Dusautoir : "on peut toujours faire mieux..."

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    Dusautoir : "on peut toujours faire mieux..."
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Au cours d'une conférence de presse chargée en émotions, l'emblématique capitaine du Stade Toulousain et du XV de France a confirmé la fin de sa carrière. L'occasion pour lui de revenir sur un parcours exemplaire.

« Le rugby m'a redonné confiance » 

Arrivé de Côte d'Ivoire, d'Abidjan plus précisément, Dusautoir découvre la France à l'âge de 10 ans. Il se souvient du gamin qu'il était alors : « À mon arrivée de Côte d'Ivoire, je me suis renfermé et j'ai perdu confiance ». Quand il s'installe à Périgueux, le rugby lui est encore inconnu mais il apparaît alors comme une évidence : « J'avais quatre potes qui m'ont convaincu un jour d'enfiler des crampons ». Il commence ainsi sa carrière dans le SAT (Sport Athlétique Trélissac), où il franchit peu à peu les étapes. Il est recruté par Bordeaux-Bègles, à l'époque CABBG (Club athlétique Bordeaux-Bègles Gironde) en Pro D2. A l'époque, il ne pense pas à une évolution de sa carrière... « Lorsque je suis arrivé au CABBG à 19 ans, je ne pensais qu'être un épiphénomène, je n'étais pas persuadé que ma carrière prendrait cette trajectoire ». Si il n'aurait « jamais pensé faire cette carrière » il n'en oublie pas pour autant ce que lui a apporté ce sport : « Ce sport a fait d'un ado timide, une personne qui a confiance en lui. Le rugby m'a donné un rôle ».

 

« Le grand saut vers le haut niveau »

Suite à son passage bordelais (le CABBG souffrant de problèmes financiers est relégué en Pro D2), il de s'engager à Colomiers, où il peut déjà s'impregner de l'aura que détient le Stade Toulousain « C'est au moment où j'ai pris mon baluchon et que je suis arrivé à Colomiers que j'ai compris quelle place occupait le Stade dans le coeur des Toulousains. » À 23 ans, Colomiers étant lui aussi rétrogradé pour raison financière, Dusautoir débarque dans un autre club historique : le Biarritz Olympique. Au Pays Basque, Dusautoir a l'occasion de côtoyer de très nombreux grands joueurs : « C'est alors que j'ai vraiment pu faire un grand saut vers le haut niveau, en jouant avec tous ces grands joueurs comme Serge Betsen, Thomas Lièvremont, Dimitri Yachvili, Damien Traille ou encore Nicolas Brusque. ». Une expérience couronnée de succès : Dusautoir remporte avec le BOPB ses deux premiers titres de champion de France, et découvre les joies de la Coupe d'Europe quand le club se hisse en finale, en 2006, avant de s'incliner face au Munster. 

 

« Quand on signe au Stade, c'est pour la vie »

Alors qu'il évolue pour la première fois sous le maillot du XV de France à Bucarest pour un test match face à la Roumanie, il reçoit quelques mois plus tard l'appel du Stade Toulousain... Le Dark Destroyer  n'a rien oublié : « Quand Guy Novès m'a contacté pour venir jouer au Stade Toulousain, je n'ai pas hésité une seule seconde. J'étais curieux de savoir comment un si grand club pouvait fonctionner de l'intérieur. » Au moment de la signature de son contrat, le président René Bouscatel est déjà en place. Il eut cette phrase qui, aujourd'hui, résonne comme un fantastique hommage : «Quand on signe au Stade Toulousain, on ne signe pas pour deux ou trois ans, mais pour une carrière, pour la vie.» 

À Toulouse, Dusautoir fait la rencontre de Guy Novès, un personnage clé, qu'il n'hésite pas à désigner comme son «mentor». Dusautoir avoue ainsi : « Guy Novès est un manager qui m'a permis d'atteindre le plus haut niveau». Résultat, il soulève à nouveau le bouclier de Brennus, présenté au public toulousain sur la place du Capitole, un de ses meilleurs souvenirs : « Le titre de champion de France 2008 est le plus beau, le fait de soulever le Brennus place du Capitole devant tous les Toulousains, c'est quelque chose dont j'ai rêvé étant gamin ». Malgré une dernière saison compliquée du point de vue des résultats, Dusautoir reste néanmoins persuadé du futur des Rouge et Noir : « Le Stade Toulousain a un genou à terre mais a toujours su se relever, je suis sûr que le club pourra s'appuyer sur ses jeunes, car on le sait, le Stade Toulousain ce n'est pas qu'un club, c'est une identité »

 

« Pas bien loin des terrains »

Larmes aux yeux, Thierry Dusautoir éteint tout suspens en annonçant la fin de sa carrière en club. Celle-ci derrière lui, il s'agit d'aborder la seconde partie de sa vie. Avec un associé, il a déjà crée sa société spécialisée dans le marketing digital. Un projet mûri et réflechi, à l'image du joueur, intelligent et tout en maîtrise : « Ce fut un long cheminement, j'avais réfléchi mon après rugby très tôt dans ma carrière, raison pour laquelle cela fait 2 ans que j'ai crée ma propre entreprise.» Son envie de « relever d'autres challenges» a pris le pas sur le rugby, qui au fil des années a pas mal abîmé son corps, chose dont il s'est rendu compte « À la signature de mon dernier contrat, je me disais que j'allais avoir 35 ans, je vais réflechir et voir quel était le mieux pour moi, comment mon corps allait réagir.» De son propre aveu, « Je n'aurais jamais imaginé une autre trajectoire dans le rugby», et quand on lui demande si il pense qu'il aurait pu mieux fauire durant sa carrière, la réponse fuse : « Bien sûr, on peut toujours faire mieux, mais on peut surtout faire pire...»  

Thierry Dusautoir entre donc au panthéon du rugby Français, comme l'un des plus grands. Avec 56 capitanats et 80 séléctions, bons nombres de souvenirs jaillissent à l'évocation de la carrière du Dark Destroyer, ses 38 plaquages face aux All Blacks en quart de finale du Mondial 2007, son titre de meilleur joueur du monde en 2011, ses titres de champions de France... C'est un monument qui se retire.

par Enzo Contreras (crédit photo Icon Sport)

 

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