Les clés du succès Clermontois

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    Les clés du succès Clermontois
Publié le , mis à jour

La réussite de Clermont s’appuie maintenant depuis quelques années sur un modèle excellemment hiérarchisé et organisé. Un modèle du genre.

Recrutement : Des yeux dans le monde entier

Les Clermontois travaillent aujourd’hui en cellule, sur le recrutement, dirigée par Franck Azéma (c’est sa casquette de directeur sportif) et qui met en avant Neil McIlroy. Un secteur sur lequel Xavier Sadourny, encyclopédie du rugby mondial, s’avère également précieux. Quand un joueur est ciblé et validé, le club fait marcher son réseau d’anciens. S’il s’agit d’un joueur Néo-Zélandais, l’ASMCA fait appel à Tony Marsh ou Kevin Senio pour une « enquête de terrain » sur la personnalité du joueur et sa réputation au pays. En Afrique du Sud, il y a Marius Joubert. En Écosse, le club compte sur les yeux de Jason White. En France ? Ses réseaux sont nombreux, en commençant par ceux de Franck Azéma, qui lui avaient par exemple indiqué un phénomène du Pro D2, au talonnage : John Ulugia. Quand les contacts sont pris, le club fait alors entrer en jeu l’agent du joueur pour la négociation.

 

Formation : Une detection anticipée

Parmi les joueurs qui ne s’entraînent, cette année, qu’avec le groupe professionnel, vingt-et-un son issus du centre de formation clermontois. La résultante d’une volonté : à l’horizon 2020, l’ASMCA veut porter ce chiffre à 50 % de l’effectif. Elle en est déjà proche. C’est le fruit d’un recrutement très anticipé, pour lequel Clermont peut déployer des moyens immenses. Chaque année, il envoie un de ses formateurs couvrir l’intégralité du Mondial U20. Il y a déjà trouvé quelques perles, dont Nalaga et dernièrement l’ouvreur argentin Patricio Fernandez. Ensuite, Clermont chasse les pépites françaises dès leur plus jeune âge. Quitte à s’attirer les foudres des concurrents, comme lorsqu’il avait arraché Damian Penaud puis Attila Septar à Brive. « Ils ont commencé à me contacter dès mes 15 ans » raconte Arthur Iturria. En clair, Clermont investi massivement dans sa formation. Sur les conditions de travail, au sommet de la pyramide française, mais également sur le recrutement des meilleurs jeunes.

 

Partenariat : Michelin s’efface doucement

Longtemps associé à l’image de l’entreprise de pneumatiques, toute puissante dans la cité clermontoise, le club cherche à se détacher de ce cliché. Mais c’est aussi une réalité dans les chiffres. Michelin, en 2004-2005, assurait 30 % du budget du club. Aujourd’hui, ce n’est plus que 8 % du budget estimé à 30 millions d’euros. Une transition que Michelin a accompagnée, aidant à l’arrivée de plus de 500 partenaires

 

Stade : Un chaudron et un formidable outil

Marcel-Michelin est une vitrine, la plus clinquante de France, que l’ASMCA aime mettre en avant pour faire la promotion de sa marque. Le club ne délocalise rien. Toutes les soirées de partenaires se déroulent au stade. Clermont y accueille les émissions de télé. Financièrement, la propriété du stade (et donc son entretien) engendre un coût : 3 millions d’euros annuels. « Mais on en dispose à l’année et on en fait ce qu’on veut », confie-t-on au club. L’ASMCA ne signe aucun bail et ne paye aucune location. La filiale ASM Events, qui organise de nombreuses animations dans les différents salons (colloques, réunions d’entreprises, soirées) déclarait 610 000 € de bénéfices l’an dernier. En juillet, Marcel-Michelin accueillera un concert de Manu Chao. C’est dire le potentiel !

Léo Faure
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