Un modèle à bout de souffle

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    Un modèle à bout de souffle
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Le système tout fédéral italien peut-il continuer après une telle accumulation d’echecs sportifs ? Les clubs historiques peuvent-ils retrouver le pouvoir ?

À priori, l’Italie restera dans le Tournoi pour au moins dix ans, le Comité des Six Nations a fermé la porte à un éventuel remplacement ou à un éventuel barrage contre la Géorgie. Mais le rugby italien pourra-t-il continuer comme ça ou devra-t-il changer son organisation et ses structures pour trouver un autre chemin vers le haut niveau ? Dans la péninsule, le débat tourne autour d’un retour en force des clubs, au détriment du système actuel, dominé par la Fédération qui retire très tôt les espoirs des clubs pour les faire travailler dans des académies. Marzio Innocenti, président du Comité de Vénétie et principal opposant au président Alfredo Gavazzi déclare : « Nous sommes dans l’incapacité d’exploiter l’argent généré par la participation au Tournoi. Les raisons : des structures qui ne sont pas adéquates. Elles nous empêchent de progresser en termes de formation. On a essayé d’y remédier par les Académies, mais c’est dérisoire, car ceci ne fait que désagréger le système des clubs. Ce qu’on appelle professionnalisme en Italie, la Ligue Celte, ce n’est qu’un élément artificiel alimenté par le soutien fédéral. » Les négociations pour la prolongation du séjour des franchises en Ligue Celte pour la période 2018-2010 vont bientôt commencer. Innocenti voudrait proposer de remplacer le Benetton Trévise par les Dogi, une franchise créée et gérée par la province de la Vénétie, la plus riche en talents du pays. Benetton retrouverait alors le championnat national. Selon lui, la réunion des meilleurs clubs vénitiens créerait une dynamique bien différente de celle qu’essaie de générer la seule fédération. Chaque club historique serait une sorte d’académie en soi et alimenterait l’équipe : « On ne peut pas continuer comme ça, il faut à tout prix donner un sens aux efforts des clubs. »

 

Retour d’une Ligue ?

Innocenti aimerait aussi ressusciter une Ligue en bonne et due forme plus à même de coiffer le rugby professionnel : « Elle comprendrait aussi les deux franchises de la Ligue Celte. Le retour de Benetton Trévise dans ce contexte national, avec les Dogi en Pro 12, élèverait le niveau de la compétition domestique. » Le plus étonnant, c’est que dans ces dernières interventions, le président Alfredo Gavazzi n’a pas fermé la porte à une telle évolution : « Je considère favorablement la volonté des clubs de l’Eccellenza de constituer une Ligue qui puisse collaborer avec nous à l’organisation et à la promotion du championnat national. Nous sommes prêts à garantir notre soutien à cette association. » La FIR a de plus en plus de mal à défendre son bilan depuis qu’elle a pris le contrôle des équipes censées représenter le haut niveau, d’autant plus que les Zebre, création de toutes pièces de la FIR (à la différence de Trévise), connaîssent aussi des difficultés. La fédération garantit le salaire des joueurs, mais laisse la gestion quotidienne à une structure privée : un système mixte qui ne donne finalement rien de bon. Giancarlo Dondi, le prédécesseur de Gavazzi : « La vitesse avec laquelle cette gestion a explosé, me laisse penser qu’il faut des professionnels lorsqu’on dirige des réalités professionnelles, derrière le bureau aussi, et non seulement sur le terrain ».

 

Par Diego Antenozio avec Jérôme Prévôt

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