Perdront-ils le nord ?

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    Perdront-ils le nord ?
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Fessés par La Rochelle il y a quinze jours (13-38), les Racingmen ne sont pas vraiment sereins au moment d’affronter l’ASMCA…

De l’extérieur, le constat est accablant. Aux abords du printemps, traditionnel apogée de la saison rugbystique, le Racing est éliminé de la Champion’s Cup, accumule quatorze défaites depuis le mois d’août dernier et se traîne péniblement à neuvième place du Top 14. Avec un match en moins, nuancerez-vous. Certes. Mais ce « match en moins » étant incarné par un déplacement à Montpellier, on peut aujourd’hui considérer les champions de France à leur place… Ont-ils encore un espoir de qualification ? « Il reste six matchs, donc trente points à prendre », répète l’entraîneur des avants franciliens Laurent Travers, jamais avare d’une extravagance pour poser un contexte. Comprenez par là que les Ciel et Blanc, dans l’improbable éventualité d’une qualif’, auraient aujourd’hui besoin de remporter toutes leurs rencontres à domicile (Clermont à Lille, Pau et Bordeaux-Bègles) et de s’imposer deux fois sur trois loin de leurs terres (Montpellier, Toulouse et Paris). Dans une telle situation, on est donc en droit de s’interroger sur le timing de cette délocalisation dans le Nord face à la meilleure équipe du vieux continent. « Elle n’arrive pas au bon moment, nous confiait un joueur francilien lundi soir. Après toutes ces histoires, on aurait eu besoin de se recroqueviller chez nous, à Colombes. Là, on se met clairement en danger ». 30 000 billets ayant été vendus au stade Pierre-Mauroy pour la revanche de la dernière demi-finale de Rennes (34-33), le rapatriement un court moment envisagé par les Ciel et Blanc n’a pu se concrétiser. Pour rappel, la dernière fois que les Ciel et Blanc s’étaient rendus dans le Nord, c’était l’an passé pour y affronter une équipe « mixte » du Rct. Et cet après-midi-là (26 mars 2016), les coéquipiers de Dimitri Szarzewski s’étaient inclinés d’une courte tête (21-20) et sur une grosse bourde du pilier italien Martin Castrogiovanni. Frédéric Michalak, d’une pénalité sur le gong, n’avait fait que terminer le travail.

 

Défense d’entrer !

Au sujet de l’ASMCA, Laurent Labit, le patron de l’attaque ciel et blanche, a coutume de dire que « c’est le plus bel effectif d’Europe ». Le Racing, balayé devant son public par les Rochelais lors de la dernière journée (13-38), est-il aujourd’hui capable de battre Clermont ? On est en droit de se poser la question, tant les coéquipiers de Dimitri Szarzewski ont montré des signes inquiétants d’impuissance et de porosité au cours de leur dernière sortie, en championnat. Dépassés par la vitesse et l’explosivité des Rochelais, les champions de France ont ce jour-là rendu dix ballons sur turn-over et raté une bonne quinzaine de plaquages. À tel point que l’on en était arrivé à douter de l’efficacité du système défensif mis en place dans les Hauts-de-Seine par Ronan O’Gara. Deuxième meilleur rideau de la Champion’s Cup l’an passé (derrière les Saracens), les Franciliens semblent même éprouver aujourd’hui toutes les peines du monde à défendre ensemble, en ligne, et gagner leurs duels au plaquage. À Villeneuve d’Ascq, dans la banlieue sud de Lille, les Racingmen seront soumis à une opposition tout aussi féroce que celle les ayant emportés voici quinze jours. Le challenge est de taille. Mais qui est le champion, au fait ? À force de claques, on aurait presque tendance à l’oublier… 

Marc Duzan
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