Le dos au mur, la Ligue mandate six négociateurs

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    Le dos au mur, la Ligue mandate six négociateurs
Publié le , mis à jour

Afin de renouer le dialogue avec la Fédération Française de Rugby, la Ligue a créé ce mardi une cellule de travail. Celle-ci, qui regroupe Bouscatel, Revol, Merling, Boudjellal, De Cromières et Tingaud, sera notamment chargée de négocier avec Bernard Laporte au sujet des contrats fédéraux.

Ce mardi, à l’hôtel Hilton de l’aéroport d’Orly, les présidents du rugby professionnel s’étaient réunis afin d’aborder plusieurs sujets capitaux, de la mise à disposition des internationaux au report des matchs Castres / Stade français et Montpellier / Racing 92. Pour mémoire, ces deux rencontres avaient été reprogrammées par le comité directeur de la LNR suite aux péripéties de la fusion parisienne, une décision alors aussitôt retoquée par le bureau fédéral. Mis à part le président de Bourgoin Pierre-André Hafner, tous les grands patrons du rugby professionnel avaient répondu à l’appel de Paul Goze. En ouverture d’une réunion de près de sept heures, les vingt-neuf présidents présents ont renouvelé leur confiance, via un vote à main levée, au chef de la Ligue Nationale de Rugby et à son directeur général, Emmanuel Echalier. Seul le Toulonnais Mourad Boudjellal a voté contre, Mohed Altrad ayant quant à lui choisi l’abstention. Mis dans les cordes par les derniers bras de fer avec la Fédération française de rugby, Paul Goze se voit donc conforté dans ses prérogatives par les hommes l’ayant réélu l’an passé.

Le verdict du Conseil d’État tombera rapidement

L’attraction majeure de la réunion du 11 avril fut le sujet des reports des matchs pré-cités. Paul Goze explique : « Le dossier des reports sera jugé ce mercredi au conseil d’état. Nous prendrons une décision une fois le délibéré connu, mercredi soir ou jeudi matin ». Plusieurs options possibles, ici détaillées par l’ancien président de l’Usap : « Ou notre demande est acceptée et les matchs seront rejoués (le 19 avril pour Castres / Stade français, le 22 avril pour Montpellier / Racing 92), ou notre demande est rejetée et la commission des règlements de la Ligue se prononcera sur l’attitude à adopter ». Que va-t-il se passer si le conseil d’état ne va pas dans le sens de la LNR ? Celle-ci pourrait avoir recours au système de la péréquation ou alors octroyer cinq points au club recevant (Castres et Montpellier) et en ôter deux au club visiteur (Stade français et Racing 92). Vincent Merling développe : « Même si le consensus a été difficile à trouver entre les quatre clubs concernés par les reports, l’option que nous souhaitons privilégier vise à rejouer les matchs ». Une option que ne partage pas le président de Montpellier Mohed Altrad…

 

Six hommes pour une sortie de crise ?

Afin de normaliser des rapports avec la fédération que l’on sait particulièrement tendus, les vingt-neuf présidents présents ont également mis sur pieds une cellule de travail. Celle-ci, qui regroupe René Bouscatel (Toulouse), Mourad Boudjellal (Toulon), Alain Tingaud (Agen), Pierre-Yves Revol (Castres), Eric de Cromières (Clermont-Ferrand) et Vincent Merling (La Rochelle), rencontrera les patrons de la FFR Bernard Laporte et Serge Simon dans les jours à venir. Le but est ici évident : trouver d’abord un accord sur le calendrier dernièrement proposé par la Ligue et retoqué dans la foulée par la fédération, s’entendre ensuite sur les contrats fédéraux qu’envisage de mettre en place Laporte dès l’an prochain. La proximité de Mourad Boudjellal avec le président de la FFR va-t-elle servir les intérêts de la Ligue ? Le président toulonnais explique : « Il faut trouver une sortie qui convienne à tout le monde. Je ne suis par pro Goze, parce que je ne suis pas d’accord avec la politique qui est menée, mais je me battrai pour l’intérêt du rugby français ». Et de préciser : « Je me battrai mais sans tenter de berner Bernie (Laporte). Car j’ai trop de respect pour lui ». Le président de Cromières conclue ainsi : « Il faut renouer le dialogue avec la fédération. Dans les prochains jours, nous allons donc rencontrer et débattre avec Bernard Laporte. Qu’entend-il par exemple par contrat fédéral ? Si c’est un contrat de travail, c’est non. Si c’est une mise à disposition élargie, c’est oui ». Le dialogue étant totalement rompu entre Laporte et Goze, la Ligue a décidé de changer de stratégie, mandantant des intermédiaires de tout bord politique afin de négocier avec la FFR. Est-on proche d’une sortie de crise ?

Marc Duzan
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