Super Rugby : quelle chienlit !

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    Super Rugby : quelle chienlit !
Publié le , mis à jour

Une réunion de crise tenue à Londres n’a débouché sur rien. La formule illisible commence à énerver tout le monde.

Le futur du SuperRugby est toujours en suspens après la réunion de la Sanzaar tenue la semaine dernière à Londres. Rien de concret n’est ressorti des discussions, comme trop souvent, hélas ! Une chose est sûre : cette compétition à dix-huit équipes est une totale catastrophe : spectateurs en chute libre, audiences en baisse, formule totalement illisible et sans équité. Mais l’appât des droits de retransmission, accrus du fait de l’augmentation des équipes d’Afrique du Sud a fini par accoucher d’un monstre dont plus personne ne veut reconnaître la paternité. En imposant une sixième province pour des raisons politiques, l’ANC, le parti au pouvoir en Af’Sud, a créé les conditions du déséquilibre. Mais elle voulait à tout prix une équipe à majorité noire (les Southern Kings). Maintenant, les Sud-Africains tiennent en otage le futur du Super Rugby.

Les Brumbies menacés

Deux options se dessinent. Certains estiment que les Sud-Africains devront renoncer à deux franchises, les Cheetahs et les Southern Kings, ce qui obligerait les Australiens à renoncer à une équipe, à choisir entre les Rebels, la Western Force et les Brumbies (ex-vainqueurs à deux reprises, tout de même). L’éventualité d’une disparition des Brumbies a déjà suscité une vague d’indignations dans le pays. L’autre option est que l’ANC maintienne les Southern Kings contre vents et marée. Le Super Rugby resterait à 18 équipes mais sous une forme différente : trois conférences de six équipes, les Sunwolves rejoignant la conférence australienne et les Jaguares la conférence néo-zélandaise. En Australie, beaucoup de gens sont irrités par le manque d’intérêt du Super 18 mais la Fédération est devenue un acteur passif dans toute cette affaire. Si une franchise disparaît, ce sera forcément un coup dur pour le rugby d’élite qui verra plein de joueurs quitter le pays. Le problème est que l’Aru est dans une telle situation financière qu’elle ne pouvait dire non au pactole des télés sud-africaines, car tout le nœud du problème est là : l’Afrique du Sud dispose des médias les plus puissants, les plus enclins à lâcher beaucoup d’argent pour diffuser la compétition. Ça donne à la nation « arc-en-ciel » une prééminence sur les autres pays. La Fédération néo-zélandaise est à peu près dans la même situation mais le niveau de ses équipes est tellement élevé qu’il ne viendrait à personne de lui enlever une équipe.

 

Par Jérôme Prévôt avec Jacques Broquet

Jérôme Prévot
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