Qui peut battre La Rochelle ?

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    Qui peut battre La Rochelle ?
Publié le , mis à jour

Jusqu’ici, les Rochelais font une saison remarquable. Guidés de main de maître par Brock James, forts d’un pack extrêmement puissant, dans le sillage de l’exemplaire Victor Vito, ils sont dans une dynamique impressionnante. À se demander ce qui pourra les perturber dans leur ascension.

Une éternité. La dernière défaite des Rochelais dans ce Top 14 remonte au 19 novembre 2016, sur la pelouse de l’Union Bordeaux-Bègles (0-26). Il y a près de cinq mois… Si impressionnant que samedi, en son jardin de Marcel-Deflandre, c’est cette même équipe girondine qui est tombée lors du match retour. Entre-temps, le club du président Vincent Merling n’a ainsi jamais chuté sur la scène hexagonale. Pour trouver trace d’un revers maritime, il faut changer de compétition et regarder du côté de la Challenge Cup. Le 8 décembre, le Stade rochelais avait sombré à Gloucester (14-35). Rappelez-vous ces images de Patrice Collazo et de sa colère à la mi-temps de la rencontre dans les vestiaires, l’entraîneur martyrisant et envoyant valser une poubelle. Déjà, staff et joueurs avaient le goût de la défaite en horreur. Peut-être sentaient-ils les prémices de ce qui allait devenir la série la plus impressionnante de l’ère moderne.

En effet, si cette formidable et rafraîchissante formation a signé une quatorzième victoire de rang toutes compétitions confondues le week-end passé, elle a surtout aligné un onzième match sans le moindre revers en Top 14. C’est tout simplement un record égalé, à hauteur de ce qu’avait réalisé le grand Stade toulousain. Symbole de la passation de pouvoir en train de s’opérer au sommet du rugby français. Dans ce laps de temps, La Rochelle a non seulement prouvé à quel point cette armada était imprenable en sa citadelle mais elle a également marqué les esprits à l’extérieur. C’est d’ailleurs sûrement ce qui transforme une belle équipe en une grande équipe. Jugez plutôt: lors de ses derniers déplacements, elle s’est notamment imposée à Toulon, à Toulouse, au Racing 92 et à Pau. Quatre prétendants proclamés et légitimes aux phases finales, voire au Bouclier de Brennus pour les trois premiers d’entre eux. Qui plus est avec une maîtrise et une assurance quasi-déconcertantes. Au point, à ce jour, de compter plus de quatorze points d’avance sur son poursuivant clermontois. Un gouffre, qui pourtant se justifie pleinement. Si bien qu’aujourd’hui, alors que les Maritimes marchent sur chaque adversaire qui ose se mettre en travers de leur route, la question se pose: qui peut donc arrêter le nouvel ogre de notre championnat ?

La demi-finale de challenge : double aubaine

L’interrogation est d’autant plus crédible que les troupes de Patrice Collazo ne cessent d’étonner dans la qualité de leurs prestations. Portées par un enthousiasme évident et une confiance inébranlable, elles récitent un rugby à la fois mécanique, audacieux et efficace. Le tout, même si le staff se permet d’effectuer de larges rotations dans ses XV de départ. Ainsi, les Corbel, Maurouard, Tanguy, Sazy, Bales, Retière, Roudil, Rattez et consorts, méconnus au début de l’exercice, ont tous trouvé leur place aux côtés des leaders de jeu que sont les Atonio, Eaton, Gourdon, Vito, Januarie, James, Holmes, Aguillon, Lacroix ou Murmurivalu. Un subtil panaché entre jeunesse et expérience. Entre vitesse et puissance. Entre gestion et insouciance. Ceci grâce à l’équilibre trouvé à tous les niveaux. Sur le plan financier pour un club qui a pris le temps de se construire. Sur celui populaire avec un stade qui affiche guichets fermés lors de chaque réception. Sur celui des transferts avec le recrutement de stars et de magnifiques coups réalisés en Pro D2. Enfin en termes de management avec celui si particulier de l’encadrement orchestré par Patrice Collazo.

Alors, bien sûr, on peut toujours se demander si La Rochelle n’est pas trop impressionnant, trop vite, trop tôt… Mais il suffit de regarder le calendrier pour se rendre compte que la qualification pour les demi-finales de Challenge après le succès à Édimbourg est une aubaine. Pour marquer une première fois l’histoire de ce club qui se contente de trois quarts de finale dans les années 60 (les trois perdus contre Dax en 1961, 1962 et 1969). Mais surtout pour gérer ces prochaines semaines et faire souffler certains cadres de l’effectif tout en leur offrant le loisir de ne pas lâcher le rythme. La seule chose qui est sûre: La Rochelle est désormais un poids lourd.

Jérémy Fadat
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