Kotze : « Les Bleus ? Un objectif lointain »

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    Kotze : « Les Bleus ? Un objectif lointain »
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Son départ de Clermont, son intégration à castres, le souvenir de son expérience en bleu : le Sud-Africain se confie sur son actualité et sur ses ambitions.

Castres est sur la bonne voie pour les phases finales. La victoire à Bordeaux a dû agir comme un déclic pour la confiance…

L’équipe est en progression et est plus soudée qu’au début de la saison. Mais le tout reste fragile. Puis, ce n’est pas la confiance qui fait gagner des matchs mais le travail et l’investissement. L’objectif est clair: une place dans le top 4. Mais au regard de la concurrence, il faut continuer à l’aborder avec humilité.

 

Dans quel état d’esprit abordez-vous les retrouvailles avec votre ancien club ?

Je les vois avant tout comme un gros défi pour mon club actuel. L’état d’esprit est proche de celui que j’avais quand le Leinster est venu en Coupe d’Europe : je sais que c’est une des toutes meilleures équipes du moment, capable de gagner partout.L’enjeu est très important et la concentration maximale.

 

Et la part d’affectif, dans tout ça ?

Clermont reste une part considérable de ma vie.Je suis parti en très bons termes de ce club et j’y ai parmi les meilleurs souvenirs de ma carrière.

 

Lesquels vous ont le plus marqués ?

Il y en a tellement sur les cinq ans. Je me souviens de notre victoire aux Saracens en quart de Coupe d’Europe (3-22, le 8 avril2012). C’était une super expérience. Imaginez que, l’année précédente, j’étais en Pro D2 et, d’un seul coup, je me retrouvais si proche du sommet européen. Il y a aussi le match contre Montpellier (36-14, le 6 avril2013), également en quart de Coupe d’Europe. « Dato » (Zirakashvili) avait été malade et j’avais débuté.

 

Pourquoi avez-vous décidé de quitter Clermont l’an passé ?

Ce n’était pas une décision facile à prendre car ce choix impliquait tellement de changements. J’étais très bien à Clermont, en plus.J’avais connu un cap difficile mais j’étais bien revenu et je jouais régulièrement. Reste que je ressentais le besoin de changer de système pour progresser. C’était le bon moment pour tenter autre chose. Je n’ai aucun regret. J’ai fini sur une bonne note à Clermont et j’étais content que de nouveaux défis s’ouvrent à moi. C’était le bon choix. Je crois m’être amélioré. Tourner la page a été dur, tout a été chamboulé dans ma vie mais je suis bien installé et intégré maintenant.

 

Quelle avait été la réaction des dirigeants clermontois ?

Ils avaient essayé de me retenir. Il y avait une proposition sur la table. Rester à Clermont était une option mais j’ai choisi une autre voie.

 

Comment jugez-vous votre première saison castraise, sur le plan personnel ?

Il y a eu quelques matchs moins aboutis en milieu de saison mais, dans l’ensemble, je suis content. ça va crescendo et, physiquement, je me sens en pleine forme actuellement.

 

A 29 ans, vous approchez du prétendu stade de la maturité pour un pilier.Le ressentez-vous ainsi ?

Ce qui est sûr, c’est que l’expérience s’accumule au fil des ans. à 30 ans, surtout, tu écoutes davantage. à 20 ans, tu es sur la force brute et tu ne prends pas en compte les conseils. àCastres, j’ai d’ailleurs découvert en Christophe Urios un bon meneur d’hommes, soucieux du détail mais qui te laisse tout de même de l’autonomie.

 

Quelle place occupe, dans votre carrière, votre sélection avec les Bleus en Argentine en 2013?

C’était une opportunité énorme et ça restera un souvenir inoubliable. Je suis content d’avoir connu ce privilège même si tout ne s’est pas bien passé sur le moment. Au moins, cette expérience m’a fait grandir et elle m’accompagne depuis.

 

Est-elle arrivée trop tôt ?

Ce match n’a pas été une réussite, c’est vrai. Mais tu ne sais jamais quand tu es prêt. Alors, il fallait tenter le coup. J’avais été blessé juste avant et j’avais manqué les phases finales avec Clermont.Ce n’est pas une excuse mais disons que ça n’a pas aidé.

 

Le XV de France reste-t-il un but ?

Oui, c’est encore une possibilité mais c’est un objectif encore loin, second. Mon principal but, à l’heure actuelle, est d’améliorer mon niveau de jeu, d’être encore plus constant… Ensuite, si le sélectionneur pense que j’ai toutes les qualités, j’irai avec plaisir.

 

Quelle est votre vie à Castres, en dehors des terrains, vous l’amoureux de la nature?

Venant d’un petit coin en Afrique du Sud, la ville me plaît. Il y a de beaux endroits pour faire du VTT et c’est moins nivelé qu’en Auvergne. Il y a plus de céréales que de vaches mais j’ai tout de même visité quelques fermes dans les alentours. C’est dans mon ADN. En parallèle, j’ai d’ailleurs un projet d’élevage en Afrique du Sud que je gère à distance avec mon père, qui est vétérinaire.Cela entretient la relation et ça me permet de préparer l’avenir. 

Vincent Bissonnet
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