Silence on meurt !

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    Silence on meurt !
Publié le , mis à jour

Rugby Club Vosgien des 2 Vallées se trouve dans une situation de manque d’infrastuctures préoccupante. Malgré la bonne volonté de ses licenciés, il n’est jamais épaulé par les pouvoirs publics.

Lanterne rouge dans son championnat de Troisième-Quatrième Séries d’Alsace-Lorraine, et victime de problèmes d’effectif récurrents, le RC2V (Rugby Club Vosgien des 2 Vallées) attend avec impatience la fin de saison pour souffler sportivement. Mais le sujet qui préoccupe davantage les Vosgiens, nichés entre les vallées de la Moselle (Lorraine) et de la Thur (Alsacienne), au pied du Ballon des Vosges, ce sont leurs infrastructures, dont la désuétude menace la pérennité du club. Leur vestiaire pour tous les licenciés, c’est un préfabriqué de 15 mètres carrés. « Un frein trop important pour les parents qui hésitent à emmener leurs enfants à l’école de rugby », explique le président Bertrand Aubert. Le vendredi pour les seniors, passe encore, mais le samedi… « C’est à la queue leu-leu, détaille le responsable de l’école de rugby Éric Magriau. Les enfants se changent à tour de rôle. Ça tient chaud en hiver, mais ce n’est pas vraiment l’idéal. » Les Romarimontains disposent bien d’un gymnase, mais il est situé à plus de 600 mètres du terrain. Et le sentiment de ne jamais être entendu par les responsables politiques locaux, commence à lasser.

Le système D permanent

« On fait tout nous-mêmes, raconte le chef de file des « Sangliers ». À l’époque, le préfabriqué est venu de Metz. La mairie avait mis les plots et nous avions fait le reste, les raccords de fosse septique, l’arrachement du plancher et la dalle béton. On a carrelé les sols et les murs grâce à un joueur, carreleur de métier. Et on l’a encore repeint il y a trois ans. » Les Lorrains achètent aussi le matériel de traçage, et tracent eux-mêmes le terrain. Tous les corps de métier présents au club sont mis à contribution, du plombier au bûcheron. Ils ont aussi retapé une maison de gardien qui n’avait pas de fenêtres et dans laquelle un arbre poussait dans la cuisine. Les fenêtres et la cuisine équipée ont été récupérées, et le comptoir repris dans un bar qui fermait aux alentours : le système « D » est devenu permanent. Il y a quinze ans, à la naissance du club, il avait été demandé aux Romarimontains de faire leurs preuves. « Je pense que c’est fait. De notre côté, on rend toujours service avec le marché de Noël, le carnaval, ou encore le gardiennage de la braderie annuelle. Mais on n’a pas de retour en face », lâche dépité Bertrand Aubert, qui se bat depuis quatre ans avec la communauté de communes et la mairie de Remiremont. Entre-temps, la commune a décidé de réduire de 25 % le budget alloué aux associations… « On n’a pris qu’une seule fois le bus cette saison car il n’y a plus de budget. Parti comme cela, on n’existera plus dans cinq ans », lâche amer le chef de file. Jouer le dimanche avec 10 centimètres de neige ou par -10°, avec parfois une douche froide à l’arrivée, et faire six heures de route au retour d’un match, la chose est assez commune dans l’Est. Mais sans un minimum d’infrastructures, l’activité devient rédhibitoire. Les gens de Remiremont se savent épaulés par le Lorquinois Patrice Dumoulin, membre de l’équipe du président Bernard Laporte, déjà venu sur place et qui s’est déclaré conscient de la situation. Le retour aux besoins primaires des clubs était l’un des piliers du programme électoral porté par le président de la FFR envers la base du rugby français. L’appel à l’aide a donc aussi été lancé de ce côté-là. Comme toujours, le président des Sangliers garde espoir. Prêcheur infatigable, il doit de nouveau rencontrer les responsables de la communauté de communes dans les semaines à venir. Mais sera-t-il enfin entendu ? Ou laissera-t-on son club mourir à petit feu ?

 

par Christophe Hugonin

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