Nadolo : « Le meilleur est encore à venir »

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    Nadolo : « Le meilleur est encore à venir »
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Auteur d’un début de saison canon (13 essais), la star Fidjienne a reçu l’Oscar Midi Olympique de Janvier. Un hommage mérité à la hauteur de son immense talent.

Vos yeux, que représente cet Oscar Midi Olympique ?

Je crois que ce trophée est surtout représentatif du travail de l’équipe. Sans elle, je ne serais pas dans cette situation. Je dois donc remercier les copains. Recevoir une telle récompense signifie beaucoup. J’avais déjà eu la chance d’être récompensé personnellement à différentes reprises au Japon et en Nouvelle-Zélande. Mais celle-là est assez particulière pour moi, car je ne suis à Montpellier que depuis très peu de temps.

 

Lors de la soirée, on vous a senti parfois gêné et souvent sur la réserve. Est-ce seulement lié à la barrière de la langue handicapante pour vous ?

C’est vrai que cela a joué mais, en réalité, cela vient de ma personnalité. Je suis du genre calme et réservé. Je me tiens même habituellement à l’écart de ce genre de soirées, car je deviens timide quand je suis exposé seul devant beaucoup de monde. Et même si cela me fait très plaisir d’être reconnu pour le travail effectué. Participer à ces événements est une expérience différente, mais on va dire pour être honnête que ce n’est pas trop ma tasse de thé.

 

Vous montrez votre vrai visage en terrorisant les défenses du Top 14 (6 essais en 12 matchs) et d’Europe (5 essais en 6 matchs). A-t-on déjà vu le meilleur de Nemani Nadolo ?

Non, je peux progresser et le meilleur est encore à venir. Je suis venu avec quelques pépins physiques à la suite d’une saison de Super Rugby éprouvante. Mon corps est donc toujours en train d’encaisser. Il y a des choses sur lesquelles je peux encore travailler et je ne crois pas avoir atteint la plénitude de mon potentiel. Le temps passant, je trouve de plus en plus de repères dans ce championnat très physique. Mais je n’oublie pas que si je ne reste pas performant de semaine en semaine, les récompenses, les compliments, ça ne voudra plus rien dire ! Il faut donc continuer à s’entraîner dur.

 

Selon vous, qui est le meilleur ailier fidjien du MHR ?

(sourire) « Jim » Nagusa va vraiment vite, donc c’est certainement le Fidjien le plus rapide de Montpellier. Mais je pense qu’il ne m’en voudra pas si j’affirme que je suis le plus fort en salle de musculation…

 

D’ailleurs, comment vivez-vous le fait d’être parfois résumé à un colosse alors que vous êtes un technicien hors norme et d’être aussi, souvent comparé à Jonah Lomu ?

Être comparé à Lomu n’est pas quelque chose qui me dérange. Avec nos ressemblances physiques, ça arrivera toujours si je continue à être performant et à progresser. Après, si je veux continuer dans cette voie, je dois me concentrer sur Nemani Nadolo et être celui que je suis. Il n’y a qu’un seul Jonah Lomu, qu’un seul Joe Rokocoko, des ailiers d’exception. Moi, je dois continuer à me réveiller le matin en me disant, vas-y, sois Nems et fais des choses différentes des autres. Tout ça, c’est très flatteur, mais je garde à l’esprit que je suis moi. Après pour ma technique, ce n’est pas grave. Car c’est grâce à elle que je joue derrière, du fait que j’étais trop doué pour évoluer devant...

 

Nemani Nadolo… Un Fidjien, un Australien d’adoption ou un citoyen du monde ?

Très bonne question ! Je me considère comme un Fidjien. J’ai choisi de jouer pour les Fidji, même si j’ai grandi en Australie à Brisbane, que mon frère y vit toujours et joue là-bas. Je suis né fidjien et j’en suis très fier. Ma sélection représente beaucoup à mes yeux. Mais pour le moment, je suis surtout Montpelliérain.

 

Justement, vous avez avoué mercredi envisager de terminer votre carrière dans cinq à Montpellier. Une décision un peu hâtive après une expérience de sept mois, non ?

Quand je dis que j’envisage de finir ma carrière ici, ce ne sont pas des paroles en l’air. Après, je sais aussi que le rugby est professionnel. On verra ce qui se passera. Mais je suis épanoui ici. Mon épouse et moi avons eu la chance de visiter un certain nombre de pays tout autour du monde. Et Montpellier se démarque vraiment de tous ces endroits. En plus, le club me traite avec beaucoup d’égard et j’ai été bien accueilli par mes coéquipiers. La région est magnifique rien qu’en hiver et maintenant j’ai hâte de voir l’évolution à l’approche de l’été. J’ai appris à connaître, à apprécier et à adopter différentes cultures. Je veux donc profiter de tout ce que le France peut m’offrir.

 

À l’image de sa gastronomie par exemple ?

Comme je le disais dans le reportage, la nourriture c’est incroyable pour moi ! Actuellement, je suis dans une phase dessert et j’adore le chocolat. Vivre ici pourrait me mener à ma perte !

 

Un vœu pour cette fin de saison en guise de « dessert » ?

Remporter le Top 14. C’est le but que s’est fixé l’équipe. Il nous reste quatre matchs, peut-être cinq selon ce qui arrivera avec le match reporté face au Racing 92…. Si nous pouvons tous les gagner, tout peut arriver. Tous les joueurs de l’effectif espèrent et ont hâte de se qualifier pour les demi-finales. Et finir ensuite en trombe.

 

 

 

Par Julien Louis

midi olympique
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