Tomane, l'éblouissante métamorphose

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    Tomane, l'éblouissante métamorphose
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Auteur d’un triplé et de gestes de grande classe, l’Australien Joe Tomane a brillé de mille feux lors de la victoire bonifiée du MHR. Une victoire qui symbolise ainsi leur qualification pour les phases finales.

Le « poignet » d’amour : « Qu’y-a-t-il marqué sur le « strap » de mon poignet ? C’est un message d’amour pour ma tante qui est décédée d’un cancer il y a deux semaines. J’ai joué pour elle face à Bayonne. Et en dessous : « John 3:30 », c’est un verset de la Bible qui me permet de ma rappeler que je ne dois pas me laisser gagner par les hauteurs. »

Un fervent croyant, souriant et danseur

En quelques mots, Joseph Tomane (27 ans, 1,90 m et 110 kg) livre l’essence de sa personnalité mystérieuse, qui s’inscrit en totale contradiction avec son apparence. Sa coupe afro, ses multiples tatouages et ses muscles saillants ne font pas de lui un mauvais garçon. Timoci Nagusa confirme : « Tous ses tatouages ont un lien direct avec la religion, car Joe est un homme très croyant qui a inscrit des versets de la Bible sur sa peau. En dehors du terrain c’est un mec très décontracté, discret et attentionné. » Tout le contraire de l’image que le Néo-Zélandais de naissance, (17 sélections avec l’Australie où il a grandit) dégage sur le pré : « Pas tout à fait, car il aime aussi mettre l’ambiance dans le vestiaire et danse très bien », s’amuse Yvan Reilhac. En action, Tomane, formé à XIII et élevé au XV durant cinq saisons au Brumbies, est une « bombe » qui emporte tout sur son passage sans états d’âme. Auteur d’un triplé face à Bayonne, il a encore impressionné ses coéquipiers, dont son capitaine Fulgence Ouedraogo : « C’est en ce moment notre meilleur joueur des lignes arrières. Il nous a dépannés au centre (14 matchs joués, N.D.L.R.), mais pour moi, c’est un vrai ailier. Il montre depuis son repositionnement l’étendue de son talent, en créant des brèches, en avançant et en faisant toujours jouer après lui. Il défend aussi bien. Joe est vraiment très étonnant. » Aligné à l’aile depuis quatre match, l’intéressé a été décisif à cinq reprises et s’impose aujourd’hui comme le meilleur marqueur d’essais héraultais en Top14 (huit réalisations) : « Je préfère être au centre car dans cette position j’ai l’impression de disputer une partie d’échec. Je veux donc encore apprendre à ce poste. Après, je suis ailier de formation et c’est donc comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! » En effet ! Joe Tomane est un peu l’hybride entre Timoci Nagusa et Nemani Nadolo : rapide, explosif et puissant à la fois, mais moins impressionnant que les deux « monstres » fidjiens : « Ce qu’on ne voit pas, c’est que Joe est aussi un joueur très intelligent et fort tactiquement. Il sait toujours bien se placer quel que soit son poste et en plus, il est très doué techniquement », note Nagusa.

Cinq essais en quatre matchs à l’aile

Une aisance, qui lui a permis de basculer avec facilité de l’aile vers le centre en cours de matchs contre l’Aviron (suite aux blessures de Reilhac et Fall), tout en conservant la même efficacité. Une polyvalence qui sera précieuse au MHR pour la suite de la saison car l’infirmerie héraultaise ne cesse de se remplir. Mais pour l’heure, Joe Tomane ne délaissera pas sa ligne de touche selon « Fufu » : « Cette année, on a le choix sur les ailes et c’est aussi ce qui fait la différence par rapport aux autres années. Avec Tomane, Nadolo et Nagusa nous sommes équipés ! Et c’est une bonne chose, car ils ont tous envie de se montrer et marquent des essais chacun leur tour. » « Jim » Nagusa abonde dans sons sens : « Je préfère quand Joe joue au centre car il peut me faire des passes après contacts ! Mais sa présence à l’aile ne me fait pas peur. Au contraire, elle me booste, car je vais devoir montrer mon meilleur visage si je veux être titulaire en phases finales. » À eux trois, les Iliens infernaux de Montpellier ont inscrit vingt-et-un essais en Top 14, soit 32 % des réalisations de leur équipe ! Cette saison, les Cistes peuvent donc pour la première fois compter sur des facteurs X capables de débloquer n’importe quelle situation. Un atout maître lors des matchs couperets. Et si on croît Joe Tomane, le meilleur est encore à venir à son sujet : « Je ne suis définitivement pas encore à 100 % après ma grave blessure au genou que j’avais à mon arrivée ici. J’améliore mon jeu au fil des semaines et en parallèle, je peaufine ma rééducation. Je sens que je monte en puissance. » À une semaine d’affronter le Racing 92 dans un match reporté qui sent la poudre… Le timing idéal ! Surtout qu’en face de lui, samedi, l’Australien (s’il est aligné en numéro 11) défiera un autre Joe, légende vivante du poste : « Lorsque j’étais au collège et que Rokocoko était un des meilleurs All Blacks, moi, je m’entraînais en prétendant être lui ! »

 

par Julien Louis

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