n’a jamais eu autant de bons porteurs de ballons, avec O’Brien, Heaslip, Stander, Furlong, McGrath… Ils ont intégré ce plan de jeu qui repose sur le fait qu’ils doivent être en mesure d’attaquer le plus souvent possible, pour mettre la machine en marche et prendre le temps d’user la défense. Enfin, il faut préciser qu’une bonne partie de cette animation repose sur l’analyse fine de l’adversaire : même si les Irlandais gardent des initiatives, tout ce qu’ils font a été planifié en fonction de faiblesses vues chez l’adversaire. La course de Zebo, qui file petit côté après la mêlée parce que Gori a l’habitude de venir à l’intérieur de son 10 le montre bien.

Comment attaquent-ils, au juste ?

On a pu observer un changement dans leur façon d’attaquer. Avant, ils tentaient beaucoup d’off-loads, parfois trop. Depuis quelque temps, ils attaquent de façon simple, plutôt sûre, mais très rigoureuse. Leur secret aussi, c’est d’être patients. Ils ne font rien d’exceptionnel, mais leurs avants naviguent, se replacent, et attaquent sans cesse autour du 9 ou du 10, et déferlent en vagues pour user l’adversaire jusqu’à ce que celui-ci concède des surnombres au large, ou des intervalles autour du 10.

Les Irlandais gardent néanmoins souvent la possibilité d’écarter le jeu en plaçant un trois-quarts en queue de cellule…

Tout à fait, car les porteurs prioritaires des Irlandais sont capables, au dernier moment, de se retourner pour servir le trois-quarts qui lancera le jeu dans leur dos. Stander, O’Brien ou Heaslip sont capables de rentrer comme des brutes et faire des petits tas comme de passer. Cela illustre bien ce mélange de pragmatisme, qui vise à avancer et à user la défense, ou de folie en la contournant. L’animation des Irlandais permet de passer d’un mode à un autre en un clin d’œil.

On a également vu plusieurs fois Jackson servir un joueur placé à son intérieur, avant d’écarter subitement sur la dernière séquence…

L’important, c’est que Jackson doit avoir des options autour de lui : des ailiers, des troisième ligne. Sans eux, il devient lisible. C’est grâce à cette présence que les défenseurs sont ralentis, ou qu’ils laissent des intervalles en bout de ligne.

Comment détermine-t-on une animation offensive ?

En fonction du jeu que l’on pense être le meilleur pour l’effectif, celui dans lequel il sera le plus efficace. L’Irlande n’a que très rarement eu une telle abondance de porteurs de balle dans son équipe. Il serait dommage de se priver des qualités de joueurs comme O’Brien et Stander… Avec des joueurs comme ça, l’Irlande s’épanouit dans ce jeu basé sur la conservation et la patience. 

Simon Valzer
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