Quelles parades au « ruck fantôme » ?

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    Quelles parades au « ruck fantôme » ?
Publié le , mis à jour

Après son expérimentation à grande échelle par l’italie à twickenham, le « ruck fantôme » va obliger world rugby à légiférer dès la saison prochaine. mais d’ici là, les attaques devront bien s’adapter...

Honnêtement, en premier lieu, on a bien rigolé. Voir les Anglais se perdre plus d’une mi-temps dans la nasse tendue par les Italiens avait, en effet, quelque chose de jouissif. Pas question ici de ressentiment anti-anglais primaire, bien entendu. Simplement, on se demandait depuis quelques mois quand ce jour-là allait arriver. À savoir, quand une équipe allait se décider à utiliser, pendant 80 minutes, la stratégie du ruck fantôme…

Nouveauté ? Oh, sûrement pas. La preuve, c’est que les premiers papiers publiés ici sur ce mode de défense datent d’il y a environ deux ans, impulsés en Super Rugby par les Chiefs de Dave Rennie. Depuis, d’autres ont bien sûr emboîté le pas. On pense bien sûr aux Clermontois de Franck Azéma, qui s’en étaient servis lors des demi-finales à Rennes pour gêner le Racing 92 avant que le même point de règlement ne leur explose à la figure (sur l’interception de Kruger pour l’essai d’Imhoff), aux Australiens contre l’Irlande cet été, aux Toulousains depuis le début de la saison, avant que ceux-ci se fassent eux-mêmes piéger par les Wasps…

Une recette pas si innovante que cela donc, mais jusqu’ici utilisée avec parcimonie, principalement sur les coups d’envoi. Les Italiens ayant juste été les premiers à l’utiliser à l’excès, qui plus est face à l’Angleterre, dans son temple de Twickenham. Le genre d’impertinence qui prend immédiatement une grosse proportion médiatique, et appellera sans doute à des mesures rapides (lire la fiche pratique ci-contre), d’autant que celles-ci étaient déjà dans les tuyaux, ainsi que nous l’a confié Joël Jutge lundi dernier dans ces mêmes colonnes.

Le truc ? C’est que, toutes les saisons sont en cours. Impossible donc de modifier le règlement avant cet été…

 

La solution du «pick and go», mais pas seulement…

Autrement dit, en attendant, il faut bien s’adapter. À commencer par les adversaires de l’Italie (le  XV de France est bien placé pour en parler) mais pas seulement… La solution? Les Anglais l’ont trouvée en deuxième période. Puisque les possibilités de passe étaient limitées pour le relayeur et que celui-ci ne peut être chargé par la défense (en raison de la fameuse zone d’un mètre autour du ballon, où les défenseurs ne peuvent arriver que dans l’axe du ballon), les avants du XV de la Rose ont choisi de porter le ballon dans l’axe, bénéficiant de déblayages effectués très loin devant le ballon, lesquels ont ouvert des espaces. Bien joué? Of course... Sauf qu’après avoir vu ce piège éventé, les partisans du «ruck fantôme» ne manqueront pas à la longue de renforcer l’axe du plaquage avec plusieurs joueurs. de quoi contraindre l’attaque à se jeter dans la gueule du loup…

La contraindre ? Pas tout à fait, au juste.... Étant donné que le relayeur ne peut être chargé, la solution pourrait consister de demander à ce dernier d’user du jeu au pied dans la boîte, en imposant une pression bien organisée à la retombée, ou au moyen de passes au pied directes en cas d’espace dégarni. Une autre option pourrait, quant à elle, consister à demander aux avants de donner des options non pas d’un seul, mais des deux côtés du demi de mêlée, afin que celui-ci dispose toujours d’un choix valable. Enfin, la troisième solution pourrait consister pour ces derniers à travailler debout, de façon à créer au contact de la défense des ballons portés dans le jeu courant. Lesquels créeront naturellement des lignes de hors-jeu… 

Nicolas Zanardi
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