Le pacte de concrétisation

Finir en beauté, sa saison à domicile. C'est-à-dire, avec une victoire face à Aurillac. Le défi est de taille pour les espoirs de Colomiers, samedi à Michel-Bendichou. Et ce, face à un candidat aux demi-finales. Il n'en fallait pas plus, pour aiguiser les appétits haut-garonnais.

 

Colomiers a rendez-vous, ce samedi. Et ce, avec son destin qui lui a si souvent filé entre les doigts, cette saison. De multiples blessures et autres pépins ayant handicapé la progression des espoirs de l'USC. Face à Aurillac pour la der de la saison à Michel-Bendichou, les Haut-Garonnais veulent pourtant y croire. « Depuis la fin du match à Grenoble, les joueurs ne pensent qu'à ce match. Ils veulent réaliser une grosse partie, afin de sortir par la grande porte et ce, avec un résultat positif. Maintenant vous savez, la vérité d'un week-end n'est pas forcément celle du suivant », lance Thierry Barbière, co-entraîneur avec Christophe Pigozzo. Point question en effet de s'enflammer, même après avoir fait douter Grenoble sur ses terres. Le match aller, remporté par les Cantaliens (25-0), étant resté en travers des gorges columérines. Hasard ou coïncidence, huit jours après avoir tenu le FCG en échec à domicile (18-18). « Nous avions été ridicules là-bas, notamment du point de vue de la conquête directe. C'est la seule équipe qui nous a ainsi dominé, depuis le début de la saison et cela interpelle. Ils viennent également de mettre cinquante points à Carcassonne, le week-end dernier. Les joueurs sont donc prévenus ». D'autant qu'Aurillac s'avance en Haute-Garonne, dans l'espoir de faire un coup. Sa troisième place étant encore à assurer, malgré six points d'avance sur Grenoble. La perspective d'une demi-finale face au Racing 92 suffisant à légitimer ce besoin. « J'attends de mes joueurs qu'ils soient prêts, à faire un match digne de leur statut. Le contenu reste aussi important que le contenant, d'un point individuel bien sûr mais aussi sur un plan collectif. Si nous n'avons pas de ballons en conquête, il sera difficile de jouer ». 

Si proches et si loin

Le constat est pragmatique, tout autant que chirurgical. A l'image du parcours columérin, dans ce play-off. Si les partenaires de Jean Thomas progressent indiscutablement, le juge comptable sonne comme un rappel à l'ordre. « Nous savons que nous sommes dans une poule, où nous sommes "inférieurs" sur le papier. Ce groupe a effectivement des qualités mentales supérieures à la moyenne et il peut se targuer d'avoir accroché dernièrement Grenoble ou Lyon. Le problème, c'est que nous n'avons pas encore gagné un match » rappelle Thierry Barbière. Une disette qui court depuis le 17 décembre dernier et un succès bonifié, obtenu face à Dax (43-3). Soit neuf matchs sans victoire, série en cours. Et ce, même si la Colombe paraît si proche d'y ajouter un point final. Son revers à Grenoble samedi dernier (20-12), en étant le parfait exemple. « Je n'ai pas de regrets sur ce match, dans le sens où nous sommes proches et loin à la fois. Oui, nous sommes proches car nous avons fait douter Grenoble, jusqu'à la soixante-dixième (10-7, 70e puis 13-7, 72e). Le problème, c'est qu'eux ont eu un jeu plus léché et plus construit que le nôtre. Ce groupe ne lâche rien mais il manque de vécu ». A coeur vaillant, rien d'impossible pourtant.

Corentin Vaissière