Alors on bascule ?

  • Alors on bascule ?
    Alors on bascule ?
Publié le

le XV de france doit s’imposer s’il veut terminer sur le podium et rester dans le bon chapeau du mondial 2019. il doit aussi prouver ses progrès et sa capacité à battre les meilleurs.

À quoi tient la performance et la gloire qui l’accompagne ? Souvent à rien, parfois à une touche gagnée en fin de match, face à l’Italie. Avec Le Roux en fond d’alignement, volleyeur vers Dupont. Puis Lopez, lancé pour fixer la défense et transmettre à Fickou. Puis Dulin vers Nakaitaci en bout de ligne et sans décalage. C’était samedi dernier, à Rome. Pour la naissance d’une des rares attaques en première main tricolores qui conduit à l’essai du bonus qui nous fait espérer un podium dans le Tournoi... La suite relève de l’exploit avec Naikataci pour casser trois plaquages, offrir un boulevard à Gourdon et Dulin, parfaitement évités par les défenseurs italiens. Ici se justifie le choix « Novèsien » de placer sur les ailes des éléments dominants. « Au plus haut niveau, il est déjà difficile d’amener le ballon en bout de ligne en situation de un-contre-un. Lorsque l’on y parvient, il faut alors être en capacité de gagner le duel et de marquer. » plaida le sélectionneur l’an dernier, à l’instant de justifier les titularisations des « franjiens » volants, Nakaitaci et Vakatawa. Une saison plus tard, rien n’a changé même si l’effet de surprise n’a plus court et que les Bleus cherchent encore à franchir le point de bascule qui les fera battre les meilleurs. Cette fois, contre le Pays de Galles qui nous avait tant fait souffrir l’an dernier dans les airs. Novès n’a rien oublié : « Nous avions alors touché du doigt nos faiblesses dans certains secteurs, notamment sur les ballons hauts où certains joueurs avaient été dominés. Je crois que nous avions quasiment perdus 90% des duels aériens... Pour autant, je n’oublie pas que nous étions parvenus à rivaliser physiquement jusqu’à leur poser quelques problèmes.»

« L'exigence est montée d’un cran »

En vain, le voyage dans le chaudron de Cardiff s’était soldé par une défaite (19-10) déjà construite sur le front de la générosité et du déchet. « Dans tous les matchs, il y a du déchet. Même en Argentine cet été, quand nous l’avons emporté 27-0. Ceux qui n’ont pas vu le match peuvent juger qu’il s’agit d’un match plein mais non... Même en cas de victoire, je sais parfaitement qu’il y aura encore du déchet. » En chassant le spectre du fameux match « référence » que tout le monde recherche, Novès repousse la pression même s’il loue les mérites gallois. « C’est une équipe qui s’est inclinée de justesse face à l’Angleterre et qui a ensuite étouffé l’Irlande au prix d’un pressing défensif énorme. Elle est prête, c’est certain. » L’ultime match du Tournoi 2017 est un tournant pour le XV de France, un an et demi après le début du mandat Novès. S’ils ont encore tant à perdre (une place sur le podium, un bilan négatif et la neuvième place au classement mondial synonyme de « poule de la mort » lors du Mondial japonais), les Bleus ont paradoxalement beaucoup à gagner s’ils parviennent à chasser la pression qui sembla engourdir Marcoussis cette semaine. Une victoire aurait l’allure d’un tremplin pour une formation qui s’est jusqu’ici construite sur des défaites prometteuses contre la Nouvelle-Zélande, l’Australie ou même l’Angleterre, récémment. Une équipe qui, en dehors de l’Ecosse, n’a jamais battu une nation mieux classée au ranking World Rugby. Les Gallois (sixièmes) semblent tomber à point nommé pour que les Bleus puissent renverser le cours de l’histoire. « Un an après le début de l’aventure, notre exigence est montée d’un cran. Nous sommes plus durs mais ce n’est pas pour rajouter de la pression à l’équipe, précisait Yannick Bru en quittant Rome, samedi dernier. Avant, l’envie de bien faire était suffisante. C’est fini, on ne peut plus se satisfaire de l’à peu près . Il faut désormais que tout le monde ait bien conscience que, pour rivaliser avec les meilleurs, il faut s’approcher de l’excellence. C’est notre quête.» Et de conclure, chassant lui aussi la théorie du match référence à laquelle il est pourtant si facile de s’accrocher : « Je sais que l’on progresse, c’est ce qui compte. Et je suis convaincu que cela passe par plus d’exigence...»

Souvenez-vous la chienlit

La semaine passée à Rome, au terme d’un match brouillon à souhaits, on se remémora l’analyse de Novès à propos de ses ailiers attendus comme des facteurs X de la sélection... Contre North et Williams, leur défi va forcément monter d’un cran. On mesura également le haut niveau de pénibilité des Transalpins qui freinèrent l’inéluctable envolée des Bleus comme ils étaient parvenus à pourrir la première mi-temps des Anglais et tout le match des Gallois, incapables de décrocher le point de bonus. Un signe? Franchement difficile à croire malgré l’élan italien survenu après le quatrième essai tricolore qui fait naître l’espoir d’un Tournoi enfin positif, terminé à la deuxième ou à la troisième place après trois succès pour deux défaites. Plutôt encourageant pour tous ceux quise souviennent de la chienlit des dernières années. Alors, Champagne ! Attendons, quand même un peu pour voir si les Bleus méritent mieux que l’étiquette d’aimables perdants. C’est tout l’enjeu de cette confrontation musclée avec les Diables Rouges qui promettent d’emmener les partenaires de Guirado jusqu’aux frontières de leurs limites physico-techniques. Là même où les Verts irlandais avaient construit leur succès.... 

Emmanuel Massicard
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?