Les vertus de la défaite

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La défaite de Pierre Camou, associée à la mise en place de la nouvelle gouvernance, ont dopé le comité francilien

Jeudi soir, Jean-Louis Boujon s’est rendu à Montreuil auprès des jeunes du club pour une opération contre le racisme. L’un des seniors de Montreuil avait été odieusement insulté par un adversaire lors d’un match à l’Isle-Adam au début du mois de février - « sale Bougnoule » entre autres amabilités - et l’affaire a fait du bruit. Le président du comité d’Ile-de-France, qui n’est pas forcément le plus grand adepte des déplacements de proximité de tous ceux que les clubs franciliens ont élus, est allé assurer, les licenciés de Montreuil, du soutien total du comité, et de son entière intolérance envers tous les comportements frelatés. Dès vendredi matin, son déplacement était relaté sur le site internet du comité d’Ile-de-France. « C’est bien. J’apprécie qu’il soit venu voir les joueurs. Celui qui a été insulté l’a très mal vécu », a apprécié Olivier Charles, le président de Montreuil, qui n’est pas forcément un admirateur de Boujon. En Seine-Saint-Denis, il est l’un des nombreux soutiens de Jean-Pierre Guinoiseau, le président du comité départemental, membre du comité directeur fédéral, élu sur la liste de Bernard Laporte. Ce remerciement d’un « Laportien » au « Camousien » est une petite illustration de la vitalité que la défaite de Pierre Camou à l’élection fédérale a fait souffler sur le comité francilien.

Grill a vu tous les clubs

La première vertu de la débâcle électorale est d’avoir ramené, dans le giron régional francilien, son président Jean-Louis Boujon et son vice-président Florian Grill, l’artisan de la géolocalisation, et instigateur, avec Daniel Domergue, l’ancien président des Boucles-de-la-Marne, du rugby à 5. Sous Camou, tous les deux étaient devenus assez accaparés par leurs activités fédérales. La victoire de Laporte les a libérés. Florian Grill n’aurait pas rencontré l’ensemble des clubs franciliens s’il avait été nommé au poste de secrétaire général de la Fédération, comme il était pressenti. Il a organisé quatre grandes réunions pendant un mois. Selon son décompte, 80 % des clubs franciliens sont venus. « On a échangé sur tous les sujets lors de ces « États Généraux » du rugby, explique-t-il. Entre trente et quarante problématiques à régler ont émergé. Certaines relèvent de la politique fédérale. Les autres seront étudiées pour leur trouver des solutions d’ici l’assemblée générale, et les clubs les voteront. » « Je crois que la dynamique de Laporte leur a ouvert les yeux et qu’ils ont besoin de se rapprocher des clubs », avançait un président de club politiquement neutre. « Nous sommes aussi portés par l’application de la nouvelle gouvernance », rajoute Florian Grill. Avec ce comité exécutif réduit à vingt personnes, l’impossibilité de cumuler des mandats départementaux et régionaux - Peter Macnaughton a lâché la présidence du comité de Paris pour organiser le lien entre tous les comités départementaux - et la responsabilisation accrue des présidents de commission, le comité Ile-de-France a accéléré sa marche de façon assez sensible. « Notre volonté est d’être un laboratoire national, a commenté Boujon. La défaite aux élections fédérales a sans doute renforcé notre volonté d’application de ce principe. » Une mesure à l’étude en ce moment : la possibilité laissée aux clubs d’organiser à leur guise leurs matchs dans les jeunes catégories, le samedi ou le dimanche, pour limiter la déperdition des effectifs. Ce qui supposera une capacité d’adaptation rapide de toute la « chaîne compétition », depuis la nomination des arbitres jusqu’aux dirigeants des clubs, qui devront négocier avec leurs municipalités. Le plus grand comité de France est en ébullition.

Par Guillaume Cyprien

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