Tout bonus pour Castres

Dans une rencontre disputée à deux vitesses, Castres vient à bout du Stade français (33-10), bonus offensif en poche. Les Tarnais se sont ressaisis en enrayant la spirale de quatre défaites consécutives. Ils réintègrent le Top 5 et n'ont pas dit leur dernier mot dans la course aux barrages.

Le résumé du match

Sans faire injure aux deux équipes, que retenir de ce premier acte disputé dans un Stade Pierre Antoine pourtant copieusement garni pour soutenir les siens ? Si ce n’est l’essai d'Anthony Jelonch inscrit en toute fin de première mi-temps qui permettait aux Tarnais de virer avec une courte avance de cinq points à la mi-temps, le public ne se sera pas régalé, c’est le moins que l’on puisse dire. Des fautes de mains, et des imprécisions trop nombreuses auront eu raison d’une rencontre disputée exceptionnellement un mercredi soir. L’enjeu crucial d’une qualification pour les prochaines phases finales aura sans doute annihilé toute ardeur pendant les quarante premières minutes. Et le vent d’autan, trompeur et légèrement glacial qui enveloppait le stade ne rajoutait rien à l’affaire. Le match ne manqua pourtant pas de combat et d’âpreté défensive. L’arrière castrais Geoffrey Palis devait quitter ses partenaires au bout de six minutes de jeu, vraisemblablement touché au genou gauche. Alternant le bon et le beaucoup moins bon dans le jeu courant comme en conquête où ils dominaient puis se faisaient pénaliser, les Castrais avaient toutes les peines du monde à contourner la défense des soldats roses. Il y a avait toujours une faute de main ou un joueur parisien pour les empêcher d’arriver au bout de leurs actions. Un Paris pugnace se permettait même de faire tanguer le bateau tarnais alors que le Stade français se retrouvait en infériorité numérique après un carton jaune adressé au droitier sud-africain Swanepoel. Le Stade français ne se laissait pas impressionner malgré un fort remaniement de son quinze. Aucun des vainqueurs de Pau n’était présent au coup d’envoi mais les joueurs de la capitale montraient quelques belles choses. Sekou Macalou , ailier d’un soir était à un crampon d’inscrire le premier essai de la rencontre à la 34ème minute. L’habituel troisième ligne se faisait reprendre par une cuillère d'Antoine Dupont qui le faisait trébucher et il était une nouvelle moins une sur l’action qui suivait pour que Castres n’encaisse un essai après une nouvelle touche perdue.

La suite allait s’avérer plus compliqué car malgré trois points inscrits par Morne Steyn à la 48ème, le match se décantait logiquement en faveur du CO en deuxième mi- temps. Deux banderilles plantées après des longues séquences et conclues par un David Smith casqué à la 53 ème et à la 58ème minute permettaient aux joueurs de Christophe Urios de prendre le large et d’avoir le bonus offensif en poche (19-3). Antoine Dupont s’invitait à la fête en arrachant le ballon des bras de Morne Steyn à la 62ème minute pour une quatrième essai bleu et blanc, transformé par Urdapilleta (26-3). Le bonus offensif sécurisé, Castres ne baissait pas d’un ton. Malgré un déchet toujours présent comme en témoigne la touche non trouvée d’Urdapilleta à la 66ème. Le CO pouvait toutefois compter sur un David Smith des grands soirs. L’ailier se retrouvait en position de demi de mêlée sur une sortie de balle sur la ligne des quarante parisiens, il ramassait le ballon, crochetait ses vis-à- vis pour aplatir sous les perches (33-3). Le dernier mot revenait aux Parisiens avec un essai de Daguin en toute fin de rencontre (33-10). Castres sort son adversaire du soir du quinté de tête pour reprendre la cinquième place.

 

L’essai du match

Le score était de 19-3 lorsque Castres décidait d’enfoncer le clou et de sécuriser son bonus offensif, qui pourrait s’avérer très précieux dans la course aux barrages. Sur un lancement après touche, Julien Caminati déchirait le rideau parisien avant de se faire subtiliser le ballon par Morne Steyn. Mais le Sud-africain n’avait pas vu qu’Antoine Dupont se trouvait à l’affût. Et le champion du monde 2007 se faisait arracher le ballon par le le demi de mêlée qui mettait les cannes pour aller au milieu des poteaux.

 

L’homme du match : David Smith

Avec seulement quatre essais inscrits cette saison, David Smith a quasiment doublé ses statistiques ce mecredi soir puisque l’ailier s’est offert un triplé. Virelvoltant et insaissisable pour les défenseurs parisiens, il aura permis à Castres de continuer à croire en ces chances de qualification.

 

Les meilleurs : À Castres : Jacquet, Moreaux,Caballero, Mafi, Mach, Dupont, Smith.

Au Stade français : Alberts, Sinzelle, Macalou, Alo-Emile.

 

Par Enzo Diaz