James-Vito, hors normes de croissance

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    James-Vito, hors normes de croissance
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C’est notamment grâce à un recrutement ciblé et intelligent que cette équipe rochelaise a franchi un cap décisif cette saison. Ceci avec en figure de proue le troisième ligne all black et l’ouvreur australien.

Oui, La Rochelle était déjà une belle équipe, laquelle avait terminé la phase régulière de la saison passée à une honorable et encourageante neuvième place au classement. Oui, elle était d’ailleurs déjà attirante et emballante, tant par la sympathie véhiculée au travers d’un public fantastique que par la fraîcheur d’un jeu souvent attirant. Certes, le club maritime avait déjà entamé sa progression en recrutant le deuxième ligne all black Jason Eaton et le demi de mêlée springbok Ricky Januarie, en portant Uini Atonio jusqu’à la Coupe du monde avec les Bleus, en misant sur le surpuissant Levani Botia, ou en favorisant l’éclosion des Kevin Gourdon, Zack Holmes, Kini Murimurivalu ou Gabriel Lacroix. Mais il manquait encore quelque chose à cette formation pour franchir un cap décisif et s’inviter dans la cour des grands. Alors staff et dirigeants se sont attelés à cette manœuvre sur le marché des transferts lors de la dernière intersaison. Ils ont effectivement réalisé de jolis coups inattendus lorsqu’ils sont parvenus à convaincre les étonnants Jérémie Maurouard, Mohamed Boughanmi, Steeve Barry, Arthur Retière, Vincent Rattez ou Paul Jordaan. Mais, surtout, les supporters maritimes ont vu débarquer deux joueurs de classe mondiale, lesquels ont carrément fait changer ce club de dimension. Le premier : le troisième ligne néo-zélandais Victor Vito. à 29 ans, le numéro 8 ou flanker all black a décidé de donner une nouvelle direction à sa carrière déjà riche de 33 sélections en équipe nationale et deux titres de champions du monde (2011 et 2015). Rien que ça. Si plusieurs de ses compatriotes arrivent en France en pré-retraite, c’est tout l’inverse en ce qui concerne Vito. Au point de s’imposer comme la plus belle recrue de la saison en Top 14. à chacune de ses sorties, ce dernier est stratosphérique. Aussi impressionnant physiquement que doué techniquement, il est le « monsieur plus » tant attendu. Au-delà, comme Dan Carter l’an passé au Racing 92, il possède cette faculté qu’ont les grands joueurs à rendre les autres meilleurs autour de lui.

Le pied, les choix, la passe de James...

Vito n’est pas le seul à avoir offert cet élan au Stade rochelais. Quand ses décideurs ont annoncé le choix de parier sur Brock James, le scepticisme était de mise. D’abord pour son âge avancé (35 ans), alors que Zack Holmes a toujours répété son envie de s’installer à l’ouverture. Ensuite pour cette fameuse tendance à s’écrouler dans les moments décisifs sous le maillot de Clermont, notamment lors des phases finales... Ceci même si personne ne remettait en cause les qualités intrinsèques de l’Australien, sûrement l’un des joueurs au bagage le plus étoffé dans notre championnat. Alors James, homme de la situation ? La réponse est évidente au vu de sa saison jusque-là. Toujours excellent dans la gestion des rencontres, en particulier dans les temps faibles, James régale aussi grâce à un pied droit, la justesse de ses choix et la fluidité de sa passe. à croire que son expérience du Top 14 est une offrande pour cette équipe, qui se repose sur sa capacité à l’orchestrer. Surtout que Patrice Collazo et Xavier Garbajosa ont trouvé les parades pour placer tous leurs meilleurs joueurs sur le terrain. C’est d’ailleurs peut-être la clé de leur réussite. Holmes fut décalé au centre, aux côtés de Botia ou Aguillon, puis à l’arrière ce qui a entraîné le replacement de Murimurivalu à l’aile parfois. Levani Botia est aussi utilisé en troisième ligne depuis près de deux mois. Un pari, autant qu’une idée précieuse, qui portent leurs fruits.

Jérémy Fadat
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