Brûlés à la chandelle ?

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    Brûlés à la chandelle ?
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Mis en difficulté par le jeu aérien des Gallois l’an dernier, les Bleus devront trouver des solutions pour gagner en efficacité, depuis leur sortie décevante en Irlande.

Souvenez-vous, c’était il y a un an à peine. Défaits à Cardiff (10-19) sous le toit fermé du Millennium, les Bleus avait vécu un cauchemar sous les chandelles galloises. Pas le premier, d’ailleurs... Ainsi, si le triangle arrière Vakatawa-Médard-Camara a souffert l’an dernier, on n’a pas oublié non plus l’enfer vécu en 2014 par Louis Picamoles, ciblé dans le troisième rideau par le demi de mêlée Rhys Webb et systématiquement isolé pour mieux être poussé en touche par les Diables rouges. Autant de souvenirs qui nous rappellent, une fois de plus, que le manque d’assurance des Tricolores sous les ballons hauts ainsi que la faible organisation de leur jeu de contre-attaque ne datent pas d’hier. Lesquels avaient d’ailleurs été cruellement déplorés par le sélectionneur Guy Novès en 2016, qui n’avait pas hésité à mettre en avant le retard « culturel » de ses joueurs par rapport à leurs homologues.

Dulin trop esseulé ?

Alors évidemment, un an et une poignée de semaines plus tard, ce fossé culturel ne s’est pas estompé. Mais le XV de France aura-t-il trouvé quelques bribes de solutions pour atténuer le problème? Là résidera un des challenges, qui passe en premier lieu par le choix des hommes. En difficulté en Irlande, Scott Spedding a ainsi cédé sa place à Brice Dulin, probablement le meilleur joueur français dans l’exercice des réceptions aériennes malgré son mètre 76. Suffisant pour tenir tête aux North, Williams et autres Biggar, exceptionnel dans l’art de récupérer ses propres coups de pied? La réponse viendra, probablement, de la performance des ailiers... En effet, malgré la tentation de remplacer à nouveau Virimi Vakatawa par Yoann Huget (comme à Dublin) au nom de sa meilleure couverture du troisième rideau, Novès a choisi de maintenir sa confiance au spécialiste du VII, désigné comme un des seuls Tricolores susceptibles de faire vaciller le mur de briques rouges. Un pari, forcément, qui pourrait se payer dans le jeu aérien, sachant qu’à chaque fois que Vakatawa a été associé à son cousin Nakaitaci, l’arrière-garde française a eu tendance à s’en retrouver déplumée..

Picamoles et Gourdon en alternance

Voilà pourquoi, pour seconder ce trio, le rôle de la troisième ligne française sera déterminant. Et en particulier celui du duo Picamoles-Gourdon dans la couverture du fond de terrain. Depuis quelques temps en effet, les deux hommes ont pris l’habitude d’alterner leurs couvertures, Gourdon ayant plutôt tendance à « décrocher » lorsque le jeu se situe dans les 22 mètres adverses (soit, le plus souvent, sur les phases de coups d’envoi bottés par les Bleus) tandis que Picamoles prend du recul un peu plus loin dans le terrain, afin de remonter les ballons depuis le champ profond. En clair, les deux joueurs devront se partager les tâches de façon à ce que Gourdon puisse gérer les «boxkicks» de Webb et les duels aériens, tandis que Picamoles devra porter les ballons tapés loin par Biggar. Voilà pour la théorie. Le fait est qu’en pratique, les deux hommes ne devront pas se trouer, afin de prêter main-forte à un triangle arrière qui ne demande qu’à briller dans les contre-attaques, à l’image de celle qui amena l’essai de Fickou à Rome.

Nicolas Zanardi
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