La grande crise italienne ?

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    La grande crise italienne ?
Publié le , mis à jour

Le bilan du rugby italien à ce jour est proprement catastrophique. Mauvais résultats de l'équipe nationale et des provinces, difficulté à attirer et à former les jeunes, l'Italie connaît une crise importante. Décryptage.

Le rugby italien vit en plein paradoxe. Moribond sportivement avec des résultats catastrophiques de ses deux représentants en Ligue Celte (Les Zebre et Trévise sont respectivement derniers et avant derniers), l’Italie n’est même plus sauvée par sa sélection nationale, la Squadra azzurra, en lice pour sa deuxième cuillère de bois dans le Tournoi des 6 Nations. À l’automne après un vrai exploit face aux Springboks (20-18), Sergio Parisse et ses partenaires chutaient face aux modestes Tonguiens (17-19). L’Italie pointe au dernier classement World Rugby à la 14e place derrière la Géorgie (12e) que certains voudraient voir prendre sa place dans le Tournoi des 6 Nations. Et pourtant, économiquement, les Transalpins pèsent lourd. Très lourd. Derrière les mastodontes que sont la France et l’Angleterre, ils sont le troisième marché économique européen. La FIR (fédération italienne) a su très bien capitaliser l’engouement populaire né à la fin des années 1990. Si, sur la pelouse, les Italiens ont débuté ces 6 Nations par deux roustes face aux Gallois (7-33), puis aux Irlandais (10-63), ils réussissaient à faire mieux en tribunes (avec une moyenne de 45 000 personnes sur les deux rencontres) que le football malgré un derby Lazio — Roma en demi-finale de la Coupe d’Italie. Ce choc historique a tout juste dépassé les 25 000 entrées payantes. Des matchs de rugby qui connaissent une certaine croissance en nombre de téléspectateurs. La chaîne DMax (groupe Discovery Channel), se frotte les mains d’avoir déboursé 14 millions d’euros par an pour diffuser des rencontres suivies par 1 million de personnes.

 

Une situation paradoxale

Financièrement aussi, la FIR est l’une des rares Fédérations de sports collectifs à pouvoir parler avec son homologue du ballon rond qui pourtant totalise quatre titres de champions de monde dont le dernier en 2006. Avec 45 millions de budget pour le rugby, contre 153 pour le football en 2016, la FIR est la deuxième Fédération la plus puissante, bien loin devant le basket ou le handball. D’ailleurs, si les deux franchises du Pro 12, les Zebre de Parme et le Benetton Trévise, sont des entités privées, elles ne refusent pas la redevance de près de 4 millions d’euros que lui offre la FIR. Le défi pour l’Italie est donc de convertir le « phénomène rugby » en un vrai sport populaire largement pratiqué. Pour l’instant avec 87 373 licenciés, le ballon ovale est loin des 1,5 million de pratiquants du ballon rond. En réalité, le problème relève d’un choix quasi philosophique fait par les Italiens, qui n’ont accepté le professionnalisme qu’à contre cœur.

Pierre-Laurent Gou
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