Seuls contre tous

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Après l’espoir né de la fusion francilienne, les joueurs isérois ont dû affronter deux ondes de choc, entre l’accusation de viol formulée contre certains d’entre eux et la mise à l’écart de leur entraîneur bernard jackman. à eux, désormais, d’assumer lur volonté. et leurs actes…

Six pieds sous terre, quelqu’un s’en est retourné dans la tombe. Quelqu’un dont le décès, survenu voilà pile un an, a précipité le FCG dans les abysses où il s’est inexorablement enfoncé. Quelqu’un qui réglait l’ardoise, épongeait les dettes, et permettait au club de faire face aux impondérables. Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, dit-on. Mais il s’avère parfois que certains le sont vraiment… Réducteur ? Oui, peut-être. Sauf qu’en est à peu près certain qu’avec un Serge Kampf encore de ce monde, le FCG n’aurait pas essuyé les tempêtes qui l’ont brinquebalé tout au long de la saison, entre l’épisode tragi-comique de la baisse de 3 % de leur salaire consentie par les joueurs et les employés du club pour essuyer une partie du déficit prévisionnel, l’interminable bras de fer concernant la négociation du loyer du stade des Alpes, l’absence de moyens pour recruter des jokers médicaux tant qu’il en était encore temps. Et on en passe… Alors, de là à se dire que la fin de saison aurait pu être toute autre avec un mécène pour régler l’ardoise avant que les choses n’empirent, et que tout ce qui s’est passé à Bordeaux aurait pu être évité, il n’y a qu’un pas…

 

La volonté d’un « électrochoc »

Le truc ? C’est que depuis ce début de semaine, bien des choses se sont précipitées. La fusion entre le Racing et le Stade français est passée par là, offrant la possibilité d’un échappatoire miraculeux à la Pro D2. Une nouvelle qui, indépendamment à « l’affaire de l’hôtel », a semble-t-il convaincu les dirigeants de créer un «électrochoc », selon les termes du président Éric Pilaud, et de provoquer Bernard Jackman à un départ anticipé. Étant donné qu’il aurait fallu être bien naïf pour croire que l’Irlandais allait terminer la saison, en sachant ne pas prendre part à la prochaine…

Conclusion ? C’est aux joueurs, et à eux seuls, de sauver ce qui peut encore l’être. Comme l’an dernier, ou leur qualification en Challenge avait été budgétée par le club. À eux, désormais, d’assumer leur volonté de se séparer d’un entraîneur dont le discours ne passait plus auprès de la majorité du groupe (mais au nom de qui des leaders comme Aplon, Muldowney ou Roodt avaient pourtant décidé de prolonger, même en Pro D2). Et surtout d’assumer leurs turpitudes du week-end…

 

Autogestion accompagnée

En effet, quoi qu’il se soit passé à Bordeaux (lire en page 32), on nous accordera qu’il n’était pas très professionnel de se laisser aller à une java après le repas du soir, sitôt la descente en Pro D2 quasi officiellement entérinée. Alors, de deux choses l’une : soit ce groupe n’a définitivement pas d’âme, et il explosera ce week-end. Soit, après avoir passé une semaine catastrophique sous le regard inquisiteur des proches, murés dans l’omerta pour protéger les «petits copains » et enfermés à huis clos pour la première fois de l’histoire du club, les Isérois prennent leurs responsabilités. Quitte ou double, en quelque sorte ? C’est exactement cela.

Voilà pourquoi, dans la semaine, les cadres se sont investis. Autour de Fabrice Estebanez, trois joueurs ont été missionnés pour travailler la défense, tandis qu’Aplon ou Wisniewski se sont chargés d’élaborer un plan de jeu, Héguy supervisant la mêlée et Muldowney la touche. Une «autogestion » accompagnée par les entraîneurs Mike Prendergast, Philippe Doussy et Aaron Dundon, lesquels ont choisi de bouleverser les habitudes en mixant tous les jours à l’entraînement, pour n’annoncer l’équipe que le vendredi et retrouver un brin d’émulation. Le tout, évidemment, sans la moindre certitude quant à leur propre avenir… Un saut dans le vide, vous dites ? Plutôt une dernière chance de se réconcilier avec les supporters qu’on annonce prêts à venir en nombre au Stade des Alpes, et convaincre les partenaires échaudés par l’affaire de Bordeaux de remettre au pot en fin de saison. Alors, qu’on ne vienne pas nous parler là de pression, de lutte pour le maintien, de l’hypothèse de forfait général du Stade français ou d’on ne sait quoi d’autre: sur ce match, il sera simplement question d’honneur. Celle des joueurs, celle d’un groupe. La meilleure des motivations, en théorie. Du moins lorsqu’il en reste... 

Nicolas Zanardi
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